Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition
mercredi 23 juillet 2014
Auteur : par webmaster
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COMMUNIQUE COMMUN M’PEP ET GAUCHE D’OPPOSITION

Texte signé par Gauche d’opposition et le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 23 juillet 2014.

Des délégations du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) et la Gauche d’Opposition (GO), courant d’idées au sein du Front de Gauche (FdG) se sont rencontrées le 14 juin 2014 à Paris pour analyser leurs positions politiques respectives et identifier les points de convergence et de divergence des deux organisations, afin d’envisager d’éventuelles formes d’actions communes. Au préalable, chaque organisation s’est présentée et a fait part de ses objectifs et priorités politiques.

  • La Gauche d’Opposition (GO) (www.gaucheopposition.fr) se présente comme un laboratoire d’idées (« think tank ») au sein du Front de Gauche. Considérant que les institutions européennes en l’état sont des freins à l’application du programme « L’Humain d’abord » et que « l’Europe sociale » tant promise sur les bases de la construction actuelle n’est qu’une chimère, GO entend faire avancer le FdG sur la question de la souveraineté nationale, condition sine qua non à la naissance d’une souveraineté populaire.
  • Le M’PEP (www.m-pep.org) a tenu son congrès fondateur en mai 2008. Le referendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen (TCE) et ses suites constituent pour le M’PEP l’évènement socle qui pose les questions essentielles sur la « construction » européenne, la démocratie et l’instauration d’un nouvel ordre économique néolibéral à l’échelle mondiale, mais aussi sur la déliquescence de la gauche. Son objectif est de contribuer à construire un socialisme du XXIème siècle. A ce titre, ses priorités politiques sont la sortie de l’euro et de l’Union européenne (UE), condition décisive pour résoudre la crise, notamment le chômage, la souveraineté populaire qui est au centre du débat politique et la démystification de la mondialisation. La Charte de La Havane de 1948 est le texte référent avancé par le M’PEP comme appui à une alternative au système de libre échange du commerce international. La stratégie politique adoptée par le M’PEP, conformément aux décisions prises à son dernier congrès de janvier 2013 est définie selon deux axes : (i) la participation à la création d’une grande force politique de gauche, (ii) l’alliance politique pour porter l’exigence de la souveraineté nationale inspirée par le programme du Conseil national de la résistance (CNR). Malgré plusieurs demandes pour intégrer le Front de Gauche (FdG), sur la base du respect et la reconnaissance du pluralisme et de la diversité politiques, le M’PEP n’a pas été accepté au motif que ses positions sur l’Union européenne étaient incompatibles avec le programme du Front de Gauche. Pour le M’PEP, le programme du Front de Gauche, « L’Humain d’abord », n’est pas applicable dans le cadre des institutions européennes.

A l’issue de cet échange d’informations, les deux organisations expriment un accord pour porter la même analyse politique sur les résultats des deux dernières élections municipales (mars 2014) et européennes (mai 2014). Les résultats obtenus aux élections européennes placent le Front de gauche dans une situation tragique. Les ambiguïtés du Front de Gauche sur l’Union européenne, l’absence de réponse claire sur la souveraineté nationale expliquent très largement le faible score du Front de Gauche à ces élections, notamment par rapport au vote exprimé en faveur du Front national (FN). Ceci confirme la nécessité d’engager un large débat politique avec l’ensemble des forces progressistes afin de créer un rapport de forces en faveur des classes populaires. Sur cette base, le M’PEP et GO ont souhaité identifier les points de divergence et de convergence entre les deux organisations.

