Exposition : 40 ans après, que nous reste-t-il de mai 68 ?
mardi 26 février 2008
Auteur : par Sabine Jauffret

1. Art, culture et éducation populaire

L’art est un domaine dont la production reflète (y compris pour s’y opposer), l’état de la société qui lui a préalablement décerné (...)

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EXPOSITION D’ART POSTAL DU M’PEP « Que reste-t-il de mai 68 ? »


Voir aussi sous ce lien , le Pavé en mousse qui a été fabriqué et envoyé au M’PEP pour son exposition.

 1. Art, culture et éducation populaire


L’art est un domaine dont la production reflète (y compris pour s’y opposer), l’état de la société qui lui a préalablement décerné le « label artistique ». A la fois miroir et reflet de la société, l’art est indissociable du système économique, politique et idéologique qui le cautionne : on ne peut donc pas parler d’art « en soi » sans prendre en compte son environnement.

Il n’en est pas de même si l’on aborde la pratique artistique.
La raison d’être de la pratique artistique n’est pas la reproduction de ce qui est déjà mais au contraire la production de différence, c’est-à-dire de sens. Elle est donc nécessairement critique du consensus régnant.

La pratique artistique a pour fonction de préserver le sens de l’art pour que celui-ci précisément continue à produire du sens à l’intérieur de la société. Critique de toutes les idéologies et de l’ordre qui les inspire, la pratique artistique est donc politique.

La production renouvelée en art est indissociable d’une critique de la pratique elle-même. Reconsidérer de fond en comble notre relation à la pratique artistique, c’est par exemple, revisiter son sens en tant que pratique collective, ce qui consiste à rompre radicalement avec les conceptions consuméristes, folkloriques et « starificatrices » d’un certain art de salons, de galeries et de sponsoring d’entreprise.

L’éducation populaire, dont un des objectifs est celui du « faire ensemble », permet la construction dans une démarche collective. Faire ensemble c’est déjà résister à l’individualisme, à l’isolement. Par la résistance culturelle, il s’agit aussi de résister à la confiscation de l’imaginaire individuel mais aussi et surtout collectif. Cette confiscation peut conduire à la barbarie.

L’histoire regorge d’exemples où malgré la privation de dignité, des hommes imaginatifs ont permis la reconstruction d’un monde où il était possible de vivre et pas seulement de survivre. Aujourd’hui, nous vivons d’autres barbaries : pas un jour ne se passe sans que l’on tente d’atteindre à la capacité d’imagination du peuple. Nous sommes confrontés à une forme de barbarie qui martèle que seul ce qui se vend et s’achète a de la valeur. La culture permet de donner les clés pour comprendre ce monde. Nous avons besoin de ce rendez-vous pour nous situer dans ce monde.

La plupart d’entre nous ont, chevillé au plus profond d’eux-mêmes, le désir de la rencontre et de l’échange. Or nous vivons dans un monde qui ne cesse de se fixer les limites du connu alors qu’il faut se projeter dans l’inconnu pour repousser la peur. Plus on nous donne du connu, plus cela accentue la peur de l’autre. Il y a une dictature du monde connu. De l’imprévu naît la rencontre.

L’éducation populaire, ce n’est pas éduquer les autres ou être éduqué par d’autres, c’est accepter de l’autre qu’il vienne vous donner, qu’il vienne travailler, qu’il ait des choses à apporter…

La vraie rencontre c’est faire se rencontrer des hommes et des femmes qui s’ignorent, qui ne franchissent jamais, ou plus, les portes du partage et de l’échange, c’est aussi s’allier avec des gens qui, ensemble auront la capacité de résister. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte que d’écrire cela mais gardons-le sans cesse en tête.

Depuis quelques décennies, une certaine élite culturelle se légitime à bon compte en évitant cet examen de conscience sur l’abandon des idéaux de démocratie culturelle et de culture de la citoyenneté.

