La défaite de Ségolène Royal est moins celle de la gauche que la sienne, celle du Parti socialiste et du social-libéralisme


Résumé

Le « phénomène » Royal, fondé d’images et d’apparences, a été l’apogée de la dépolitisation de la gauche. C’était la condition, en effet, pour développer la stratégie du parti démocrate américain vers laquelle veulent évoluer les dirigeants du PS. Incarnation de la gauche « moderne », Ségolène Royal s’est constamment placée à l’intérieur de l’idéologie de la droite, dont elle a voulu constituer une variante plus « douce ». Néanmoins, faire de Ségolène Royal le bouc émissaire, même si elle porte une lourde responsabilité personnelle dans cette défaite, reviendrait à fermer les yeux sur la chaine de lâchetés, de trahisons, de revirements et de manœuvres de toutes sortes orchestrés notamment par une partie des dirigeants du Parti socialiste.

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LA DEFAITE DE SEGOLENE ROYAL EST MOINS CELLE DE LA GAUCHE QUE LA SIENNE, CELLE DU PARTI SOCIALISTE ET DU SOCIAL-LIBERALISME

Si Ségolène Royal avait mené une campagne à gauche, sur un programme de gauche, sa défaite aurait été celle de la gauche. Or, ni la campagne de Ségolène Royal, ni son programme, n’étaient vraiment à gauche, c’est-à-dire inspirés par ce qui fonde la gauche : la recherche de l’égalité.

Le premier responsable de ce gâchis est Lionel Jospin. C’est lui, en effet, qui a décidé du quinquennat et d’inverser le calendrier électoral en commençant par l’élection présidentielle, symbole du pouvoir personnel, et de tenir ensuite les élections législatives, expression véritable de la souveraineté populaire. En étant favorable au quinquennat la gauche a renforcé le présidentialisme car le rôle de Premier ministre, comme le confirme le rôle tenu par François Fillon, ne pouvait être que celui d’un directeur de cabinet du Président. Ce piège institutionnel s’est refermé sur la gauche, c’était renouer avec l’esprit présidentialiste.

Le deuxième responsable est le Parti socialiste. En appelant à voter « oui » au référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen, en soutenant par conséquent l’eurolibéralisme, il a déstabilisé toute la gauche. En se laissant imposer par les médias le choix de sa candidate à l’élection présidentielle, le PS créait les conditions de sa propre défaite. Ségolène Royal a contourné les militants et dirigeants du PS par l’opinion, avec le concours actif des grands médias. Les militants socialistes, qui ont plébiscité Ségolène Royal comme candidate de leur parti par pur opportunisme, commencent à comprendre leur erreur. Pourtant, le 29 mai 2005 avait préparé le terrain à l’alternance, il fallait donc un candidat du « non ».

Le troisième responsable de cette défaite est Ségolène Royal elle-même. Alors que Nicolas Sarkozy a privilégié la bataille politique et idéologique, sans oublier la démagogie et la propagande, Ségolène Royal a fait de la communication aseptisée. Sans contenu. Elle a préféré l’image à l’argumentation, elle a contribué à la personnalisation de cette élection en utilisant aussi souvent que Nicolas Sarkozy des expressions du type « je veux… », « je déciderai… ». Résultat : les thèmes de la rupture et du changement sont passés de la gauche à la droite.

La gauche avait pourtant des atouts considérables, en plus de la victoire au référendum de 2005 : l’échec de la politique de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur ; l’échec global de la politique du gouvernement Villepin ; la victoire aux élections régionales de 2004 où le PS avait gagné toutes les régions sauf l’Alsace ; le succès contre le CPE ; la volonté de changement qui montait dans la société…

Après cinq années d’un gouvernement de droite qui n’avait résolu aucun des problèmes de la société, bien au contraire, perdre cette élection présidentielle était incompréhensible.

Ségolène Royal, pas plus que le Parti socialiste, le PCF ou la LCR, n’a été capable d’offrir des perspectives politiques claires. Cette défaite est donc celle de la ligne social-libérale de Ségolène Royal.

