Congrès extraordinaire du M’PEP : stratégie des deux axes d’action.

La guerre contre les peuples s’accélère. Face à cette situation d’une extrême gravité, le M’PEP appelle à des actes politiques d’une ampleur que les politiques traditionnelles semblent incapables d’imaginer. Il est nécessaire de remonter dans le temps pour trouver des exemples dans l’histoire de notre pays afin de décrire la dimension épique de ce qu’il convient aujourd’hui d’accomplir, à l’image de la bataille de Valmy, de celle des Taxis de la Marne, des mobilisations de 1936, du Conseil national de la Résistance, de l’insurrection parisienne d’août 1944, de la grève générale de 1968.

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 CONGRES EXTRAORDINAIRE DU M’PEP

Saint-Denis les 12 et 13 janvier 2013

 RESOLUTION N° 1

Après débats et adoption des amendements, la résolution suivante a été adoptée :

  • Pour : 93,2%
  • Contre : 5,4%
  • Abstention : 1,4%

 LA STRATÉGIE DES DEUX AXES D’ACTION

 PRÉAMBULE

Les élections présidentielles et législatives du printemps 2012 marquent en France la fin d’une séquence politique et l’ouverture d’une nouvelle période à hauts risques. Il a été mis un terme, enfin, au règne de Nicolas Sarkozy, le président de la République dont la politique a fait honte à la France. Notre pays s’est affaibli, les inégalités se sont aggravées, la déliquescence générale a poursuivi son œuvre sournoise, alimentée par les politiques néolibérales, particulièrement celles venant par le biais des institutions anti-démocratiques de l’Union européenne. La période qui s’ouvre, avec le contrôle total du Parti socialiste sur les institutions de la République, sera celle de l’accentuation de la crise et probablement de la dislocation politique au terme d’un quinquennat qui s’annonce mal. Rien, en effet, dans le programme de François Hollande, ne donne l’espoir de voir réglés les grands problèmes du pays, au contraire. Son allégeance à l’Union européenne, aux États-Unis et à l’Allemagne condamne tout progrès social, environnemental, économique et démocratique en France. Seules de puissantes luttes syndicales enfin relayées par une offre politique de réelle rupture avec la mondialisation pourront inverser cette tendance.

 I.- LA GUERRE CONTRE LES PEUPLES S’ACCÉLÈRE

Les classes dirigeantes mondialisées – les ultra-riches et leurs agents placés dans les institutions financières et les médias, ainsi que dans les entreprises, les administrations publiques et les partis politiques - ont déclaré la guerre aux peuples. En Europe, les systèmes de l’UE et de l’euro en sont les instruments. En effet, la poursuite de la constitution d’un système européen au service du néolibéralisme porte sans cesse atteinte à la souveraineté nationale et populaire. Les attaques se succèdent : indépendance des Banques centrales, création de la Banque centrale européenne (BCE), interdiction faite aux nations de disposer de leur propre monnaie et de leur propre politique monétaire ; traité de Lisbonne qui grave dans le marbre du droit l’obligation de mener des politiques néolibérales rendant impossible toute politique de gauche, par l’inscription de cette obligation, en France, dans la Constitution (art 15) ; TSCG qui vient parachever la tyrannie européenne en privant les parlements nationaux élus de leur souveraineté budgétaire...

C’est le retour de l’esprit de Vichy avec l’étalage des « valeurs communes » affichées par certains dirigeants de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) à propos du Front national (FN). C’est l’organisation de la division des citoyens par la construction patiente, méthodique, cynique et obstinée d’un racisme permanent notamment par l’entretien d’une confusion entre appartenance religieuse et islam politique, toutes les occasions étant saisies pour trouver des sujets exacerbant la peur.

Sans identifier la situation actuelle à la Seconde Guerre mondiale, sans banaliser les dizaines de millions de morts ni la Shoah, nous affirmons que nous sommes néanmoins confrontés à une nouvelle forme de guerre impérialiste lancée par les classes dirigeantes mondialisées. Elle vise la destruction des États, leur assujettissement aux oligarchies internationales, pour lesquelles une Europe a-démocratique est un terrain de profits et de mainmise définitive sur des peuples plongés dans la détresse économique. Ainsi sont mises en place sans contrôle démocratique, des structures de surveillance des États. C’est pourquoi nous voulons insister sur le péril imminent. Il est urgent que chacun prenne conscience de cette situation grave et remette en cause ses modes de pensées dans le domaine politique. Il faut faire face à cette guerre idéologique qui intoxique et formate ; cette guerre sociale qui écrase les citoyens, en particulier les plus démunis ; cette guerre économique qui fait rage, y compris entre les pays de l’Union européenne ; cette guerre institutionnelle qui vise à éliminer le seul espace où les peuples peuvent encore plus ou moins s’exprimer : la nation. Cette guerre qui, à coup de désinformation médiatique pénètre dans les cerveaux, vise à faire croire plutôt qu’à penser, aliène l’esprit critique de chacun-e en présentant l’organisation actuelle de la société comme indiscutable et les décisions prises par les classes dirigeantes comme des impératifs incontestables. Cette guerre qui lamine le sens du collectif et de l’Histoire, renvoie chaque individu à lui-même et tente de supprimer la langue française qui est partie intégrante de notre souveraineté.