Un premier point de divergence est apparu à propos des élections européennes. Malgré toutes les critiques adressées au Front de gauche pour son programme « Rompre et refonder l’Europe », GO a appelé les électeurs à voter pour les candidats du Front de gauche, considérant que les élections européennes doivent être les élections du courage politique et de l’émancipation populaire. De son côté, le M’PEP considère que le système même de l’Union européenne a été conçu pour annihiler les souverainetés nationales afin de ne permettre qu’une seule politique, celle favorable aux intérêts des classes possédantes. Dès lors, l’élection du Parlement européen ne peut être qu’une mascarade destinée à faire croire que l’Union européenne est démocratique. C’est pour cette raison que le M’PEP a appelé à boycotter les élections du Parlement européen, en participant activement à une campagne de boycott lancée par un Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE). La question de la sortie ou non de l’Union européenne constitue un second point de divergence. En effet, GO s’accorde avec le Front de gauche sur le concept de « désobéissance à l’Union européenne », estimant qu’une fois sortie de la monnaie unique, si la désobéissance est une rupture clairement assumée (avec fin d’application des traités et désobéissance aux institutions), la question de la sortie formelle n’est plus qu’un détail technique. De son côté le M’PEP affirme l’impossibilité et l’inopportunité de changer l’Union européenne de l’intérieur et à ce titre préconise la sortie unilatérale de l’Union européenne comme le permet le traité de Lisbonne. Un dernier point de divergence tient au fait que GO assimile toujours le Parti socialiste (PS) à la gauche, alors que le M’PEP considère à présent le PS comme un adversaire politique et un parti n’incarnant plus une politique de « gauche », comprise comme favorable aux classes populaires.

Trois points de convergence majeurs existent entre le M’PEP et GO. La question du protectionnisme est un aspect majeur notamment par rapport aux enjeux économiques, sociaux, sanitaires et écologiques. C’est une question fondamentale qui s’inscrit dans un processus de démondialisation afin de remplacer la concurrence par la coopération entre les pays. GO revendique la mise en place d’un protectionnisme de gauche. De son côté, le M’PEP situe la mise en œuvre de mesures protectionnistes unilatérales en s’inspirant de la Charte de La Havane rénovée, signée par 52 Etats en 1948 et qui devait constituer la base pour la création d’une Organisation internationale du commerce (OIC). Le second point de convergence est la nécessité pour la France de sortir de la zone euro et de s’orienter le cas échéant vers un projet de monnaie commune entre les Etats européens. Le troisième point de convergence est celui de la souveraineté nationale. Le M’PEP et GO expriment l’un et l’autre toute l’importance de la nation, seul cadre actuel d’expression de la souveraineté populaire et donc d’expression de la démocratie, seul niveau susceptible de changer les choix européens. Rompre avec le tabou de la nation est pour GO et le M’PEP le moyen de contrecarrer le discours politique du Front national (FN).

Le M’PEP et GO se félicitent de cette rencontre positive qui a permis de reconnaître plusieurs points de convergence fondamentaux dans le contexte politique actuel, notamment au niveau du clivage idéologique qui s’exprime autour de la question européenne. Les deux organisations souhaitent poursuivre ce dialogue constructif et envisagent différentes actions communes dans le respect du pluralisme et de la diversité politiques. Des initiatives seront prises de part et d’autre à cet effet.

Rencontre M’PEP et GO :
Pour le M’PEP : Anne Le Corre, Clément Martinelli, Michel Marchand
Pour GO : Laura Garnier, Kevin Victoire.


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Forum de l'article  -13 Messages

  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    23 juillet 2014 23:42, par PENIT Gérard

    je ne comprends pas : la nation seul cadre....
    rompre avec le tabou de la nation...

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    24 juillet 2014 09:13, par HugoTefendarc

    La contradiction majeure du M’PEP et de GO est ici bien visible :

    Tout d’abord, on nous explique que l’UE est irréformable, gouvernée par des eurocrates sans scrupule, et qu’il serait donc illusoire de penser changer quoique ce soit de l’intérieur, même en gardant toute liberté par la désobéissance.

    Et ensuite, on nous dit que le cadre national permettra de "changer les choix européens"... mais l’instant d’avant, on nous dit qu’ils sont incapables de changer.. ?!