 I.- IL N’Y A PAS EU BEAUCOUP DE CONTENUS DE GAUCHE DANS LA CAMPAGNE DE SEGOLENE ROYAL

Son programme, ou se qui en tenait lieu, était social-libéral, sa campagne était à la remorque de celle de Nicolas Sarkozy, et malgré tout cela son électorat reste très marqué à gauche.

 A.- Un programme social-libéral

Si la valeur suprême de la gauche, ce qui la fonde, est la lutte pour l’égalité, il suffisait de chercher dans le programme de Ségolène Royal pour savoir où se trouvaient les mesures concrètes permettant d’avancer vers plus d’égalité entre les classes, les races et les sexes. Quelle déception ! Bien sûr, il fallait parler des 35h. Mais il fallait dire que les ouvriers n’en avaient pas tous bénéficié, et que dans bien des cas leur situation s’était dégradée. Il fallait surtout parler de l’emploi !

Bien sûr, il fallait parler de l’Etat. Mais le seul rôle de l’Etat est-il seulement d’assurer « la péréquation entre les territoires », pour une « décentralisation jusqu’au bout » ?

Dans Le Parisien du 23 février 2006, lorsqu’on lui demande si elle abrogera les lois de droite, elle répond : « Il est devenu insupportable de défaire la nuit ce que Pénélope a fait le jour ! Je ne déferai pas pour le plaisir ce qu’a fait la droite. J’essaierai de régler les problèmes avec un souci d’efficacité ».

Le Monde du 30 avril 2007 lui demande si elle va renationaliser GDF. Réponse : « Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche ».

B.- Une campagne à la remorque de celle de Nicolas Sarkozy

Ségolène Royal n’a pas réagi à l’argument du « mérite » développé par celui qui défend les valeurs d’une société dans laquelle les privilèges les plus insolents sont le but du système.

Elle a développé une philosophie moraliste aux antipodes de la culture de gauche.

Elle n’a rien dit pour dénoncer la mystification du candidat de droite qui vantait le « travail » et « l’effort » dans une société qui est entièrement tournée pour favoriser le capital.

Elle est restée muette sur les hypocrisies du candidat de droite à propos de la défense de la nation, dans un système emprisonné dans la dictature de la compétitivité internationale.

Elle est entrée dans le débat sur la morale, sans dénoncer le cynisme de celui qui l’affichait.

Ségolène Royal a parlé de la sécurité et en a même fait l’un de ses premiers thèmes. Elle a avancé, le 10 février 2007 à Arras, les notions d’ « ordre juste » et de « sécurité durable ». Il faut savoir que l’ « ordre juste » est une notion habituelle de la pensée catholique, qui remonte à Thomas d’Aquin au XIIIe siècle. De nombreux papes l’ont évoqué, notamment Pie XI et Pie XII. Plus récemment, Benoit XVI est revenu sur ce concept abordé dans l’encyclique Deus Caritas est, publiée deux semaines avant le discours de Ségolène Royal ! Le pape estime que « L’ordre juste de la société et de l’Etat est le devoir essentiel du politique », et il appelle les « fidèles laïques » à agir en ce sens de manière complémentaire à l’action charitable propre à l’Eglise.

Sur le même sujet, elle a envisagé de faire appel à l’armée pour lutter contre la délinquance des mineurs. Elle a proposé qu’au « premier acte de délinquance » ils soient envoyés dans des « chantiers humanitaires encadrés par des militaires, par des gendarmes, par des pompiers, toutes professions en uniforme et en tenue qui incarnent la République, la Nation ». Autre commentaire moralisateur et même, osons le mot, pétainiste : il faut remettre ces jeunes « dans le droit chemin » en leur offrant des « alternatives à la prison ».

Les discours de Ségolène Royal sont pleins de connotations religieuses qui tiennent certainement à son histoire familiale et à ses convictions personnelles. C’est ainsi qu’on peut y trouver une proximité avec le fond de la culture de droite, puisque Ségolène Royal aime à dire que tout ira beaucoup mieux « si chacun est à son poste et remplit sa fonction ». Elle place encore une fois au premier rang les considérations morales : si les catégories dirigeantes donnent l’exemple, le vulgaire disposera d’un modèle. Le lien établit par la religion entre l’ordre et une certaine conception du monde est habituel, la foi ainsi conçue visant à évacuer la critique sociale au bénéfice d’un ordre « naturel » intangible et intouchable. Pour une société harmonieuse, les normes sociales seront filtrées par la morale, l’ordre religieux sera le meilleur garant de la paix sociale.