 II.- LA STRATÉGIE DES DEUX AXES D’ACTION

Face à cette situation d’une extrême gravité, le M’PEP appelle à des actes politiques d’une ampleur que les politiques traditionnelles semblent incapables d’imaginer. Il est nécessaire de remonter dans le temps pour trouver des exemples dans l’histoire de notre pays afin de décrire la dimension épique de ce qu’il convient aujourd’hui d’accomplir, à l’image de la bataille de Valmy, de celle des Taxis de la Marne, des mobilisations de 1936, du Conseil national de la Résistance, de l’insurrection parisienne d’août 1944, de la grève générale de 1968.

Tels sont les exemples dont le M’PEP s’inspire et les voies dans lesquelles il s’engage. C’est la stratégie « des deux axes d’action ». Le premier axe de sa stratégie est constitué de l’union de toutes les forces qui se classent à gauche dans une perspective de démondialisation et d’un socialisme du XXIème siècle ; le deuxième axe est la mise en place d’une large alliance politique qui doit dépasser la structuration politique classique afin de reconquérir notre indépendance nationale par la résistance.

Ces deux axes, complémentaires, forment la stratégie du M’PEP. Ils sont articulés et menés conjointement, la dynamique de l’un renforçant la dynamique de l’autre. Nul ne peut prévoir le rythme auquel avancera la mise en œuvre de cette stratégie. Tout ne dépend pas du M’PEP, l’accord des organisations concernées sera décisif. Il est possible que le premier axe suscite une dynamique plus forte que le second. Ou inversement. C’est pourquoi le M’PEP ne veut pas agir de manière successive : d’abord le renforcement de l’alliance entre les forces qui se classent à gauche dans une perspective de démondialisation, puis le rassemblement des forces républicaines qui ne se qualifient pas de « gauche ». Ou inversement. Poursuivre conjointement ces deux démarches permet d’avancer avec ceux qui le souhaitent, parce qu’ils seront convaincus, comme nous, de l’urgence de la situation. Cette alliance ne pourra pas se faire uniquement avec les dirigeants de ces forces mais en s’appuyant aussi – et surtout - sur les bases militantes.

 II-1.- Premier axe : l’union de toutes les forces qui se classent à gauche dans une perspective antilibérale de démondialisation et d’un socialisme du XXIème siècle

Le premier axe stratégique est la continuation de l’objectif du M’PEP de participer à la création d’une « grande force politique de gauche ». Cependant la notion de « gauche » pose de plus en plus de problèmes. La politique menée par monsieur Hollande est-elle de gauche, comme le Parti socialiste le prétend ? Nous ne le pensons pas, c’est une politique social-démocrate qui ne remet pas en cause le néolibéralisme notamment celui du système européen, et qui aboutit à la poursuite de l’étranglement des États et des peuples, ne laissant la place qu’à des tours de vis supplémentaires. C’est pourquoi le M’PEP ne fait pas partie de la majorité présidentielle et qu’il se trouve clairement dans l’opposition au titre de son projet pour un socialisme du XXIème siècle, totalement incompatible avec la politique menée par le gouvernement Ayrault et sa majorité parlementaire. Dès lors, pour construire le rassemblement que nous appelons de nos vœux, il est bien plus clair de se référer à un socialisme du XXIème siècle avec les forces qui y aspirent.

Le Front de gauche pourrait constituer un embryon de cette grande force politique s’il se fixait cet objectif d’un socialisme pour le XXIème siècle. Le M’PEP a soutenu le Front de gauche dès qu’il s’est formé, et ne s’interdit pas, le cas échéant, d’appeler encore à voter pour lui lors de prochaines échéances électorales. Ce serait, si le Front de gauche n’a pas modifié ses positions, un vote par défaut comme les fois précédentes. Cet appel à soutenir le Front de gauche ne pourrait se faire que dans le cas où le M’PEP ne présenterait pas ses propres candidats ou ne participerait pas à une coalition clairement conçue pour l’indépendance nationale, condition du redressement industriel, démocratique et social de la nation, impossible à réaliser sans sortir de l’Union européenne et de l’euro.