    En clair, quand on est dans l’UE, les nations sont têtues et bornées. Mais une fois sorti de l’UE, tout le monde devient coopératif et solidaire. C’est la même contradiction qu’on trouve chez un Lordon, qui vous explique que la monnaie unique de l’UE est contraire à la souveraineté monétaire ; et qui la minute d’après vous expose son système monétaire avec des monnaies nationales... dont les liens entre elles sont régis par des règles supranationales (mais comme on est sorti de l’UE, ce n’est plus anti-souverain, c’est de la saine coopération...)

    Il faut donc choisir : soit vous pensez que les autres nations européennes sont capables de changer de politique, qu’on est capable de convaincre (ne serait-ce que par l’exemple), et il n’y a aucune raison de sortir de l’UE unilatéralement, tant qu’on nous laisse désobéir en paix. Au pire, c’est les autres qui nous dégagent (qu’ils essaient pour voir...), et on pourra dire tranquillement que c’est pas de notre faute si le beau rêve européen prend une ride (vous oubliez trop souvent l’image qu’on renverra aux autres nations, c’est pourtant essentiel !)
    Soit vous considérez que les autres nations sont par essence stupides et bornées, mais vous admettrez que c’est du chauvinisme sans saveur. C’est pas pour rien que je m’accroche à la première option, qui me semble être la seule attitude cohérente pour un internationaliste.

    Pour finir sur une note sincèrement positive : très bien d’engager ainsi des discussions tranquilles avec d’autres forces politiques et intellectuelles. C’est une attitude et un état d’esprit que je rêverais de voir plus souvent autour de moi...

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    • En réponse à HugoTefendarc
      1er août 2014 13:07, par Sam

      "son système monétaire avec des monnaies nationales... dont les liens entre elles sont régis par des règles supranationales (mais comme on est sorti de l’UE, ce n’est plus anti-souverain, c’est de la saine coopération...)"

      Il y a un tel flou artistique dans votre raisonnement que je souhaite commencer par l’aspect qui peut finalement paraître le plus concret - la monnaie - mais aussi, avant d’en venir à la distinction monnaie unique / monnaie commune, en passer par une mise au point qui me semble capitale.

      La raison fondamentale pour laquelle il se produit de manière permanente - et non pas seulement conjoncturelle - des transferts financiers colossaux du département du Rhône vers celui de la Lozère, c’est que les règles qui définissent le système de redistribution national (via impôts, cotisations, prestations, etc.) ne sont pas décidées par les représentants des départements réunis chaque année autour d’une table et toujours susceptibles de les remettre en cause, mais "à Paris", au-delà et au-dessus.

      C’est exactement pour la même raison que ces transferts ne sont comptabilisés dans aucun registre, et que l’idée de demander à la Lozère d’équilibrer sa balance commerciale vis-à-vis du Rhône n’aurait aucun sens, ne viendrait à l’esprit de personne (pourvu que ça dure). C’est pour la même raison encore que le fait qu’on prête une valeur monétaire très différente à une heure de travail dans l’agriculture et à une heure de travail dans l’ingénierie ne pose pas de problème insurmontable - non seulement les habitants de la Lozère n’ont pas à équilibrer on ne sait quelle balance commerciale inter-départements, mais s’ils allaient bosser dans l’ingénierie aéronautique à Toulouse, vous noterez qu’ils ne seraient plus, alors, des habitants de la Lozère.

      Cette raison, c’est que les deux départements font partie d’un même État.

      Sortir de l’euro est une impérieuse nécessité, pour la bonne et simple raison qu’une monnaie unique n’a jamais marché et ne marchera jamais. Je viens de vous expliquer pourquoi.