 2. Une exposition d’art postal « Que reste-t-il de Mai 68 ? ».

 2.1. Que reste-t-il de Mai 68 ?

Mai 68 démarre en 1963 avec la grève des mineurs, en 1966 et 1967 avec les grandes manifestations unitaires et grèves nationales en défense de la sécurité sociale, contre les ordonnances de de Gaulle et Pompidou. Mai 68 se prépare avec les grands conflits sociaux de Redon, de Rhodiaceta, puis la semaine d’émeutes des jeunes ouvriers de la SAVIEM à Caen, fin janvier 68. Mai 68 commence, non pas à Nanterre le 22 mars, non pas à la Sorbonne le 5 mai, mais véritablement quand Sud - Aviation à Nantes se met en grève le 14 mai, quand Renault-Cléon suit le 15, quand 3 à 4 millions puis 10 à 11 millions de salariés se mettent en grève et occupent leurs usines dans toute la France avec une spontanéité et une vigueur sans précédent.

C’est ensuite tout un ensemble de conquêtes sociales, obtenues par la plus grande grève générale de l’Histoire de France : mensualisation des salaires, reconnaissance de la section syndicale d’entreprise, augmentation de 35% des plus bas salaires, création du SMIC, formation permanente, indemnisation totale du chômage…

Pourquoi le plus grand mouvement social de France reste-t-il invisible ?

Il se pourrait que l’enjeu réel de ce débat quelque peu anachronique se trouve dans la question irrésolue du lien entre révolte étudiante et grèves ouvrières.

Neuf millions de personnes ont cessé le travail dans toute la France, trois fois plus qu’en 1936 ; avec une hausse du Smic de 35 %, les accords de Grenelle ont marqué durablement le paysage social même si les acquis semblent aujourd’hui peu de chose au regard de l’ampleur de la grève générale. Et pourtant, cet « autre 68 » n’a pas connu dans l’imaginaire français la postérité fastueuse de l’occupation de la Sorbonne par les étudiants.

« Mai 68 a été la grève la plus importante de l’histoire du mouvement ouvrier français et l’unique insurrection "générale" qu’aient connue les pays occidentaux depuis la Seconde Guerre mondiale », écrit l’universitaire américaine Kristin Ross, dans un livre qui relate en détail la bataille des interprétations de Mai 68. K. Ross voit dans la réduction des événements aux seules barricades du Quartier latin une forme de « confiscation » historique et déplore une lecture générationnelle des événements, « une transformation bénigne des mœurs », le simple passage « d’un ordre bourgeois autoritaire à une nouvelle bourgeoisie moderne et économiquement libérale ».

La dimension révolutionnaire de Mai 68 n’est pas là où on a pris l’habitude de la voir : une révolte générationnelle inhérente à la modernisation, porteuse d’une contre-culture ayant permis le passage d’un ordre bourgeois autoritaire à une nouvelle bourgeoisie moderne et libérale ; bref un mouvement qui n’aurait eu d’autre objectif que la fondation du monde actuel. Cette lecture a pour caractéristique essentielle de vider l’événement de ses dimensions politiques : « Circulez ! Y a rien à voir ». Or c’est bien autre chose.

Mai 68 est un événement politique de masse. C’est un refus massif de continuer à concevoir le social comme un ensemble de catégories séparées et étroites. L’égalité fut la problématique essentielle des événements, ce qui a constitué la véritable menace pour l’ordre établi. Une égalité qui fut massivement expérimentée comme une pratique inscrite dans le présent et non pas comme un objectif à atteindre. En perturbant les rôles, les places, les fonctions, Mai s’est orienté vers une critique de la division sociale du travail et a réalisé des formes de démocratie directe et d’auto- organisation collective, contenant l’amorce d’une organisation sociale différente.

Ce n’est pas un événement qui se réduit aux deux mois de mai et juin mais qui plonge ses racines dans la fin de la guerre d’Algérie et qui se poursuit jusqu’aux années 70 ; soit une période de 15 à 20 ans de radicalisme politique. La guerre d’Algérie a été l’occasion d’une « désidentification » à grande échelle avec l’Etat, de l’enracinement durable en milieu estudiantin d’un courant mobilisé dans une cause autre que la défense de leurs propres intérêts. Une nouvelle subjectivité politique passant par l’autre (l’ouvrier mais aussi l’autre colonial) permit la fusion entre anticapitalisme et anti-impérialisme et la connexion entre le Mai étudiant et le Mai ouvrier : les solutions ne pouvant être trouvées que dans la transformation radicale du système capitaliste et son remplacement par un nouvel ordre économique.
C’est l’ensemble de ces caractères qu’il s’est agi de tenter d’occulter par des confiscations au travers d’analyses déshistoricisées et dépolitisées, pour faire disparaître d’une histoire « officielle » de Mai 68, la lutte des classes et l’anti-impérialisme, pour faire disparaître les deux figures pourtant centrales des évènements : l’ouvrier et le militant anticolonialiste. Ce travail de déconstruction commence dès la fin des événements.