Pour le moment, le Front de gauche ne parvient pas à rompre avec l’Union européenne et l’euro. Il reste prisonnier du mythe européen et du prétendu « modèle social européen » qui, historiquement et factuellement, n’a jamais existé. Il refuse d’intégrer en son sein les forces comme le M’PEP qui, en se prononçant pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne s’inscrivent dans la continuité de la signification des votes « non » de 1992 (traité de Maastricht) et de 2005 (traité constitutionnel européen). De notre point de vue le Front de gauche est dans l’impasse. Dans son programme de 2012, il résume son action vis-à-vis de ce carcan avec des mots particulièrement flous comme : « À terme notre objectif est de briser le bloc libéral au sein de l’Union européenne et de pousser à la négociation d’un nouveau traité  ». Or, l’adoption du TSCG confirme l’impossibilité de changer les traités européens dans un sens progressiste et donc de faire évoluer l’Union européenne de l’intérieur.

Ainsi, à ce jour, une partie des forces politiques qui se classent à gauche se refuse encore à admettre que l’Union européenne est un système tout entier au service des classes possédantes, qu’elle n’est qu’un des piliers de l’ordre néolibéral mondial au même titre que l’OTAN, le FMI, l’OMC, la Banque mondiale, et qu’il faut par conséquent sortir de l’euro et de l’UE si l’on veut rompre avec ce système. A l’heure actuelle, si le Front de gauche accédait au pouvoir, sans rupture avec l’Union européenne, il ne pourrait pas mettre en œuvre un programme pour résoudre les principaux problèmes de notre société comme le chômage ou le redressement de la protection sociale. Tant que ne grandira pas la conscience de la nécessité de prendre des mesures protectionnistes pour parvenir à la suppression du chômage, redresser les services publics, reconstruire la protection sociale, agir sur l’environnement, les perspectives politiques resteront bouchées. Le M’PEP souhaite que le Front de gauche se libère de l’emprise du mythe européen. Il aurait alors toute sa place dans le rassemblement du premier axe.

Toutefois le M’PEP confirme sa disponibilité pour entrer au Front de gauche, dans les conditions qu’il a proposées, fondées sur le respect et la reconnaissance du pluralisme et de la diversité politiques : pouvoir expliquer pourquoi il soutient le Front de gauche en ayant la possibilité d’exprimer ses positions notamment sur l’Union européenne, l’euro, l’emploi, le protectionnisme. Nous proposons à cet effet au Front de Gauche que la question de l’euro et de l’UE soit, comme pour le nucléaire, une question ouverte donnant lieu à débat public. Car malgré ses limites, le Front de gauche est une force d’opposition conséquente au social-libéralisme. Il représente une partie non négligeable du mouvement ouvrier et syndical et conserve des appuis importants dans la société. En aucun cas le M’PEP n’envisage de rompre ou de se couper du Front de gauche et de ses militants, tout en poursuivant avec eux un débat idéologique sans concession.

 II-2.- Deuxième axe : la mise en place d’un large rassemblement politique pour la Résistance, afin de reconquérir la souveraineté populaire et l’indépendance nationale

Le but de ce deuxième axe est de participer à la création d’une alliance politique dans le pays portant l’exigence de la souveraineté nationale, seul moyen d’appliquer un programme inspiré de celui du Conseil national de la Résistance (CNR) de 1944. Sans souveraineté nationale, la souveraineté populaire n’est qu’un vœu pieux. Où le peuple peut-il être souverain, si ce n’est à l’échelle de la nation ? Or, dans la guerre qu’elles mènent aux peuples, les classes possédantes ont un objectif central : casser la démocratie, empêcher les peuples de disposer des instruments qui pourraient remettre en cause les privilèges, dissoudre les nations, les émietter en régions autonomes mises en concurrence pour que chacune soit plus « attractive et compétitive » que les autres. La contre-réforme territoriale imposée à la France comme dans les autres pays de l’Union européenne, vise entre autre à éloigner le citoyen des lieux de décisions. En un mot : il faut casser la France et la République.