      L’UE en général, et l’euro en particulier, c’est la primauté de la règle "supranationale" sans l’État. Une catastrophe, naturellement, car la solidarité ne découle pas de l’union forcée, et une parfaite impasse, évidemment, parce qu’un tel système ne peut être réformé fondamentalement de l’intérieur. Pour commencer, parce qu’il est fondé sur des traités, équivalent, dans mon exemple, d’un accord "national" entre représentants des départements, accord qui pourra toujours être remis en cause. Un accord qui, par ailleurs, fera toujours primer non pas tant on ne sait quels intérêts nationaux sur d’autres mais celui, ici et là, d’une hyper-classe dont les classes dirigeantes seront immanquablement les serviteurs : une telle construction permet justement aux dirigeants politiques de s’émanciper de tout contrôle populaire (or un pouvoir ne tient pas par l’opération du saint-esprit), et ces mêmes dirigeants ne vont évidemment pas eux-mêmes utiliser ce pouvoir pour éradiquer ces règles qui les émancipent et qui servent les multinationales, les banques, les riches, l’OTAN, etc. Ajouter à cela la règle de l’unanimité est presque déjà accessoire, c’est dire. Bref, votre Europe démocratique et sociale n’aura évidemment jamais lieu... tant qu’on ne passera pas, justement, par la case sortie de l’UE.

      Je tiens à finir cette mise au point introductive par ce ferme constat qui, même s’il peut faire mal, pourra, je l’espère, en éveiller quelques uns. Lisez très attentivement Nous, on peut !, le petit bouquin de Jacques Généreux, adhérent de longue date du PS avant de devenir Secrétaire national à l’économie du Parti de gauche. Vous y verrez la raison pour laquelle "la gauche" française non seulement a accepté le bond en avant incroyablement dangereux de l’euro mais entend nous y laisser crever la gueule ouverte : c’est justement que l’euro allait nous condamner à en baver, de plus en plus, ad vitam aeternam. Car seule une telle épreuve pouvait, peut-être, forcer les peuples et les travailleurs européens à s’unir en surmontant bien des obstacles ô combien insurmontables sinon, donc pouvait finalement amener l’UE a se muter en État (fédéral)... C’est uniquement en ce sens - du point de vue hautement cynique de la "politique du pire" - qu’on peut accorder une quelconque crédibilité à l’idée selon laquelle la monnaie unique peut engendrer le fédéralisme, alors que le bon sens et l’histoire indiquent que le mécanisme ne fonctionne qu’en sens inverse. (Généreux n’est pas débile, il a même beaucoup enseigné Mundell... qui d’ailleurs était lui-même, en dépit du bon sens, pour la création de l’euro.) Que celles et ceux qui ont des yeux pour lire lisent, et que chacun prenne ses responsabilités, et vite... Maintenant, j’en reviens à votre formule bien floue.

      Ce n’est pas n’importe quel système que préconise F. Lordon, comme le font d’autres personnalités et organisations (inclus notamment le M’PEP, sauf grossière erreur de ma part). C’est précisément un système de monnaie commune.

      Dans un système de monnaie commune, il n’y a pas d’autorité supranationale. En particulier, il n’y a pas de pouvoir de création monétaire ex nihilo en monnaie commune, celle-ci n’est que l’image de monnaies nationales ; il n’y a pas un taux de change extérieur qui s’impose aux parties, les parités vis-à-vis de la monnaie de compte commune étant ajustables par décision politique nationale (concertée). Il n’y a de supérieures que des règles explicitement approuvées dès le départ, et qui ne permettent pas à une instance supranationale de s’attribuer des pouvoir significatif en matière judiciaire (interprétation des normes) ou exécutive. Les règles ne valent que tant qu’elles restent approuvées par les États signataires, naturellement, mais pas avec cette interminable série de "cliquets" qui caractérise une construction telle que l’UE (et qui fait que ce pauvre J. Généreux en est rendu au point de prôner une création monétaire par la BdF, en euros, en loucedé et évidemment en violation flagrante des traités et donc de la constitution française).

      Idéalement, pour ne pas dire en principe, un système de monnaie unique est le parfait complément d’un système commercial fondé sur ce qu’on pourrait appeler le "protectionnisme équitable" (ainsi du Bancor de Keynes et de la Charte de la Havane). Entre les parties comme vis-à-vis de l’extérieur. Vis-à-vis de l’extérieur, parce que les monnaies nationales ne sont plus convertibles qu’en monnaie commune, ce qui assure mécaniquement le contrôle des capitaux, condition indispensable qu’aucune contorsion des éminences monétaires du FdG ne pourra évidemment permettre d’assurer.

