Démystifier la mondialisation qui vise à établir définitivement la domination du capitalisme


Résumé

Pour le M’PEP, la question politique fondamentale, en France comme dans chaque pays et à l’échelle planétaire, est celle du positionnement face à la « mondialisation ». C’est-à-dire face au néolibéralisme. Aucune perspective d’alternative ne sera possible sans une fine compréhension et une critique radicale du mondialisme. Cette compréhension et cette critique doivent conduire à s’opposer au mondialisme par un positionnement global et cohérent, c’est-à-dire systémique.

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DÉMYSTIFIER LA MONDIALISATION QUI VISE A ÉTABLIR DÉFINITIVEMENT LA DOMINATION DU CAPITALISME

Quand on évoque la « mondialisation », ce sont ses dégâts sociaux colossaux qui viennent immédiatement à l’esprit : inégalités croissantes entre pays riches et pays pauvres ; chômage et précarité ; délocalisations ; destructions des systèmes de protection sociale ; maintien d’une dette exorbitante sur les pays pauvres ; pression sur les salaires… On pense ensuite à l’économie : privatisations de services publics ; subventions aux entreprises ; libre-échangisme ; dictature des marchés financiers… et depuis quelques années, les guerres mondialistes.

En fait, un seul pays bénéficie de la « mondialisation » : les États-Unis. L’économie américaine a pu profiter, jusqu’à présent, d’une croissance généralement supérieure à celle des autres pays. Mais cette croissance économique est totalement artificielle : privilège exorbitant du dollar ; pompage de l’épargne mondiale ; déficit extérieur abyssal ; endettement des ménages… au point de provoquer une nouvelle crise financière en août 2007.

Sans que les banquiers centraux de Francfort ne bougent le petit doigt, ni les responsables politiques européens qui acceptent que l’euro joue le rôle d’un nain, le dollar s’est arrogé des privilèges dignes de l’Ancien Régime. Exonérés, depuis 1971, de toute contrainte de convertibilité du dollar en or par la rupture des accords de Bretton Woods, les Etats-uniens consomment bien plus qu’ils ne produisent. Ils vivent à crédit sur l’épargne mondiale et en imprimant des billets de banque. Ils peuvent faire monter ou baisser la valeur de leur monnaie vis-à-vis des autres monnaies, en fonction de leurs besoins particuliers. Le « miracle » américain n’est pas le résultat de l’application des politiques néolibérales, il procède de la nouvelle hégémonie américaine sur le reste du monde.

Les premières victimes de la « mondialisation », en revanche, sont les pays en développement. Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont poussé avec fanatisme à la ruine les pays qu’ils étaient censés aider.

Bien sûr, la « mondialisation » est inhérente au capitalisme : « la tendance à créer un marché mondial est incluse dans le concept même de capital » (Karl Marx). Cependant, la « mondialisation » n’en est pas pour autant la résultante inéluctable d’un déterminisme économique intrinsèquement lié au système capitaliste, elle n’en est pas la suite logique et prévisible. Elle n’est donc absolument pas un phénomène spontané et naturel, indépendant de toute volonté politique. D’autant que la « mondialisation » ne se limite pas aux seules dimensions financière (la globalisation financière) ou économique (le libre-échangisme). Elle est un phénomène global, mettant en cohérence des dimensions financière, économique, politique, culturelle et même psychologique.

Face à la « mondialisation », la plupart des forces politiques, à l’échelle internationale, éprouvent de plus en plus de difficultés à dissimuler leur soumission constante depuis 20 ans. Au point que l’idée délétère se répand selon laquelle les responsables politiques auraient perdu l’essentiel de leur pouvoir de décision, spécialement dans le cas de l’Europe. La croyance s’installe que des contraintes extérieures de toute nature ne laisseraient plus qu’une très faible marge de manœuvre aux gouvernements, réduite pour l’essentiel aux problèmes d’ordre sociétal.

Ce vide politique a été comblé par les médias : instillation quotidienne d’un conformisme pesant ; bien-pensance pétrie de bons sentiments et dégoulinante de pathos ; lieux communs assénés avec autorité... Tout est organisé pour étouffer l’éveil de toute conscience critique, la politique spectacle envahit les écrans.

C’est pourquoi le premier objectif du M’PEP est de démystifier la « mondialisation ». Pour y parvenir, les actions suivantes sont engagées :

  • mettre fin à la confusion qui règne autour de la notion de « mondialisation » ;
  • montrer que la « mondialisation » est une stratégie politique qui vise à réorganiser le travail à l’échelle planétaire pour rediscipliner le salariat ;
  • expliquer que la « globalisation financière » n’est pas une étape nouvelle du capitalisme mais un choix de société ;
  • dénoncer la « mondialisation » comme tentative d’hégémonie des Etats-Unis sur le reste de la planète ;
  • s’opposer à la fabrication de l’ « homme nouveau » néolibéral ;
  • débusquer le néolibéralisme à la française.

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Forum de l'article  -7 Messages

  • Pourquoi la Chine et le partie communiste chinois ont ils fait le choix de l’économie de marché ?