Indiquant bien ce que Mai 68 avait bousculé, les slogans de la grande manifestation gaulliste du 30 mai visent à réassigner chacun à sa place : « la France aux Français », « les ouvriers au boulot »… bref laissons les étudiants étudier, les travailleurs travailler, les enseignants enseigner, la France être française. Raymond Marcellin écrira plus tard : « à chacun sa place, sa part, sa dignité ».

Mai 68 va aussi faire l’objet très tôt d’une confiscation par les « experts » qui se sont autoproclamés les représentants du mouvement.

Daniel Cohn Bendit, Serge July, Bernard Kouchner… sont devenus les « intellectuels dissidents officiels », prétendant parler pour ceux qui n’ont pas voix au chapitre.

C’est une confiscation « biographique ». Mai devient l’initiateur de l’individualisme narcissique contemporain, dépolitisé et réaliste. Loin de se révolter contre le capitalisme, il s’agissait de pousser vers le futur une France bloquée et arriérée.

Si depuis les années 80 l’égalité est occultée par les mots d’ordre de « liberté », ce processus a été amorcé par les « nouveaux philosophes », au premier rang desquels Bernard Henri Levy et André Glucksman, dans la deuxième moitié des années 70.

A travers eux se réalise le passage de « l’égalité » à la « liberté ».
Ce que vise le discours de Sarkozy sur l’anéantissement de la mémoire de mai 68 : Les grèves de 1995 et de 2003 furent une nouvelle façon de formuler l’égalité en dehors de l’Etat et des partis, de surmonter le gouffre entre « ceux qui savent » (Alain Juppé, les experts…) et ceux jugés incapables de comprendre « l’impératif économique ». Tout cela rendait caduque l’interprétation selon laquelle Mai était censé avoir rendu rétrograde tout mouvement de masse populaire.

 2.2. Qu’est ce que l’art postal ?

D’abord un peu d’histoire, et une lapalissade : l’art postal débute avec la fondation

de la poste. Celle-ci, réservée pendant des siècles aux rois et aux classes sociales nanties, s’est petit à petit démocratisée et son essor date, pour le grand public de la fin du XIXe siècle.

Trois sortes d’arts postaux cohabitent : la correspondance décorée, la philatélie, art officiel, centré autour du timbre : une pléiade d’artistes satisfait les commandes des Etats émetteurs, sources parfois d’erreurs croustillantes et aussi, c’est moins connu, de faux (comme il existe de la fausse monnaie). Enfin, l’échange entre deux artistes utilisateurs de supports postaux pour leurs productions : ainsi Pablo Picasso et Jacques Prévert furent de réciproques correspondants d’enveloppes peintes ou ornées de collages.

Au XXe siècle, des mouvements artistiques pratiquent l’art postal, le dynamisent :
les Futuristes, italiens (1909), puis russes (1912), les Dadaïstes (1916), les Surréalistes (1924) et, plus près chronologiquement de nous, les Pataphysiciens des années cinquante, Cobra puis Fluxus dans les années soixante, et les artistes postaux, aujourd’hui.

Praticiens autodidactes influencés parfois par le travail des courants artistiques, ils produisent tampons artisanaux, timbres auto-édités, cartes postales, logos, autocollants insolites dont ils bariolent leurs correspondances. Certains anticipent l’oblitération de l’administration postale afin d’utiliser cette dernière comme touche finale ou saugrenue ; d’autres réalisent des scénarios amusants, comme cet artiste qui posta à toutes les adresses des lieux de séjour du poète Arthur Rimbauld (île indonésienne de Java et Afrique incluses) des courriers et qui s’est régalé à la lecture d’un « n’habite plus à l’adresse indiqué » tamponné sur ses enveloppes retournées.