Pour faire partie de ce rassemblement de la Résistance, les conditions devront être très claires. La première condition, la plus évidente, sera un combat sans compromission, directe ou indirecte, contre le racisme et la xénophobie. Il faudra aussi se mettre d’accord sur un certain nombre de positions programmatiques marquées par l’internationalisme. Il reviendra aux organisations souhaitant s’engager dans la perspective de la construction de ce rassemblement d’adopter un programme qui devrait s’inspirer des valeurs et des ambitions de celui adopté par le CNR en 1944. Dans le but de restaurer la souveraineté nationale et la démocratie politique le M’PEP proposera les éléments suivants :

  • La souveraineté institutionnelle et politique. Sortir de l’Union européenne pour construire des coopérations libres avec les peuples et nations d’Europe débarrassées de l’eurolibéralisme.
  • La souveraineté militaire. Sortir de l’OTAN.
  • La souveraineté monétaire et budgétaire. Démanteler les marchés financiers et sortir de l’euro afin de supprimer le chômage et la précarité par l’instauration du droit opposable à l’emploi, la relance de l’industrie, la démocratisation des organisations productives.
  • La souveraineté commerciale. Prendre des mesures protectionnistes inspirées du cadre internationaliste et universaliste de la Charte de La Havane.
  • La souveraineté sociale pour redresser la Sécurité sociale et la protection sociale en général.
  • La souveraineté économique. Restituer à la nation les grandes féodalités financières, industrielles, de services et médiatiques afin de mettre en œuvre un programme permettant une mutation écologique, sociale et démocratique des modes de production et de consommation.

En un mot : démondialiser. Ce sera la base de discussion du M’PEP, sachant qu’un compromis acceptable devra être trouvé entre toutes les forces intéressées.

L’heure est donc au rassemblement des forces sociales, patriotiques, démocratiques, progressistes et républicaines sur ce qui apparaît aujourd’hui l’essentiel : reconquérir l’indépendance nationale de la France. C’est la condition indispensable – même si elle n’est pas suffisante – pour mener des politiques libérées de la chape de plomb de la mondialisation et de son relai européen incarné par l’Union européenne. Un rassemblement qui s’inspirerait directement du Conseil national de la Résistance est donc aujourd’hui la forme politique qui pourrait susciter l’espoir et l’enthousiasme.

Rappelons que le CNR réunissait trois composantes :

  • Des partis et mouvements politiques. En 1944, les six principaux partis de la IIIème République étaient membres du CNR : PCF, SFIO, radicaux, démocrates-chrétiens, Alliance démocratique (droite modérée et laïque), Fédération républicaine (droite conservatrice et catholique).
  • Des associations. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’agissait des grands mouvements de résistance : Front national (réseau créé par le PCF), Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance, Libération-Nord, Libération-Sud, Organisation civile et militaire, Combat, Franc-tireur.
  • Des syndicats. Il y avait, en 1943, la CGT et la CFTC.

Le rassemblement que le M’PEP veut contribuer à construire devrait aussi intégrer une composante de personnalités nationales.

La force propulsive du CNR était constituée de l’alliance des communistes et des gaullistes. Aujourd’hui, s’il existe encore un Parti communiste, il n’existe plus de parti gaulliste. La direction du Parti communiste se prononce pour l’Union européenne et pour l’euro, même si elle s’est mobilisée contre le TCE et participe aux actions contre le TSCG. Il ne faudra donc pas compter sur elle pour agir afin de s’émanciper du monstrueux système de domination et d’aliénation qui porte le nom usurpé d’Union européenne. En revanche, il existe une diaspora communiste composée de multiples groupes militants et de personnes isolées, dans ou hors le PCF, profondément attachés à l’indépendance nationale, à l’internationalisme, à la lutte contre le système de Bruxelles, à l’identité communiste. Le même phénomène peut être observé du côté du mouvement gaulliste émietté lui aussi en de multiples collectifs et individualités. Le M’PEP veut contribuer, avec toutes les bonnes volontés qui se présenteront, à rapprocher les uns et les autres dans ce rassemblement pour la résistance.

 III.- TROIS BATAILLES A ENGAGER SANS TARDER

 III-1.- La première est celle de la lutte contre l’austérité

Avec le TSCG, qui s’inscrit dans la continuité de tous les traités de l’UE, l’austérité, comme pour les peuples grec, espagnol ou portugais, va s’abattre sur le peuple français. Un large front doit se constituer pour s’opposer à cette politique, le M’PEP y prendra toute sa place en montrant sans relâche le lien entre l’austérité, le rôle mortifère de l’euro et les politiques de l’Union européenne. Il agira dans les collectifs locaux et à l’échelle nationale pour contribuer à la mobilisation populaire.

 III-2.- La deuxième bataille est celle des élections européennes de 2014

Pourquoi ne pas tenter de présenter des listes issues du rassemblement que nous voulons construire dans l’esprit du CNR, avec ceux de ses membres qui en partageront la volonté ? Le but serait de transformer ces élections en référendum pour la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Il s’agirait d’inviter les citoyens à élire des députés qui utiliseront leur mandat pour multiplier les contacts dans les États membres de l’UE afin de construire un rapport de forces en faveur d’un nouvel internationalisme fondé sur la coopération et le respect des peuples et des nations, de proposer aux électeurs de soutenir le programme de ce rassemblement inspiré de la Résistance.