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  • Quelques observations : d’abord les EU ne sont pas le seul pays à bénéficier de la mondialisation, la Chine et la RFA , les deux plus grands exportateurs mondiaux aussi ; il faut distinguer la mondialisation financière qui résulte d’un choix purement idéologique , à savoir ne plus alimenter la demande globale par une hausse des salaires gagée par une hausse de la productivité du travail mais uniquement par le crédit donc l’endettement et financer les déficits publics non plus du tout par une création monétaire mais par l’appel à l’épargne mondiale, d’où la mise en place d’un gigantesque marché des capitaux contrôlé par les seules banques et par ailleurs la mondialisation du commerce (disparition de nombreuses barrières douanières dans le cadre du Gatt puis de l’OMC à partir de 1994) car les deux mondialisations, certes s’alimentent mais ne bénéficient pas nécessairement aux mêmes pays ; rappelons que les flux financiers représentent plus de 10 fois les flux liés au seul commerce mondial ! et cerise sur le gâteau, pour l’UE, la mondialisation s’est traduite par l’affaiblissement du pouvoir politique car d’autres pays ont su continuer à protéger leur industrie (Brésil, Chine Corée du Sud ) ou leurs marchés publics (Inde, Chine et EU avec le Small Business Act) )

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  • il n’y a qu’à voir le massacre des organismes d’état profitables qui sont mis sur le marché justement à partir du moment où c’est rentable bien sûr ! (énergies, eau, banques, télécommunications, postes, )et qui de ce fait en les affaiblissant par des baisses d’impôts favorisant les investiddeurs, ne permet plus l’autonomie de l’état c’est-à-dire d’un pays. France, Maroc, Cameroun,Grèce, Italie, Espagne, Portugal et tant d’autres pays ainsi affaiblis. Les dénationalisations sont inhérents à la mondialisation. Les pays y perdent leur âme et leur liberté.Leur richesse se dilue dans l’océan monétaire.

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  • Démystifier la mondialisation qui vise à établir définitivement la domination du capitalisme

    22 octobre 2013 06:41, par PAGE Jean-Pierre, syndicaliste, ancien responsable international de la CGT

    Il est un fait que le capitalisme et son système de domination impérialiste nous ont conduit au bord de l’abîme, en termes de devenir et de survie de l’Humanité ! Si nous examinons le sujet dans un contexte plus large, nous devons reconnaître qu’il y a de multiple crises convergentes qui empestent l’humanité et la plus grande partie de la vie sur terre : crise climatique ; crise du réchauffement planétaire ; crise énergétique ; crise financière, économique, monétaire et commerciale ; crise alimentaire ; crise de la pauvreté extrême ; crise de la famine ; crise de l’intolérance contre les peuples indigènes et Afro-descendants ; crise de la surpopulation de la terre ; crise des guerres génocidaires qui créent des dommages irréparables à l’environnement ; crise de l’eau ; crise de l’air pur ; crise de la disparition rapide des espèces et de la vraie menace d’exctinction d’espèces humaines ; crise de l’abattage des arbres ; crise des rapports inter-genres et crises de l’intolérance culturelle et religieuse.Comme le disait l’ancien Ministre des affaires étrangères du Nicaragua Miguel D’Escotto :"Les Etats-Unis avec leur politique étrangère et leurs ambitions d’une Full Spectrum Dominance, du contrôle total et absolu sur le monde entier, sont devenus non seulement l’ennemi principal de l’humanité telle qu’elle a toujours existé, mais aussi celui de la Terre-mère. Leur philosophie politique et économique est devenue une sorte de religion obligatoire pour toutes les autres nations, et les Etats-Unis n’hésiteront pas, et n’ont jamais hésité, et n’hésiteront jamais, à exterminer les « infidèles », qui refusent de se mettre à genoux devant eux, de se soumettre à eux et à ce qu’ils représentent. Ce qui veut dire que nous tous qui ne souhaitent pas accepter leur cupidité, leur terreur, en soutien à la « civilisation » occidentale, au capitalisme et à l’impérialisme, sommes tous en danger d’être transformés, en l’espace d’une nuit, en ennemis, et placés sur la cible de ses agressions génocidaires". C’est pourquoi si l’ennemi est correctement identifié, nous devons en tirer les conséqunces et considerer comme prioritaire de l’affaiblir depuis les entreprises jusqu’au au cadre national, regionnal et international ! L’alternative à la mondialisation est là !

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  • Tout est dit. Toute la misère du monde est le résultat de ces choix politiques. Et maintenant on veut empêcher le Peuple d’exprimer ses souffrances. Mais, soyons en sûrs, on le fera taire d’une façon ou d’une autre en provoquant une BONNE guerre !! Surtout si la Révolution est à l’ordre du jour.

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  • Ce texte était BON en 2008. Il l’est encore, mais aurait besoin d’une mise à jour et d’un enrichissement 5 ans plus tard. On se répète.

    Pourquoi ne pas s’appuyer, ou citer, les très bons papiers de Jean Claude Delaunay, produits lors des "Assises du communisme" à Géménos en juillet 2013, portant sur la mondialisation et la Nation ?

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