L’imagination est ici vraiment au pouvoir et il y a fort à parier qu’en ce moment quelque nouvel adepte de l’art postal invente de l’inédit. Savoir que l’on sera lu et vu très vite, ne serait-ce que par le facteur, favorise l’inventivité. Ainsi des milliers d’artistes postaux se retrouvent en contact, des amitiés surgissent, des œuvres naissent, des revues spécialisées sont publiées, et des expositions nombreuses et cosmopolites s’ouvrent chaque jour à travers le monde, irriguées par ces réseaux d’artistes postaux tous azimuts.

Un affranchissement peu coûteux (dans nos pays !) le courrier acheminé internationalement, la soif d’échanges de ses protagonistes et la souplesse même de ce média immédiat, favorisent cette activité, parfois frénétique, toujours enrichissante. L’art postal est à ce point direct qu’il n’intéresse pas les marchands d’art, si ce n’est rétrospectivement, une fois les œuvres devenues antiquités par le biais de l’histoire.

En effet, vous, moi, lui, elle, pouvons devenir du jour au lendemain mail artiste, et si nous poussons le jeu plus loin, nous transformer également en organisateur d’exposition postale. De fait, toute personne, physique ou morale – dans ce cas généralement une association ou un musée – peut organiser des expositions collectives.

Les règles en sont simples : un thème est lancé, les participants ne payent pas de droit d’inscription. Ils reçoivent une invitation dont ils peuvent faire bénéficier leur propre réseau, une date limite de réception des envois est fixée. Les œuvres postées appartiennent au destinataire exposant qui s’occupe de les montrer à un public et envoie gratuitement, à chacun des artistes, un catalogue dont la forme est adaptée au budget disponible. Cela va de la simple liste de noms et adresses des personnes ou groupes exposés à un épais volume illustré, et même maintenant à des sites internet consacrés à ces expositions.

De la naissance à la mort, chacun de nous utilise le courrier. Pour les motifs les plus variés. Innombrables sont les lettres, cartes postales et colis que nous recevons et envoyons. Les courriers administratifs et commerciaux sont liés aux nécessités de notre vie sociale. La correspondance privée, d’ordre affectif, touche la famille et les amis.

L’art postal y place notre fantaisie et du jeu dans la fabrication même, dans ses moindres détails. L’envie, puis le plaisir de créer et de communiquer par le biais de l’acte postal prennent corps. Et ce à partir de simples matériaux de base de la papeterie, par détournement d’images ou de textes, par écritures, dessins, graphies spontanées puis retravaillées ou pas. L’artiste postal peut aussi faire transiter par la poste des objets insolites : morceaux d’arbres, palettes ou toile de peintures… ce qu’il veut. Son imagination fixe les règles maximales.

Quelles sont les règles minimales ? Timbrer convenablement et rédiger lisiblement l’adresse du destinataire. Toujours à la limite du hors-jeu, elle arrive à bon port ! Cet art postal nous montre que liberté et labeur volent avec deux ailes. C’est en cela qu’il est un art essentiellement populaire, et légitimement … timbré !

 2.3. Le courrier d’appel à participation.

Il a été envoyé par voie postale à plus de 500 personnes et à des centaines d’adresses électroniques.

40 ans après, que nous reste-t-il de Mai 68 ?

Nicolas Sarkozy, dans un discours prononcé le 29 avril à Bercy, veut tourner la page de mai 68. Quelques extraits :

« La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler […]. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au cœur d’une campagne présidentielle. »

« Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid […]. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître […] proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit. »

Plus loin, à propos des dérives du capitalisme financier, il ose :

« Voyez comment l’héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68 ».

A l’opposé Gérard Filoche, qui fut un acteur de mai 68 (quand Sarkozy, lui, n’avait que 13 ans), lui rétorque par un livre dont le titre annonce la couleur :

Mai 68, Histoire sans fin. Liquider mai 68 ? Même pas en rêve ! »

« Que de haine contre le plus grand mouvement de grève de l’Histoire de France !
Il y eut deux mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal ; l’autre : social, révolutionnaire, solidaire… Sarkozy a fait « l’ouverture » avec le mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice. Son but ? Battre les héritiers du vrai mai 68, celui des employés et ouvriers qui continuent à lutter pour une autre répartition des richesses, pour le droit au travail, les salaires et les retraites. »

Et vous ? Que défendrez-vous de cette époque pas si lointaine qui n’est toujours pas enseignée dans les cours d’Histoire de France ?