La situation politique au moment des élections européennes de 2014 préfigurera largement et anticipera celle qui prévaudra au moment des présidentielles et législatives de 2017. Elle sera une forme de répétition générale et sera déterminée par la situation économique et sociale. En 2014, si aucune lutte sociale majeure ne vient perturber ce scenario déjà écrit, les effets de la mise en œuvre du TSCG se feront sentir à plein. Le chômage aura augmenté, les inégalités se seront encore creusées, la désindustrialisation aura pris un tour encore plus dramatique. Le désarroi, la démoralisation, le rejet de la politique, la division de la population feront la part belle aux partis d’extrême-droite qui prospèrent sur la détresse humaine. Les conditions seront réunies pour un choc politique annonciateur d’un probable séisme en 2017. En 2014, l’avertissement sera sans frais car les élections européennes, d’un strict point de vue juridique, ne servent à rien. Le Parlement européen n’est qu’un parlement-croupion puisqu’il n’a pas l’initiative des directives qui appartient à la Commission et que c’est le Conseil des chefs d’États et de gouvernements qui décide.

En revanche, sur le plan politique, les élections européennes sont très importantes, et prendront en 2014 un relief particulier. Défouloir traditionnel, par l’abstention, les blancs, les nuls ou les votes « inhabituels », les élections européennes sont toujours des élections intermédiaires qui permettent tout à la fois de sanctionner symboliquement le gouvernement en place - le gouvernement Ayrault suscite déjà beaucoup de mécontentements - et de tester des formules politiques pouvant ensuite s’installer durablement dans le paysage politique.

Si un rassemblement s’inspirant du CNR voit le jour, on peut espérer qu’il suscitera beaucoup d’intérêt, de curiosité, et que des forces en faisant partie pourraient créer la surprise lors de ces élections si elles présentaient des listes. Pour la première fois, des électeurs, rassemblés dans un même élan républicain, pourraient compter leurs voix en votant pour des listes revendiquant l’indépendance nationale, la sortie de l’Union européenne et de l’euro, un programme social digne de celui de la Résistance.

Ne pas avoir de listes issues de ce rassemblement présenterait trois risques majeurs :

  • Dépolitiser le rassemblement que nous voulons bâtir en nous inspirant du CNR, et lui donner une simple coloration commémorative. Ce rassemblement pour la résistance n’apparaîtrait pas, de facto, aux autres organisations et à la population, comme une alliance susceptible de créer une nouvelle dynamique politique. Ne pas être présent lors de la première élection nationale après la création de ce rassemblement pour la résistance peut le marginaliser.
  • Laisser la place libre au FN qui pourra en toute quiétude capitaliser les mécontentements et diffuser ses slogans démagogiques sur la sortie de l’Union européenne et de l’euro, alimentant ainsi l’idée que la sortie de l’Union européenne et de l’euro sont des propositions d’extrême droite.
  • S’exclure des grands médias dont on voit le rôle qu’ils ont joué lors des dernières élections et à propos desquels il ne faut avoir aucune naïveté.

Une participation aux élections européennes de 2014, dans les conditions qui viennent d’être décrites, serait le meilleur moyen de démystifier ces élections et le « Parlement » européen, ainsi que de délégitimer l’Union européenne et l’euro. La porte serait entrouverte pour bâtir une véritable coopération, celle des peuples et des nations du Vieux continent, sur des bases progressistes et internationalistes.

Le M’PEP travaillera à ce projet. Il n’écarte donc pas l’hypothèse, si les conditions sont réunies, de participer à ces élections sur les bases qui viennent d’être décrites. Il constituera dès maintenant des provisions financières dans cette éventualité.

Les élections municipales de 2014, dans la situation politique actuelle et face aux menaces qui pèsent sur la démocratie locale, ne peuvent être ignorées du M’PEP. Ce dernier, partout où les conditions politiques le permettent, prendra les contacts pour participer à des listes de rassemblement pour la défense des intérêts des citoyens, pour la rénovation de la démocratie locale.

