A. Tsipras : lignes rouges, mensonges, diversions et capitulations.
samedi 9 janvier 2016
Auteur : par Coordination internationale
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A. Tsipras : lignes rouges, mensonges, diversions et capitulations.

Par le Parti de l’émancipation du peuple

Le 9 janvier 2016

Le troisième mémorandum signé par M. Tsipras avec les créanciers le 19 août prévoyait deux volets de mesures sur l’assurance vieillesse.

les imposées, adoptées par le parlement grec cet automne : décourager les départs en préretraite, supprimer d’ici à 2019 le complément versé aux retraités les plus fragiles (EKAS) et reporter l’âge de la retraite à 62 ans avec 40 ans de cotisations et à 67 ans avec un minimum de 15 ans de cotisés.

la réforme générale du système laissée officiellement à l’appréciation du gouvernement grec mais avec l’objectif fixé dans le mémorandum : réduire chaque année les dépenses du système grec de pensions de 1 % du PIB (environ 1,7 milliard d’euros).

Pour cette partie « libre » du mémorandum, les « créanciers » (BCE, Commission, FMI et MES) avaient déjà fait connaitre leurs vœux, notamment l’unification du système de retraite et la baisse des pensions.

Depuis l’acceptation du 3e mémorandum le 13 juillet, présenté par le président du conseil européen Donald Tusk, comme un « programme d’aide pour la Grèce via le MES, avec des réformes sérieuses et un soutien financier », M. Tsipras va se coucher devant des créanciers tout en disant préserver les intérêts des plus démunis.

Que prévoit le gouvernement Tsipras ?

Toujours la même histoire : sous couvert de « simplification » le nouveau système de retraite sera unifié autour de trois parties :

1. Une « pension nationale » fixe : 384 euros par mois pour 15 ans de cotisations à partir de 67 ans (40 ans à partir de 62 ans). Une décote proportionnelle sera appliquée à ceux qui ne respectent pas ces critères.

2. Une « pension principale » calculée sur le montant des cotisations. Le taux de remplacement des pensions sera fixé à 55-65 % du salaire moyen contre 70 % actuellement. Elle sera calculée sur la base de l’ensemble des salaires du retraité, et non sur les cinq dernières années, comme aujourd’hui.

3. Des retraites complémentaires pour ceux qui ont cotisé.

La modification des critères de calcul conduira à des coupes franches dans les retraites : 15% de baisse sur une pension brute de 750 euros par mois (la moyenne en Grèce). Une baisse de 30 à 35 % pour les retraites supérieures à 2.000 euros (50.000 personnes concernées sur 2 millions de retraités).

C’est là que la duplicité du gouvernement Syriza-Anel se révèle à nouveau : Olga Gerovasili, porte-parole du gouvernement, affirme que les « pensions actuelles ne sont pas réduites » car c’est une des sauvegarde des « lignes rouges ».

En réalité, le texte prévoit cette « préservation » pour les années 2016 et 2017. La révision des retraites actuelles se fera en 2018 pour les pensions de plus de 750 euros. Non seulement la « préservation » annoncée n’est que temporaire mais les retraites actuelles ont déjà subi une hausse des cotisations santé importantes : de 4 à 6 % pour les pensions principales et jusqu’à 6 % pour les complémentaires en octobre dernier.

Pour « contenir » les coupes sur les retraites M. Tsipras propose de relever de 1 % les cotisations santé des employeurs et de 0,5 % celles des salariés. Si cela ne suffit pas aux créanciers, il propose d’appliquer une taxe de 0,1 % sur les transactions bancaires de plus de 1.000 euros.

Ces propositions seront rejetées par les créanciers et M. Tsipras le sait : Yannis Stournaras, économiste, ancien ministre des Finances du 5 juillet 2012 au 10 juin 2014, membre du Conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international, aujourd’hui gouverneur de la Banque de Grèce a fait savoir qu’il jugeait cette hausse des cotisations dangereuse pour la « compétitivité, l’emploi et la croissance ».

Pour mieux faire passer la pilule, l’Eurogroupe souhaitait une « large entente » au sein du parlement grec mais tous les partis d’opposition rejettent cette mesure…même le Pasok qui avait soutenu les précédentes coupes dans les pensions…Il faut bien tenter de se blanchir !

La mystification de Tsipras consiste, une nouvelle fois, à se présenter comme la victime des créanciers, malgré son « combat » pour améliorer le sort des plus démunis. Cette énième tentative de se refaire une virginité politique ne peut tromper personne… mais quelle nouvelle justification les euro-collabos, de droite, de gauche ou du plan B vont-ils nous servir ?