Nous vous proposons de participer à la constitution d’une exposition d’art postal, qui présentera vos positions, vos réflexions, vos témoignages, votre vision de cet événement qui ne fut pas seulement français et pas essentiellement étudiant. Vos textes seront lus, enregistrés et passés en boucle sur l’expo.

Parce que Mai 68 fut aussi un tourbillon créatif, envoyez-nous votre enveloppe décorée, colorée, lumineuse, éclatante de vie, qui illustre où complète votre propos. A vos pinceaux, collages, photos, gravures, crayons… Pas de format interdit ni imposé (objets postaux acceptés). Pas de jury, pas de sélection. Toutes les enveloppes seront exposées. Pas d’hésitations, TOUT PASSE A LA POSTE.

Un petit mot sur l’art postal :

Il sort momentanément l’art des galeries et des musées. Dans ces expositions se côtoient des œuvres d’artistes connus mais qui restent ici anonymes et des œuvres de débutants, parfois de sérieuses surprises.
Il est basé sur l’échange et le don, il coûte la même chose à tous : de la créativité, un peu (ou beaucoup) de temps, 2 connections de neurones, et le tarif du timbre en vigueur.

Il respecte certaines des conditions d’une réelle communication : liberté d’expression, plaisir de donner et de recevoir ; prendre le temps de concevoir, et celui de répondre, parler « de sa place » en s’exprimant à partir d’une préoccupation ou d’un thème abordés collectivement... Il permet à certains de reprendre le chemin de l’écriture et restaure le plaisir d’ouvrir sa boîte à lettres. Et pour finir, la plupart de ces enveloppes ne passent pas dans les machines à oblitérer (pas conformes !). Plus il y en aura, plus il faudra de monde au tri !!! Pas de petites résistances ni d’utopies inutiles.

Date limite d’envoi de vos travaux : 15 avril 2008.

Adresse d’envoi : Mouvement Politique d’Education Populaire – La Vigarié – 81340 Saint-Cirgue.

Pour une analyse un peu originale du sujet vous pouvez consulter le lien suivant : http://www.gfen.asso.fr/documentligne/mai68.htm#15txt
et/ou lire l’ouvrage de l’historienne états-unienne Kristin Ross « Mai 68 et ses vies ultérieures ». Complexe -Monde Diplomatique, 2005.
Pour une découverte rapide de ce qu’est l’art postal vous pouvez également consulter ce lien : http://www.avenirdattac.net/spip.php?article225

 3. Fiche technique de l’exposition.

 3.1. L’exposition est constituée de :

  • Un panneau de présentation du mouvement M’PEP, d’un panneau de présentation du projet d’exposition et de 12 panneaux contenants les envois postaux. Chacun des 14 panneaux est d’une dimension de 1 m x 1,60 m, prévoir donc une surface minimum d’environ 15 mètres linéaires d’exposition. Les panneaux sont en tissu (tentures) équipés d’oeillets métalliques dans la partie supérieure, permettant un accrochage rapide et varié (possibilité de tendre le tout sur une corde en extérieur par exemple, si le temps le permet).
  • Un CD audio contenant les enregistrements des témoignages envoyés dans les courriers et recueillis dans la presse sur le thème « Que reste-t-il de Mai 68 ? », prévoir le matériel audio si vous souhaitez diffuser cet enregistrement en boucle sur l’expo.

Un DVD, du film documentaire « Reprise » de Hervé Le Roux (durée 3h 10) sorti en 1997.
« Ce ne sont plus des héros, mais des ouvriers de chez Wonder, qui ont croisé une femme fascinante que Le Roux a voulu retrouver. Dans un petit film, tourné en juin 68 par des étudiants en cinéma devant l’usine, elle refusait passionnément de reprendre le travail après la grève, de rentrer dans "cette boîte pourrie". Patiemment, Le Roux a recherché tous les "acteurs" de ce petit film, les militants, les étudiants "maos", les conseillers municipaux communistes, les ouvriers, les contremaîtres, et les a longuement interrogés. Le pari du film est de retenir l’attention du spectateur par ce suspense : retrouvera-t-on cette femme, saura-t-on si elle est "rentrée", si sa vie a changé ? Cela dure plus de trois heures et c’est passionnant, parce qu’on découvre la puissance de la parole ouvrière, le témoignage d’une époque, d’un capitalisme paternaliste et sauvage, d’un monde de 1968 semblant à la fois préhistorique et parfaitement immédiat. Et évidemment parce que, comme dans un thriller, on ne cesse d’espérer l’apparition de la mystérieuse pasionaria (Ne pas raconter la fin, surtout pas). »