 III-3.- La troisième bataille à engager - et à gagner ! - est celle du renforcement du M’PEP

Le succès de cette bataille déterminera le succès de toutes les autres. Ce sont des milliers de jeunes, de femmes, d’ouvriers et d’employés, d’ingénieurs et techniciens, de fonctionnaires, d’enseignants, de paysans, mais aussi de petits employeurs ou professions libérales qui doivent rejoindre le M’PEP. Tous y ont leur place. Le M’PEP est un mouvement politique qui reste attaché aux méthodes de l’éducation populaire. La perspective que propose le M’PEP justifie de s’engager et de renoncer, ainsi, aux pudibonderies stériles, au sur-place, à l’impuissance. L’action politique dans toute sa noblesse doit être associée aux actions que nous menons par ailleurs dans des organisations humanitaires, syndicales, sociales… L’émancipation individuelle et collective s’ancre dans la capacité de comprendre la situation dans laquelle chacun est plongé, de décrypter les mécanismes qui la régissent et dans la volonté de la transformer radicalement pour soi et pour la société dans son entier. Il s’agit donc de s’attaquer aux racines du problème : la propriété privée des moyens de production, la finance, les entreprises multinationales, l’exploitation des salariés, la relégation des privés d’emplois, les piliers de l’ordre néolibéral, l’individualisme habillé en liberté individuelle, le système médiatique, le dépérissement de la souveraineté nationale et de l’internationalisme au profit d’une mondialisation capitaliste, le pillage des ressources… avec pour objectif de désaliéner la société et de construire un socialisme du XXIème siècle. Aucune force isolée ne peut peser sur les changements politiques que nous voulons. L’heure est donc au rassemblement pour bâtir la masse critique indispensable pour peser sur la réalité, cette masse critique étant le résultat du travail de terrain et des luttes sociales.

Limiter son action militante aux seules activités sociales ne peut suffire. Le système reprend immédiatement ce qu’il a dû concéder, le soulagement des misères n’est qu’éphémère et très vite tout est à recommencer. Symétriquement, limiter son action militante aux seules activités politiques, revient à s’assécher, se couper des hommes et des femmes de tous les jours, c’est faire de la politique en dehors du peuple. En vérité, il faut faire les deux. Le M’PEP propose le « bi-temps » : consacrer une partie de son temps militant aux activités sociales, et une autre partie aux activités politiques dans une articulation cohérente.

La fragmentation politique de ces deux ou trois dernières décennies a vu apparaître de multiples groupes aux statuts variés. Beaucoup cherchent à « faire de la politique autrement  », à la renouveler, à redonner à la citoyenneté la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Mais quel est leur avenir ? Aucun ne parviendra, à court ou moyen terme, à atteindre une taille susceptible de faire bouger les lignes en matière de politiques gouvernementales ou d’orientation des grands partis politiques. Chacun est condamné à évoluer dans un périmètre plus ou moins restreint. L’heure est donc au rassemblement pour bâtir la masse critique qui seule peut peser sur la réalité. Cette masse critique ne peut se constituer et grossir que dans les luttes sociales et les combats électoraux. Le M’PEP doit et peut agir dans ces deux domaines, non pas en les opposant mais en les réconciliant. La patrie est en danger, l’urgence du moment nous impose de participer à la création du rassemblement de toutes les forces attachées à la souveraineté nationale à l’exclusion de celles qui prônent la xénophobie, le racisme et la haine de l’autre.

Parce que la lutte contre l’eurolibéralisme est un enjeu pour tous et que le rassemblement de toutes les forces est nécessaire pour que soit menée pleinement le combat, le M’PEP mettra en place les conditions de la création d’une section jeunesse en son sein. Cette section jeunesse aura pour but de promouvoir les idées et les propositions du M’PEP auprès des nouvelles générations, de constituer une force motrice et utile de propositions et d’actions au sein du Mouvement et de former un pôle en vue de discussions éventuelles avec la jeunesse d’autres mouvements. Les modalités de création et de fonctionnement de cette section jeunesse seront décidées par le Conseil national du M’PEP.

 IV.- UNE NOUVELLE ETAPE DU DEVELOPPEMENT DU M’PEP

Rassemblement des forces pour démondialiser et avancer vers un socialisme du XXIème siècle, rassemblement des forces républicaines plus large que le simple rassemblement des forces placées à gauche de l’échiquier politique pour reconquérir l’indépendance nationale afin de sortir de la crise, lutte acharnée contre l’austérité, coordination avec les forces qui mènent la même lutte en Europe, consolidation du projet d’alternative socialiste, batailles électorales de 2014, renforcement du M’PEP : telle est la stratégie de notre Mouvement. Elle est ambitieuse et pertinente dans le contexte politique et social actuel. À nous de déterminer si nous nous inscrivons dans l’histoire des mouvements qui ont su infliger des défaites à leurs adversaires de classe en prenant le risque de dépasser leurs craintes et la seule préservation de leurs intérêts particuliers.

Le M’PEP mettra en cohérence tous les travaux qu’il a menés depuis sa création afin d’en faire un ensemble homogène qui sera son projet de société et son programme de gouvernement. En enrichissement permanent, il visera à être complet, cohérent, visible et lisible. Ce projet de transition vers un socialisme du XXIème siècle sera un des éléments essentiels contribuant à stimuler le débat politique et idéologique, à élargir la base du M’PEP et à créer les meilleures conditions possibles pour des alliances avec d’autres formations politiques dans le cadre des deux axes stratégiques d’action du M’PEP.