      Entre les parties, parce que ce système doit permettre de faire en sorte que les excédents commerciaux d’un pays engendre automatiquement le versement par ce pays de compensations financières aux autres. Finies les délirants appels à la charité volontaire adressés en vain à des "responsables" condamnés à ne servir que des requins, les transferts compensatoires automatiques sont d’emblée établis comme règle numéro un pour les parties.

      Naturellement, cela suppose qu’une norme "supranationale" s’applique. Mais tout aussi naturellement, un pays membre peut se retirer s’il n’est plus d’accord avec. Mais l’essentiel est justement que la règle est directement reconnue dès le départ. Il n’y a plus à se faire emmerder par des médias qui jouent le chantage à la belle solidarité européenne pour vous forcer à signer n’importe quelle nouvelle étape dans la construction de l’horreur. Évidemment, il ne s’agit pas de faire une telle construction dans n’importe quelles conditions (donc, à un moment donné, avec n’importe quel pays).

      "tant qu’on nous laisse désobéir en paix"

      Il faudrait tout de même comprendre une chose, "citoyen" : ce n’est pas l’Union européenne qui interdit la "désobéissance européenne", c’est précisément la plus haute norme du droit national, savoir le papelard censé être la constitution française et qui n’en a plus que le label (*). C’est lui et seulement lui qui, après avoir été modifié à cette fin, impose la primauté du droit dérivé de l’UE (et a fortiori celle des traités UE) sur toute norme législative nationale.

      A part si on entend gouverner de manière tyrannique, on respecte le b-a-ba du droit. Il est donc évident que toute mesure de "désobéissance européenne" doit commencer par abroger le paragraphe de la Constitution qui établi la primauté en question.

      Or dès ce moment, il n’existerait plus aucune juridiction compétente qui puisse imposer au lois nationales de se conformer au droit "européen". On reviendrait dans un cadre de relation internationale, cadre classique, généralement praticable et souhaitable.

      Alors seulement la stratégie de la "désobéissance européenne" aurait alors un sens et une portée.

      Car un traité (ou une norme qui en découle) ne s’est jamais imposé aux parties que dans la mesure où elles l’acceptent et tant qu’elles l’acceptent.

      Naturellement, cela implique à première vue une situation toujours tangente, sinon ambigüe, vis-à-vis de ce qui semble tenir lieu d’autorité supranationale. Mais il n’y a précisément aucune autorité supranationale qui soit, encore à ce jour et jusqu’à nouvel ordre. Il n’y a de primauté d’une norme internationale, justement, que dans la mesure où le parlement national l’admet et tant qu’il l’admet. C’est le b-a-ba du système du droit international, et c’est notamment l’article 1er de la Déclaration de 1789.

      C’est très bien les discussions "tranquilles" et "les forces (...) intellectuelles"... Le problème, c’est la gravité du contexte. C’est précisément à cause de cette confusion que je souligne - et dénonce - ici qu’un paquet d’autoproclamés "internationalistes" risquent de continuer encore longtemps à soutenir eux-mêmes, de fait, un système qui a déjà sur la conscience le chômage officiel de près de 60% des jeunes espagnols, la casse méthodique de tous les services publics et l’entretien et l’exploitation de la misère dans les contrées périphériques de cette annexe de l’empire. Mais que peut-on faire d’autre que d’encourager leurs esprits à reprendre pied ?

      Vous faites une grosse confusion sur un point tout à fait décisif, le point central de la question institutionnelle. Raison pour laquelle vous parvenez à entretenir une vision à 180 degrés de ce qui fait l’incohérence (la contradiction) en cette matière. Vous ne semblez pas avoir conscience du gouffre qui existe entre le système juridique "européen" et un système - international - classiquement régi par des traités. Et fort logiquement le même flou artistique vous empêche de saisir la distinction absolument décisive entre les systèmes de monnaie unique et de monnaie commune.