Les idées de Ségolène Royal sur l’école, une fois encore, viennent des Etats-Unis où la concurrence entre les établissements scolaires a été expérimentée. Bilan : aucune amélioration des résultats scolaires. Idem aux Pays-Bas où les parents peuvent choisir l’école de leurs enfants. Bilan : il existe désormais des « écoles blanches » et des « écoles noires » ! Idem en France même, mais Ségolène Royal ne connaissait probablement pas assez le dossier, où des expériences d’ « assouplissement » de la carte scolaire ont été tentées au début des années 80. Bilan : elles ont été abandonnées car ne donnant aucun résultat positif.

La droite adore cette idée. Au point où Nicolas Sarkozy avait parlé, en 1999, d’une « régionalisation » de l’Education nationale, tandis que son inspirateur, Edouard Balladur, voulait « instituer un chèque éducation, aide financière dont les familles auraient la libre disposition afin de la verser à l’établissement de leur choix, ce qui inciterait les établissements, désormais en concurrence, à améliorer la qualité de l’enseignement ». Au point, d’ailleurs, que la Convention de l’UMP sur l’éducation avait repris cette idée au motif qu’elle « favorise la mixité sociale ». Mais il y a plus. Dans une interview au Monde datant de 2004, Emmanuelle Mignon, à l’époque directrice des études de l’UMP et aujourd’hui directrice du cabinet du Président de la République, avait déclaré : « je suis pour une privatisation totale de l’Education nationale ».

Prenant parfois des postures de télévangéliste, Ségolène Royal a beaucoup trop manié les « je veux… », « je déciderai… », en troublant un électorat de gauche déjà rétif à l’élection présidentielle au suffrage universel, car personnalisant beaucoup trop la vie politique.

Elle n’a pas dit un mot du néolibéralisme, le mot lui semblait inconnu ; elle parlait d’alternance plutôt que d’alternative. Cette ligne politique reposait sur le présupposé que c’est au centre, c’est-à-dire auprès des classes moyennes, que se gagnerait l’élection. Nicolas Sarkozy a démontré le contraire… Ce dernier a fait porter le débat sur des valeurs de gauche, comme le travail, et la gauche a été battue ! D’autant que Ségolène Royal a mis davantage l’accent sur l’esprit d’entreprise que sur le partage de la valeur ajoutée. Son discours de Villepinte, le 11 février 2007, commençait par une ode à l’entreprise qui n’était plus un lieu de lutte et de souffrance, d’exploitation et d’extorsion de la plus-value, mais un lieu de création d’emplois…

Ségolène Royal n’a fait que courir derrière Nicolas Sarkozy, en utilisant des gadgets comme la « démocratie participative » qui ont montré leur inanité. Ségolène Royal a probablement achevé de décourager une partie de l’électorat de gauche avec sa nouvelle stratégie improvisée de socialo-centrisme articulée autour de l’alliance avec François Bayrou.

Beaucoup de ceux qui ont voté pour Ségolène Royal n’ont en réalité pas voté pour elle, mais surtout contre Nicolas Sarkozy.

La difficulté pour Ségolène Royal était de défendre un projet socialiste auquel elle ne croyait qu’en partie. L’impréparation de son équipe de campagne est un autre élément de l’échec de la campagne socialiste. Ségolène Royal a voulu contourner l’appareil du PS qu’elle ne maîtrisait pas en installant un deuxième QG de campagne non loin du siège du PS. Elle s’est entourée d’une équipe qui manquait singulièrement de professionnalisme : envoi par erreur d’un brouillon de discours aux journalistes, prise de rendez-vous annulé à la dernière minute... Le staff de Ségolène Royal était extrêmement mal organisé et personne ne savait vraiment qui faisait quoi. A ce manque de professionnalisme s’est ajouté un isolement accru dans la campagne. Toujours pris dans le dilemme d’être indépendante du PS tout en ayant le soutien du parti, elle n’a pas recherché à rassembler les éléphants du PS (Jospin, Strauss-Kahn, Fabius…). Il y a bien eu une tentative de rassemblement avec l’équipe du pacte présidentiel mais ils ne sont jamais réunis et elle a changé de tactique quelques semaines plus tard en proclamant qu’elle reprenait son indépendance.

