Energie : l’uranium
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ENERGIE : L’URANIUM


La production mondiale est de 40 000 T pour une consommation de 70 000T. La différence est constituée par les stocks. Les réserves connues seraient de 5 Mt pour un coût d’extraction inférieur ou égal à 130 $/kg. De nouvelles mines ont été découvertes récemment en Namibie, Chine, Niger et principalement au Kazakhstan, pays qui pourrait devenir le premier producteur mondial d’uranium. Du coup les réserves sont portées à 15 ou 20 Mt, certains parlent même de 100 Mt. La Chine maintient secrètes ses réserves. L’anglo-australien Rio Tinto annonce un doublement de sa production d’uranium. Le cours de l’uranium a été multiplié par cinq en 2007. Le Niger a confié à plusieurs sociétés la prospection d’uranium. Cette croissance mondiale en uranium amène Areva à investir afin de doubler sa production.

Comment fabrique-t-on le combustible nucléaire ?

L’uranium est un minerai extrait de gisements à ciel ouvert ou en galeries souterraines, et cela dans le monde entier. Naturellement pauvre en uranium, le minerai est concentré sur place et transformé en poudre jaune, le « yellow cake ». 1 000 tonnes de minerai traité donnent 1,5 à 10 tonnes de « yellow cake ». Celui-ci est également traité et enrichi afin d’en augmenter la concentration en uranium 235 qui permet la réaction de fission nucléaire. Le « yellow cake » est ensuite converti en gaz, l’UF6, lui-même enrichi. La proportion d’uranium 235 (l’uranium fissile) passe de 0,92 % à 3,2 %. L’UF6 est ensuite transformé en oxyde d’uranium, devenant ainsi une poudre noire. Comprimée et cuite, cette poudre est transformée en pastilles d’une dizaine de grammes chacune. Les pastilles sont enfilées dans des tubes métalliques de 4 mètres de long. L’ensemble prend le nom de « crayon ». Hermétiquement fermés, ceux-ci sont rassemblés dans le cœur du réacteur. Pour recharger un réacteur de 1 300 MW, on assemble 200 groupes de 289 crayons, ce qui représente près de 15 millions de pastilles. Framatome ANP fabrique le combustible pour EDF qui en contrôle la qualité. EDF, propriétaire du combustible, en assume la gestion tout au long de son cycle de vie.

Comme toute activité industrielle, les centrales nucléaires génèrent des déchets, dont certains sont radioactifs. Les déchets dits « à vie courte » qui perdent la moitié de leur radioactivité tous les 30 ans. Ils proviennent de l’exploitation, de la maintenance et de la déconstruction des centrales nucléaires. Ils représentent 90 % du stock total de déchets radioactifs selon l’inventaire de l’Andra et contiennent 0,1 % de la radioactivité totale. Il s’agit de filtres, résines, vannes, vinyles, tissus... Les déchets dits « à vie longue » qui perdent leur radioactivité sur des durées supérieures à 30 ans. Ils sont issus du traitement du combustible nucléaire usé. Ils représentent 10 % du stock total de déchets radioactifs et concentrent 99,9 % de la radioactivité totale.

Les déchets radioactifs sont connus et inventoriés. Par la loi du 30 décembre 1991, l’Etat a chargé l’Agence Nationale de Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) du recensement de l’ensemble des déchets présents sur le territoire national. L’inventaire 2006 est disponible sur www.andra.fr

Aujourd’hui, des solutions techniques plus « sûres » existent pour la gestion de tous les déchets radioactifs. En France les déchets « à vie courte » sont triés selon leur niveau de radioactivité et leur nature, conditionnés et stockés dans les centres de l’ANDRA. Les déchets « à vie longue » sont transformés en blocs de verre inaltérable et entreposés dans l’usine Areva NC de La Hague. Il n’en reste pas moins que ces déchets radioactifs représentent un danger potentiel.


Conclusion : les sources d’énergie sont diversifiée et riches potentiellement. Aucun pays n’est aujourd’hui autonome sur le plan énergétique, qu’il s’agisse de la maîtrise des sources d’énergie ou des techniques de production et de transformation. Le marché de l’énergie reflète l’équilibre stratégique et économique international. Les entreprises détentrices de sources d’énergie sont quasiment toutes publiques, nationales, et celles qui ne le sont pas sont sous haute surveillance des gouvernements. Une énorme propagande idéologique existe autour du prix de l’énergie, et principalement autour du prix du baril de pétrole.