      "la seule attitude cohérente pour un internationaliste"

      Soit les mots n’ont plus de sens soit l’internationalisme implique par définition une relation (si possible, de "saine coopération") entre des nations, entités par essence souveraines. Il devrait être inutile de développer pour montrer que ce n’est pas seulement des mouches que l’on sodomise quand on accepte de s’asseoir sur les conditions essentielles de la souveraineté nationale au motif de faire avancer l’harmonie entre les peuples.

      Naturellement, accepter que l’on reste dans l’UE au motif qu’on pourrait l’améliorer un jour est un cas d’application flagrant de cette tragique confusion qui, justement, n’est pas digne d’un internationaliste. La première chose que devrait comprendre un internationaliste, c’est qu’un système tel que l’UE, tant qu’il est en place, non seulement fait disparaître la souveraineté nationale mais empêche l’internationalisme.

      (*) D’après l’article 16 de la Déclaration de 1789, une société dans laquelle les pouvoirs ne sont pas séparés et les droits - donc - ne sont pas garantis, n’a précisément pas de constitution.

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      • Correction
        1er août 2014 20:26, par Sam

        En milieu de message, au lieu de "(...) un système de monnaie unique est le parfait complément d’un système commercial fondé sur ce qu’on pourrait appeler le "protectionnisme équitable"", il faut bien sûr lire "monnaie commune (...)". Mes excuses aux lecteurs.

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    24 juillet 2014 12:38, par gghub

    On ne peut que se réjouir des tentatives de rapprochement des mouvement qui veulent une un autre modèle d’Europe (et de monde) que celui proposé par la puissance financière.

    En luttant en ordre dispersé on a aucune chance de faire reculer ce néo capitalisme mortifère.

    Il est désolant de voir comment une partie des vrais socialistes (il en reste encore), une partie des verts (ceux qui ne sont pas intéressés par une place dans un gouvernement quel qu’il soit) et une partie de l’extrême gauche (ceux qui pensent à autre chose qu’à la promotion de leur image d’Epinal de gauchistes révolutionnaires) ne soient pas parvenus à définir un front commun de résistance pour offrir une alternative crédible à à la montée d’une extrême droite de plus en plus décomplexée.

    Si j’ai bien suivi, il y a un dernier né de la galaxie des opposants, le partie "nouvelle donne" : il a toute ma sympathie… mais plus on est de "fous" plus le capitalisme peut en rire !

    Bon courage pour la suite !

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    • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition
      24 juillet 2014 13:51, par Le.Ché

      Si on arrive enfin à construire une Europe des nations, à se débarrasser de l’euro,
      à construire une monnaie commune et à nationaliser les grands groupes capitalistes
      je crois que l’on aura fait un grand pas vers une vraie société socialiste, ce n’est pas pour demain.

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    24 juillet 2014 17:33, par Jacques Lacote

    Bonjour,
    Un point de convergence fondamental pourrait être la dénonciation des niches fiscales et des paradis fiscaux.
    Le recours massif à leurs services par toutes les grandes entreprises européennes et par les individus les plus fortunés, porte un préjudice énorme à l’équilibre des finances publiques et à la juste répartition des fruits de l’activité économique.
    De nombreuses études de qualité réalisées par des économistes de renom ou des journalistes spécialisés, français ou étrangers (J. Stieglitz, Thomas Piketty, Antoine Peillon...) le démontrent depuis des années.
    Le Canard Enchaîné de la semaine dernière commentait la création d’un rapprochement entre le fabriquant français des chars Leclerc et son homologue allemand. La holding chapeautant l’ensemble ayant, pour raison fiscale, élu domicile en Hollande !! C’est de la provocation, ou quoi ?!
    A votre avis, une revendication musclée d’ordre purement financier aurait-elle des chances de mobiliser suffisamment d’associations et partis politiques, au niveau de l’Europe ?
    Les ultralibéraux devraient "comprendre" qu’ils soient attaqués sur le propre terrain de leurs obsessions égoïstes, depuis des décennies !
    Ce qui me fait privilégier ce terrain de revendication, avant l’idée de sortie de l’Europe, tient aux faits :
    - qu’il est très consensuel et chiffrable, donc rapidement concret.
    - que les multinationales étant de plus en plus puissantes et influentes, tant au niveau européen que national, il peut sembler judicieux d’organiser, dans un premier temps,une revendication massive des citoyens d’Europe, pour espérer créer enfin un contrepoids efficace.
    En cas de succès, donc de récupération de moyens financiers indispensables à toute grande ambition politique,il sera toujours temps de reparler de l’organisation juridique, économique et sociale de l’Europe.
    Il y a matière !

