L’UE légalise le vol !
mercredi 16 décembre 2015
Auteur : par Administrateur des brèves

Le 1er janvier 2016, la directive européenne sur le redressement et la résolution des crises bancaires (BRRD) entrera en vigueur.

Tour de passe-passe, du bail-out au bail-in

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L’UE LEGALISE LE VOL !

Le 1er janvier 2016, la directive européenne sur le redressement et la résolution des crises bancaires (BRRD) entrera en vigueur.

Tour de passe-passe, du bail-out au bail-in

Le 25 mars 2013, à Chypre, la Troïka (UE-BCE-FMI) avait ponctionné les dépôts pour renflouer les banques. Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem avait affirmé que cette ponction des dépôts constituait un « modèle » de résolution bancaire pour le reste de l’Europe. Cela n’est ni un cas unique, contrairement à ce qui a été dit, ni une improvisation. C’est la nouvelle règle du jeu financier appelé « résolution bancaire » : s’il n’y a plus d’argent public pour renflouer les banques anglo-européennes, il s’agit de ponctionner tout ce qui se trouve à l’intérieur de la banque pour sauver le système spéculatif.

Cette technique de « renflouement interne » (bail-in) d’une banque en difficulté permet à Bruxelles et à ses complices de la bande PS-LR d’affirmer, sans rire, que les Etats ne renflouent plus les banques avec l’argent public (bail-out) !

Concrètement, après le renflouement des banques en faillite par l’Etat, avec l’argent du contribuable, c’est désormais aux clients des banques (c’est-à-dire les mêmes !) de subir une logique confiscatoire.

Ainsi, en France, à partir du 1er janvier, tous les placements (assurance-vie, actions, obligations, etc.), de même que tout centime d’euro dépassant les 100 000 sur un compte bancaire, seront confiscables pour sauver une banque, si sa fragilité et celle du système financier mondial l’exigent !

L’Italie en fait déjà les frais

L’Italie, qui l’a insérée dans sa législation le 16 novembre, en fait déjà les frais. Il y a quelques jours, Luigino d’Angelo s’est donné la mort en se pendant au balcon de sa maison de Civitavecchia, au nord de Rome, en apprenant qu’il ne récupérerait pas les 110 000 euros d’obligations souscrites sur les conseils du directeur de son agence de la Banca Etruria.

Il n’est qu’un cas parmi les milliers d’épargnants et d’actionnaires qui, pour la première fois depuis les années 1930, voient leurs économies s’envoler après la déconfiture de quatre banques locales (Banca Etruria, Banca Marche, CariChieti et la Cassa di Risparmio di Ferrara).
Comme plumer les épargnants ne suffirait pas pour sauver les quatre banques et le « bail-in » menace des milliers de citoyens italiens, un décret a été adopté fin novembre qui prévoit le sauvetage des quatre banques pour un montant global de 3,6 milliards d’euros. Le nouveau Fonds de résolution national sera mobilisé, en partenariat avec le Fonds interbancaire de garantie des dépôts italiens (FITD), lui-même alimenté par l’ensemble des établissements financiers du pays.
Une structure de défaisance (bad bank) sera créée pour accueillir les titres toxiques. L’argent frais (dont 500 millions avancés par les grandes banques italiennes) sera injecté via quatre banques relais, sous la supervision d’administrateurs désignés par l’autorité de résolution. L’Etat italien (le contribuable) apportera le reste.

L’UE se fâche

Bien sûr, Bruxelles se fâche : l’Italie cherche à échapper au bail-in ! Malgré d’interminables négociations sur le statut de la « bad bank », la Commission européenne a fait savoir début décembre qu’elle était toujours dans l’attente d’une proposition italienne. Et pour tordre le bras aux Italiens, Bruxelles a expédié à Milan la française Danièle Nouy, présidente du Conseil de supervision au sein de la BCE, afin de sermonner les acteurs du système bancaire.

Une sortie urgente

S’il fallait aux « eurosceptiques » des preuves supplémentaires de la nocivité de l’UE et de ses institutions, le tour de passe-passe du bail-out au bail-in en est une. Les mesures néolibérales sont administrées sous la forme du supplice chinois de la « goutte d’eau ». Chacune est un petit progrès des dominants ressentis comme une simple gêne par les dominés. Il est temps de considérer ces mesures dans leur ensemble, et de constater que chaque goutte est un abandon de nos libertés et de notre souveraineté…A chaque fois au détriment des classes dominées.

La conclusion s’impose :

Pour qu’une solution en faveur du peuple soit possible, il est urgent de sortir de l’UE, il faut renforcer le parti de la démondialisation, il faut adhérer au Parti de l’émancipation du peuple.


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Forum de l'article  -1 Message

  • L’UE légalise le vol !

    14 janvier 2016 15:16, par Annik

    L’UE légalise le vol !

    Oui et parachève la privatisation de la monnaie :

    Les dépôts en banque sont la monnaie que nous utilisons tous les jours, en particulier avec les cartes bancaire. Que les dépôts des particuliers puissent être confisqués lors de la résolution d’une banque est le signe incontestable de la privatisation de la création monétaire. La valeur de la monnaie n’est plus garantie par l’état, qui n’est plus souverain en ce domaine, la réalité de notre argent dépend de la solidité de la banque toujours privée qui le détient. L’UE s’en est remise au privé.
    Que notre banque prenne des mauvais risques en prêtant, ou s’engage à trop long terme à partir de dépôts à vue, nos dépôts deviennent à risques.
    Par contre, il est normal à partir du moment ou la banque est privée, que se soit l’actionnaire et l’obligataire non privilégié qui paie les premiers pots cassés. Le problème dans le cas italien est qu’il s’agit d’une banque coopérative.
    Annik

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