Il est donc possible (et conseillé) d’organiser pendant le temps de cette exposition une soirée ou après midi pour échanger avec les participants sur les questions que pose encore et plus que jamais… mai 68. La projection de ce film, peut grandement y aider.

  • Un CD ROM entièrement dédié à l’art postal « L’insoutenable légèreté des lettres » De Eni Looka (Durée 4 heures). Des réalisations, des artistes, des histoires, des correspondances… Ce document informatique peut être laissé à disposition du public sur un ordinateur en accès libre, durant le temps de l’exposition.
  • Un « livre d’or » de l’exposition qui sera tenu à la disposition du public. Nous vous demandons, quand un article de presse concernant l’expo existe, de nous en faire parvenir un exemplaire soit par courrier soit de le laisser dans le livre d’or.
  • Un dossier comprenant les présents documents sur support papier et un inventaire des différents éléments constituants l’exposition.

 3.2. Les modalités de location :

La sortie de l’exposition est prévue pour une durée d’une semaine (hors temps de transports), cependant si le calendrier le permet une durée plus longue peut être envisagée au coup par coup.

Le prix de la location est de 30 euros pour la semaine.

Les frais de port, aller/retour, sont à la charge des demandeurs. Les envois sont faits par la poste accompagnés d’un recommandé avec accusé de réception à la garantie maximum, faute de quoi les dégâts ou pertes occasionnés par les transports, seront facturés à l’emprunteur à hauteur de la garantie maximale postale (800 euros).

Les délais de transport garantis par la poste sont de 2 jours sans tenir compte du jour de dépôt, (par exemple : posté le lundi matin, doit arriver le mercredi).
Cependant… il est souhaitable de prévoir un jour supplémentaire quand cela est possible dans les plannings des uns et des autres, à l’aller comme au retour.

Les délais de retour doivent être absolument respectés. Le respect des engagements que nous prenons en tant qu’organisateurs, dépend directement et essentiellement de votre respect des délais convenus.
Aucune (sous) location ne peut être faite par des demandeurs à l’insu des organisateurs, qui doivent être informés du ou des lieux où se trouve l’exposition.

Toutefois, une itinérance organisée par le demandeur est tout à fait possible, dans la mesure où les organisateurs sont informés des différents lieux et dates où sera présentée l’exposition.

Les organisateurs ont souhaité des supports légers, afin de réduire les frais de port, et pour que le poids (14 kilos) ne soit pas un obstacle à la diffusion de cette exposition.

La contrepartie attendue est le soin à apporter à cette exposition constituée uniquement d’originaux. Toute dégradation des supports ou des œuvres doit être immédiatement signalée aux organisateurs. L’exposition doit être emballée au retour de la même façon qu’elle l’était à l’arrivée.

Un inventaire des différents éléments constituant cette exposition est fourni. Nous vous demandons de vérifier systématiquement que rien ne manque, à la réception comme au retour. Vérifier aussi que les CD, DVD et CDROM ont bien été remis dans leur étui.

Une facturation M’PEP, sera adressée au demandeur, elle comprendra le montant de la location et les frais d’envoi « aller ». Les frais de retour seront réglés directement par le demandeur.

 3.3. Contacts de réservation :

  • Sabine JAUFFRET – La Vigarié - 81 340 SAINT-CIRGUE - sabjau@wanadoo.fr - Tel : 05 63 53 41 66
  • Danielle LAPIERRE - Les Restanques - Rue P.Cézanne 83400 HYERES - louis.lap@wanadoo.fr

Voir les prochaines dates de présentation de l’expo sur l’agenda

 Un intervenant de M’pep peut se déplacer pour participer à une soirée film / débat sur les enjeux de mai 68, prévoir le financement des déplacements et l’hébergement militant