La précipitation et le manque de préparation expliquent qu’elle apparaissait très approximative sur un certain nombre de sujets. L’improvisation d’un contrat première chance, dont les modalités d’application changeaient au gré des interviews, illustre cette impréparation. Sa stratégie a également souffert d’un manque de lisibilité : jusqu’au premier tour, elle a tiré à boulet rouge sur les centristes et François Bayrou de peur de ne pas être au second tour, rejetant même une alliance avec l’UDF. Au lendemain du premier tour, virage à 180 degrés. Ce qui n’était pas possible hier devenait envisageable au deuxième tour, quitte à aller encore plus loin que le PS en déclarant que François Bayrou pourrait même être son premier ministre.

Ségolène Royal n’a pas été convaincante sur plusieurs thèmes. Les enquêtes d’opinion montrent que Ségolène Royal a été distancée sur un grand nombre de thèmes par Nicolas Sarkozy : il est apparu plus crédible sur la sécurité et l’immigration, thèmes classiques de droite. En revanche, plus surprenant, elle n’a pas réussi à convaincre sur le chômage et le pouvoir d’achat. Selon un sondage IPSOS, Nicolas Sarkozy était jugé le plus crédible pour résoudre le problème du chômage à 50 % contre 31 % à Ségolène Royal. Toutes ces données montrent que la candidate socialiste ne s’est pas imposée sur des thèmes de campagne qu’elle avait pourtant mis en avant : l’ordre juste, la vie chère.

Plus grave pour Ségolène Royal est son manque d’expérience aux yeux de l’opinion, puisque 40 % des Français estimaient qu’elle avait la carrure pour devenir chef d’Etat contre 60 % pour Nicolas Sarkozy. Ces multiples handicaps auraient du aboutir à une débâche de la gauche. Celle-ci n’a pas eu lieu en raison d’une vague anti-Sarkozy relativement forte. Une grande partie des électeurs qui ont voté pour Ségolène Royal l’ont fait par opposition à son adversaire contrairement à Nicolas Sarkozy qui a eu davantage un vote d’adhésion. Ce vote par rejet souligne les limites de la campagne électorale de la candidate socialiste.

 C.- Une sociologie électorale qui reste celle de la gauche

Malgré toutes les erreurs qu’elle a commises, le résultat de Ségolène Royal reste convenable et s’inscrit dans les scores passés.

 1.- Les points forts de l’électorat de Ségolène Royal

Au premier tour elle obtient ses meilleurs scores chez les 18-24 ans (34 %) ; les salariés du public (31 %) et les professions intermédiaires (31 %).

Au second tour les meilleurs scores de Ségolène Royal sont chez les chômeurs (75 %) ; les étudiants (58 %) ; les 18-24 ans (58 %) ; les salariés du public (57 %) ; les revenus modestes (56 %) ; les 45-59 ans (55 %) ; les femmes de 35-59 ans (55 %) ; les ouvriers (54 %).

Au premier tour, le vote ouvrier à la présidentielle de 2002 avait été le suivant : Saint-Josse (Chasse Pêche Nature et Traditions - 5 %) ; Hue (PCF - 5,5 %) ; Extrême gauche (12 %) ; Bayrou/Chirac/Madelin/Boutin (20,5 %) ; Jospin/Taubira/Chevènement : (23,5 %) ; Le Pen/Megret (29 %).

D’où venaient les voix de Ségolène Royal au premier tour en 2007, en fonction du vote à la présidentielle de 2002 ?

Ceux qui avaient voté Besancenot en 2002 ont voté Royal (39 %) ; Besancenot (31 %) ; Bayrou (9 %) ; Bové (7 %) ; Le Pen (5 %) ; Buffet (3 %).