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    24 juillet 2014 18:46, par alain brachet

    Bonjour,
    Ancien du M’PEP,et qui l’a quitté pour deux raisons principales : son peu d’acharnement pour être une composante officielle du FdG et son mot d’ordre d’abstention aux européennes, j’enregistre avec intérêt la démarche actuelle. Mais en l’état, elle me pose quelques questions : participation squelettique des deux délégations pour une affaire de cette importance, et notamment hors de la présence de leaders principaux : Nikonov d’un côté, Aurélien Bernier de l’autre, par exemple. Peut-être est-ce de la prudence ? Ce sont de premiers contacts, mais alors il faudrait s’en expliquer,et indiquer des étapes à venir...
    Il serait intéressant aussi de connaître comment GO peut se dire partenaire du FdG ? comment sa candidature a été retenue ? En effet, ses positions ne paraissent pas tout à fait "dans la ligne" du FdG. Alors, où se trouve le seuil qui permet d’être admis ou non au sein de cette instance ? Qui décide ? D’autant plus,d’ailleurs et malheureusement,qu’il semble aujourd’hui que le FdG est en proie à des pb internes ? Je trouve qu’il faudrait compléter l’analyse pour que l’on y voit plus clair. Mais la suite m’intéresse, et intéresse sûrement d’autres gens qui cherchent avec de plus en plus d’angoisse une issue aux menaces grandisantes, que prépare le Capital mondial, sous direction US. Bon courage, en tout cas... vous êtes surveillés !

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    24 juillet 2014 18:52, par Isabelle

    C’est très intéressant ces discussions mais qu’est ce que ça veut dire : sortir de l’euro et recréer une monnaie commune ?
    J’espère que vous me répondrez Cordialement

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    • Réponse à Isabelle
      1er août 2014 20:17, par Sam

      Je pense que vous trouverez une part d’explication instructive dans la réponse que j’ai adressée à HugoTefendarc, plus haut dans le fil de ce débat.

      Cordialement,

      Sam

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    25 juillet 2014 17:27, par Paul Carlé

    Bonjour,
    c’est désolant, c’est consternant.

    Les responsables du M’PEP et de GO connaissent la situation en France et connaissent l’état du monde et dans ce contexte ils écrivent :
    « Le M’PEP et GO se félicitent de cette rencontre positive qui a permis de reconnaître plusieurs points de convergence fondamentaux dans le contexte politique actuel, notamment au niveau du clivage idéologique qui s’exprime autour de la question européenne. Les deux organisations souhaitent poursuivre ce dialogue constructif et envisagent différentes actions communes dans le respect du pluralisme et de la diversité politiques. Des initiatives seront prises de part et d’autre à cet effet. »

    Il faudrait revenir sur terre, là où il y a des personnes qui souffrent et qui aimeraient bien participer ou seulement soutenir une action déterminée, une action efficace pour améliorer leur vie quotidienne ( mais je suis peut-être en train de rêver ).

    qu’est-ce qui empêche que tous les adhérents de tous groupes, de tous les mouvements, de tous les collectifs, de tous les partis, … ( qui sont dans ‘les mêmes eaux’ que le M’PEP et GO bien entendu ) qui actuellement agissent en ordre dispersé, s’accordent sur le choix d’un objectif ( presque n’importe lequel, presque mais pas tout à fait ) et s’engagent résolument dans une action ou une série d’actions ( à long terme, sûrement ) pour atteindre cet objectif ?