Le M’PEP a vu le jour avec une volonté farouche de bouleverser le tranquille ronron des organisations politiques existantes, souvent plus préoccupées de gérer leurs affaires que celles des catégories opprimées et exploitées. Une prochaine étape de construction de notre Mouvement s’ouvre désormais. Nous appelons tous ceux et celles qui ressentent la gravité de la situation et sont d’accord avec cette stratégie à nous rejoindre.


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Forum de l'article  -10 Messages

  • Membre du Conseil national du Parti de gauche, j’avoue que les éléments forts de la stratégie vers laquelle vous vous orientez me paraissent pertinents, répondants bien mieux à la vision impressionniste qui guide actuellement mon parti.

    Mais le rôle pivot que la PG continue de jouer dans le Front de gauche justifie que j’en reste un militant.
    J’aiderai donc à ce que les thèmes évoqués par vous soient abordés, de manière à aider à la réflexion des gens avec lesquels je milite.

    Élargir, ne pas rester entre soi est indispensable, trouver des partenaires, entamer des discussions et se regrouper devrait être votre tâche principale, car il existe, c’est l’évidence, un effet de seuil en-deçà duquel un programme même mirifique ne peut rien.

    Bon courage à vous.

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  • Bonjour Camarades,
    Lecture rapide de votre stratégie des deux axes d’ action dont le contenu me semble pertinent , cependant quand vous affirmez que le Parti Communiste est pour cette U.E. ,je pense que c’ est une grave erreur d’ analyse .Que ce soit contre Maastricht jusqu’ au NON à cette U.E. le Parti n’ a eu de cesse de proposer une autre Europe que celle des directives crapuleuses de sa commission réactionnaire et de cette B.C.E. et là même avec des sociaux -démocrates réformistes allant jusqu’ au libéralisme qui foisonnaient dans le Parti , genre mutant Hue.
    Puisque vous vous appuyez sur le matérialisme historique pourquoi vous shuntez toujours la Commune qui a pourtant plein d’ enseignement Révolutionnaire et en particulier la faiblesse des Communards de refiler un max de pognon aux Versaillais alors qu’ ils avaient le contrôle certes pas tout de la BdF . Oui il manquait un Parti Communiste , Marx/Engels, organisé mais aussi le contrôle de cet argent qui est le nerf pour faire avancer la Révolution où la Prolétariat est le moteur.
    Devant les attaques sans précédent du capital en stade suprême en impérialisme et financier pathologique déconnecté de la réalité , le Réel cet impossible disait un grand découvreur est à démasquer et à trouver . Nous sommes comme jamais en période Révolutionnaire "les couches moyennes" sont atteintes et là l’ histoire nous enseigne qu’ elles peuvent basculer vers le fascisme voire pire le nazisme prétendument dépassé comme Jacques Lacan le disait comme essentiel à analyser et comprendre pour résister et le combattre : cf à la fin des 4 concepts fondamentaux de la Psychanalyse .
    Meilleurs vœux de Luttes,
    Salutations fraternelles et militantes
    Michel Berdagué

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    • je suis adhérent au PCF et pas au MPEP, mais malheureusement, le fait que le PCF nationalement se prononce pour la construction de l’union européenne n’est pas une analyse mais un simple constat.

      dans la préparation du 36eme congrès, le texte proposé par la direction nationale fait de l’union européenne le cadre indispensable de tout changement, et cette même direction a remplacé sur les cartes du parti la faucille et le marteau par... l’étoile européenne !

      j’ai participé à une formation sur l’Europe animée par Francis Wurtz (voir le CR) qui se prononce clairement et radicalement contre les analyses de Nikonoff... Car que veut dire "une autre europe".. ? S’il s’agit d’une autre politique dans le cadre de l’union européenne telle qu’elle existe, c’est au mieux un voeu idéaliste, au pire un masque idéologique d’une position social-démocrate. S’il s’agit de mettre en cause les fondements de la construction de l’Union Européenne, c’est à dire des institutions qui servent le capital contre la souveraineté nationale et populaire, alors il fait le dire clairement et annoncer la désobéissance, la rupture avec ces institutions existantes... ce qui conduit à poser la question de la souveraineté nationale, donc à ouvrir le débat sur la sortie de ces institutions...

      Mais ce n’est pas seulement Francis Wurtz et la direction qui soutiennent la construction européenne... les communistes ont choisi un texte de base commune et ils ont massivement validé le texte proposé par la direction, texte totalement "européiste" et le texte alternatif "unir les communistes" qui proposait de revenir à la critique historique de l’Union Européenne que faisait le parti jusqu’aux années 90, n’a fait que 11%...