Ceux qui avaient voté Jospin en 2002 ont voté pour Royal (62 %) ; Bayrou (17 %) ; Sarkozy (8 %) ; Le Pen (3 %) ; Besancenot (3 %) ; Buffet (2 %).

Ceux qui avaient voté Bayrou en 2002 ont voté Bayrou (71 %) ; Sarkozy (22 %) ; Le Pen (5 %).

Ceux qui avaient voté Chirac en 2002 ont voté Sarkozy (68 %) ; Bayrou (15 %) ; Le Pen (5 %) ; Royal (4 %).

Ceux qui avaient voté Le Pen ont voté Le Pen (54 %) ; Sarkozy (28 %) ; Bayrou (7 %) ; De Villiers (4 %) ; Royal (3 %) ; Besancenot (3 %).

Dans un autre registre, ceux qui avaient voté Royal au premier tour, ont eu le comportement suivant au second tour : 72 % ont revoté Royal ; 8 % ont voté Sarkozy ; 5 % ont voté blanc ou nul ; 15 % se sont abstenus.

Ceux qui avaient voté Besancenot au premier tour, ont eu le comportement suivant au second tour : 69 % pour Royal ; 6 % pour Sarkozy ; 5 % blanc ou nul ; 20 % se sont abstenus.

Ceux qui avaient voté Bayrou au premier tour, ont eu le comportement suivant au second tour : 38 % pour Royal ; 40 % pour Sarkozy ; 7 % blanc ou nul ; 15 % se sont abstenus.

Ceux qui avaient voté Le Pen au premier tour, ont eu le comportement suivant au second tour : 12 % pour Royal ; 63 % pour Sarkozy ; 5 % blanc ou nul ; 20 % se sont abstenus.

Au second tour, les meilleurs scores de Ségolène Royal sont chez les chômeurs (75 %) ; les étudiants (58 %) ; les 18-24 ans (58 %) ; les salariés du public (57 %) ; les revenus modestes (56 %) ; les 45-59 ans (55 %) ; les femmes de 35-59 ans (55 %) ; les ouvriers (54 %).

 2.- Les points faibles de l’électorat de Ségolène Royal

Les plus mauvais scores de Ségolène Royal sont chez les artisans et commerçants (18 %) ; les travailleurs indépendants (23 %) ; les 70 ans et plus (32 %) ; les agriculteurs (33 %) ; les hommes de 60 ans et plus (34 %) ; les femmes de 60 ans et plus (36 %) ; les 60-69 ans (39 %) ; les 25-34 ans (43 %) ; le milieu rural (43 %) ; les revenus élevés (43 %) ; les hommes de moins de 35 ans (46 %) ; les salariés du privé (47 %) ; les professions libérales et cadres supérieurs (48 %).

Au 2e tour, la principale motivation du vote Sarkozy était :

  • 77 % « envie qu’il soit président »
  • 18 % « barrer la route à Ségolène Royal »

Au 2e tour, la principale motivation du vote Royal était :

  • 55 % « envie qu’elle soit présidente »
  • 42 % « barrer la route à Sarkozy »

 II.- LES CANDIDATS SE DECLARANT « ANTILIBERAUX » ONT DEMONTRE LEURS FAIBLESSES STRATEGIQUES

La gauche « antilibérale », ou « radicale », ou encore la « gauche de gauche » et ses candidats, n’a pas été capable de s’unir et de présenter une alternative à la hauteur des attentes suscitées par la victoire de la gauche aux régionales en 2004, et au référendum sur le TCE en 2005. Un candidat unique de la gauche antilibérale aurait pu, en effet, dès le premier tour, rassembler plusieurs millions de voix, et contraindre Ségolène Royal, pour le deuxième tour, à prendre quelques engagements à gauche.

Il n’y a pourtant de solution que dans l’union des forces se réclamant de toute la gauche. Au lieu de cela, les présidentielles de 2007 ont donné lieu à un aveuglement, à un esprit de boutique, à des logiques d’appareil, à des appétits de pouvoir, à un patriotisme étriqué de chapelles, à des combats d’ego surdimensionnés. Chaque groupe a voulu capter le magot du « non » au TCE. Encore une fois, l’extrême gauche a démontré son incapacité à s’unir et à favoriser l’émiettement qui en est une constante.