    ‘Tout-ce-monde-là’ travaillant ensemble pour poser l’objectif puis pour mettre en action les moyens nécessaires pour l’atteindre, représenterait déjà une force importante, mais surtout constituerait un pôle d’attraction puissant pour tous ceux et pour toutes celles qui aujourd’hui sont désorienté(e)s et découragé(e)s par l’émiettement de ‘tout-ce-monde-là’ et par les rivalités ( la plupart du temps incompréhensibles pour le simple citoyen, qui trop souvent divisent ‘tout-ce-monde-là’ ).

    Il est vrai que cette manière de faire va à l’encontre de ce qui se passe actuellement.

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  • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition

    30 juillet 2014 13:27, par Vinnie Reb

    Je suis totalement sur la ligne du M’PEP et je suis les travaux de la GO depuis quelques temps déjà. Je me réjouis de cette rencontre.

    Je suis sécessionniste depuis le TCE de 2005 et militante du FdG - où les camarades ne comprennent pas toujours ma position sur l’Union. Ils n’ont pas compris - et n’ont pas cherché à comprendre d’ailleurs - les raisons pour lesquelles j’ai participé à la campagne du CNR-RUE, que nous avons menée dans notre département avec les copains du M’PEP et du PRCF, à l’occasion des dernières élections européennes.

    Je suis contente de lire quels sont les points de convergence et j’ose espérer que les points de divergence seront bientôt éclaircis. Ce n’est pas le M’PEP qui est incompatible avec le FdG pour ses positions contre l’actuelle construction européenne et ses institutions au service du capital. C’est tout le programme du FdG "l’humain d’abord" qui est incompatible avec l’Union !

    Sans parler de la contradiction entre ledit programme et les valeurs du FdG et les objectifs capitalistes néolibéraux des puissances d’argent qui tiennent les institutions de l’Union entre leurs mains - comme la Commission et la BCE entre autres.

    Voilà pourquoi le FdG perd les élections : car il n’est pas cohérent sur ce point. On ne peut pas en effet promouvoir la solidarité et une répartition plus équitable des richesses, et en même temps s’associer dans une élection-mascarade à des institutions qui ne sont que des outils au service du Capital et des puissances d’argent que l’on veut combattre ! Le FdG paye cher dans les urnes son incohérence et son manque d’analyze sur ce point, alors que la situation économique et sociale dans notre pays devrait lui donner un boulevard d’avance sur les autres forces politiques.

    Ce qui est tragique à mon avis, ce n’est pas tant la déconfiture, voire l’agonie du FdG. Ce qui serait tragique, serait la fin de toute idée de gauche dans notre pays, à l’image de ce qu’il s’est passé en Italie. Je ne le souhaite pas pour notre pays.

    Vive la sécession ! Vive la Sociale !

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    • Communiqué commun M’PEP et Gauche d’Opposition
      1er août 2014 00:34, par Emma BECE

      Nous avons bien noté/nous resterons modérés.
      Une question : les deux mandataires de GO représentent(t’ils) l’état de réflexion de ce groupe ???-dans ce cas "nous devons (comme Dante aux portes de l’enfer) )laissez-la toute espérance " ; et personnellement cela me generait de m’adresser à ces gens-la ;je reprendrais à leur adresse l’expression de Sapir caractérisant les propos de Sapin sur la finance :"à vomir" ; de refuser de voir ,la fonction( anti-populaire , anti-démocratique ,au service de la finance mondiale), de lUE.(que vient faire ici le concept de désobéissance ,en d’autre temps contre le nazisme nos ainés n’ont pas désobéit à Pétain et sa clique, ils ont pris les armes !)le totalitarisme imposé par la finance est différent de ceux, que l’histoire a connu, mais les conséquences seront peut-être encore plus dramatiques

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