      Donc chacun ne peut que constater que le PCF qui a été porteur de grandes batailles contre l’europe a totalement changé de position politique de fonds et est devenu un parti "proeuropéen"... malheureusement...
      Ce retournement a été initié par P Herzog et poursuivi avec ténacité par Francis Wurtz...

      Celà dit, le prochain congrès du PCF peut encore décider un nouveau retournement.. mais il faudrait que les communistes le disent...

      fraternellement,

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  • Je viens de prendre connaissance de votre page concernant votre congrès.Je suis membre adhérent du Parti de Gauche du P.O.I.Je suis favorable a une union des Gauches.Le CNR a été une organisation de restauration de l’après guerre et préparée pendant la guerre face a une France qui allait avoir besoin de se reconstruire,avec pour complice un peuple acquis a la cause de la reconstruction et solidaire.Si en effet les destructions économiques et sociales dues au néolibéralisme sont évidentes et préparées depuis déjà longtemps.Ne pensez vous pas que l’ensemble des Francais qui ne croient plus aux hommes politique le soient d’avantage a vos propositions.Qui plus est,il est (le peuple français) de plus en plus individualiste.Alors comment parler de rassemblement sociale face a une telle attitude,comment changer les mentalités avant de regrouper des sociétés qui se différencient autant que de nos jours.

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  • votre ambition est celle de tous ceux de gauche, adhérents ou non à un parti, et totalement insatisfaits de la politique libérale du PS. Pour ma part, je profite d’une lutte qui a quelque urgence pour vous interpeler concernant le projet de loi bancaire : le mouvement est plutôt issu du monde associatif mais la gauche est plurielle et souvent chamarrée. Il s’agit de faire pression pour modifier le pseudo-projet et obtenir une vraie séparation des activités bancaires afin de ne plus laisser les mains libres à la finance.
    2 sites s’y réfèrent : www.scinder-les-banques.fr et www.monadversairecestlafinance.fr
    Peut-être souhaiterez-vous nous rejoindre ?

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  • gaullistes

    27 janvier 2013 14:53, par CONSTITUTIONNEL

    Vous dites qu’il n’existe plus de parti gaulliste.

    Bien que n’étant pas membre de " Debout La République", il me semble qu’il existe
    au moins, cette formation avec des élus, des militants et des électeurs.

    Le CNR comme "rassemblement" de la seule gauche patriote est voué à l’échec.

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  • Je viens de lire le texte relatif à votre stratégie. Auparavant, j’avais lu en détail ceux du PG et du FdG. Je ne vois aucune différence entre vous. Puisqu’il en est ainsi, pourquoi n’entrez-vous pas dans le FdG, n’y apportez-vous pas ce dont vous êtes porteurs ?
    Vouloir, comme le NPA, regrouper un maximum de militants autour de vous alors qu’un mouvement beaucoup plus important a entrepris la même chose et semble réussir, me semble une aberration.
    Allons, camarades, unissons-nous !
    Signé un militant du FdG

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    • L’union de tous les anticapitalistes est la volonté de combattre ce fascisme économique, financier, culturel... social. Le Front de Gauche l’a bien compris, comme nos concitoyens l’avaient compris et commençaient à le réaliser après la crise de 1929 jusqu’au CNR. Il nous faut nous unir dans une structure très large de prise de pouvoir. Nos différences sont nos richesses et ne doivent constituer en aucun cas une source de division. Les droites le font ; serions-nous incapables de nous gouverner, d’être républicains c’est à dire du peuple, par le peuple et pour le peuple qu’il faut aider à sortir de toutes ces aliénations.
      Le chemin est long mais la marche nous en donne les forces.
      Un camarade retraité.

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      • Que faire ?

        Combattre d’abord les sociaux-libéraux au pouvoir depuis mai dernier, dénoncer leurs mensonges et promesses non tenues

        Combattre le Front de Gauche rempart des sociaux libéraux

        Rechercher l’appui des formations de gauche "POCRF, POI, PLR..."

        Rechercher le contact

        avec le peuple de gauche trompé, et notamment avec les écologistes cocus comme c’est pas possible

        Traiter par le mépris les élections-bidons organisées par le conglomérat UMPS sauf si on peut y développer notre audience.

        Soutenir la proposition de M.Le Pen sur la sortie de l’U.E. Au nom de quoi combattre ce que nous approuvons, même en marquant les différences ?

        Bref, constituer à gauche du pseudo "Front de Gauche" une 4° force capable de s’opposer à l’"arc républicain" qui va du PCF à Dupont
        Aignan"ainsi qu’au Front National.

        ET vite !

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