Le M’PEP : Une nouvelle catégorie d’organisation entre le parti politique et l’association


Résumé

Si le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) n’est pas un parti politique, ni un organisme d’éducation populaire, il ressemble cependant, par certains aspects, à un parti politique et à un organisme d’éducation populaire. C’est en cela que le M’PEP veut marquer son originalité à la fois sur la scène politique française et dans le secteur de l’éducation populaire en s’identifiant comme un « mouvement politique d’éducation populaire ». Le M’PEP considère possible, en effet, de faire de la politique autrement et de l’éducation populaire autrement, en mettant de l’éducation populaire dans la politique et de la politique dans l’éducation populaire. Ce n’est ni contradictoire, ni incompatible, c’est aujourd’hui indispensable.

fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
 
Accueil > Qui sommes-nous ? > Le M’PEP : Une nouvelle catégorie d’organisation
 

LE M’PEP : UNE NOUVELLE CATEGORIE D’ORGANISATION ENTRE LE PARTI POLITIQUE ET L’ASSOCIATION

La politique, conçue ici comme l’activité des partis politiques, est indispensable à la démocratie. Il ne peut exister de démocratie sans partis politiques libres de développer leur point de vue et de présenter des candidats aux élections. Toutes les sociétés dans lesquelles l’action des partis politiques a été entravée sont rapidement devenues des dictatures. L’article 4 de la Constitution française précise d’ailleurs que « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au dernier alinéa de l’article 3 dans les conditions déterminées par la loi (La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives) ».

 I.- POLITIQUE ET EDUCATION POPULAIRE

C’est pourquoi la critique de « LA » politique doit être faite avec précision et esprit de responsabilité. D’abord, un devoir de précision s’impose : de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque « LA » politique ? S’agit-il de l’activité des partis politiques ou de certains d’entre eux ? S’agit-il du comportement des hommes politiques ou de tel ou tel parmi eux ? S’agît-il de la politique gouvernementale ? S’agit-il d’autre chose encore ? Bref, pour que la critique de « LA » politique ait une portée, elle doit être précise. Ensuite, cette critique doit se formuler avec esprit de responsabilité. Il est inexact et injuste de globaliser et de faire des amalgames en rejetant « LA » politique. Une telle attitude reviendrait à développer l’idée du « tous pourris », qui avait alimenté l’offensive des ligues fascistes contre la République en 1934, parfaitement fausse, totalement stérile et même dangereuse.

Il est vrai, pourtant, que l’activité gouvernementale, celle des partis et des hommes politiques, d’un point de vue général, a régulièrement mauvaise presse, et ceci depuis le XIXe siècle. C’est ainsi qu’on accuse certains responsables politiques d’entretenir des liens malsains avec les milieux d’affaires qui seraient leurs véritables maitres, de chercher leur enrichissement ou leur promotion personnelle, d’être au centre de scandales financiers, de se détourner des préoccupations réelles de la population, de manquer de compétences sur les dossiers, de mélanger les genres avec les médias et le showbiz, d’avoir abdiqué toute volonté et toute ambition au prétexte de la « mondialisation », de ne pas tenir leurs promesses… Les critiques sont nombreuses et ne manquent pas d’exemples pour les justifier.

Il serait cependant peu conforme à la réalité de mettre tous les partis et tous les responsables politiques dans le même sac. Il ne s’agit pas, ici, de dresser des listes de « bons » et de « mauvais » partis ou responsables politiques, mais de reconnaître que le dévouement au bien public reste, malgré tout, le comportement immensément majoritaire dans les milieux politiques, au-delà des divergences d’opinions et du clivage gauche-droite.
En tout cas, le M’PEP retient de l’expérience du passé qu’il convient d’agir dans les directions suivantes lorsqu’on est ou que l’on envisage de devenir une formation politique :

  • Assurer un fonctionnement interne démocratique et transparent.
  • Faire du mouvement un lieu de débats ouverts entre les adhérents sur toutes les questions qui se posent à la société.
  • Développer une production intellectuelle digne de ce nom, susceptible d’animer des débats publics de qualité.
  • Nouer les relations les plus intimes possibles avec les classes populaires.
  • Eviter de mélanger les genres et se tenir éloigné des médias dominants, des affaires et du showbiz.
  • Concevoir des programmes clairs, détaillés, chiffrés et planifiés à tous les échelons politiques (commune, département, région, gouvernement, instances multilatérales).

L’éducation populaire, de son côté, peut être soumise à la même critique que « LA » politique. De quoi parle-t-on ? La variété des activités des organismes d’éducation populaire est telle, les contradictions entre eux si nombreuses, que parler d’ « éducation populaire » sans autre précision n’a plus aucune signification. Si les différents courants de l’éducation populaire partagent l’idée de la nécessité d’une éducation pour les adultes et de l’instruction pour tous, ils divergent profondément sur sa justification, son contenu, et ses moyens. Les uns vont se fixer pour objectif d’instruire le peuple en vue d’une citoyenneté républicaine, et les autres pour instaurer ou restaurer un nouvel ordre chrétien. L’éducation populaire devrait être complémentaire de l’activité des partis politiques. C’est d’ailleurs le sens que donne à l’éducation populaire le Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (CNAJEP), quand il la définit comme la « construction collective de savoirs et de pratiques dans un but d’émancipation individuelle et de transformation sociale ».

C’est pourquoi des problèmes de frontière entre les territoires de la politique et ceux de l’éducation populaire se posent souvent. Mais ils le sont toujours dans le même sens : ce ne sont pas les partis politiques qui protestent contre des empiètements sur leur territoire, mais certains organismes d’éducation populaire qui souhaitent rester dans ce qu’ils considèrent comme étant leur domaine. Du coup, rares sont aujourd’hui les organisations d’éducation populaire qui affirment, non seulement dans les mots, mais dans les faits, une ambition d’ « émancipation individuelle » et de « transformation sociale ». D’autant que l’ « émancipation individuelle » peut être mise à toutes les sauces, de l’alphabétisation à la formation professionnelle qualifiante, alors que la « transformation sociale » peut être, elle aussi, le prétexte à tout et à son contraire. L’histoire de l’éducation populaire a montré combien cette idée généreuse s’était peu à peu diluée, en ne parvenant pas à atteindre celui pour qui elle était censée exister – le peuple – et en « technicisant » et en « neutralisant » ses contenus. Entendons-nous bien : il faut faire de l’alphabétisation et de la formation professionnelle, tout comme il faut construire des savoirs et des pratiques techniques. Mais nous contestons que ces contenus appartiennent à l’éducation populaire : ils relèvent ou doivent relever du système éducatif ou de la formation professionnelle continue.

On observe ainsi une dérive de certains organismes d’éducation populaire vers une « technicisation » et une « neutralisation » de leurs contenus. La « technicisation » est la diffusion de savoirs techniques et instrumentaux, qu’il s’agisse de domaines proches de la formation professionnelle ou du « développement de la personne », en passant par l’ « autoformation ». Cette « technicisation » des contenus conduit à les « neutraliser ». Car éduquer à des techniques – activité, encore une fois, indispensable, mais relevant du système éducatif – n’est ni conflictuel, ni dangereux, ni susceptible de remettre en cause quelque privilège que ce soit. La « neutralisation » des contenus de l’éducation populaire consiste à éviter d’évoquer les choses qui fâchent : l’idéologie, la politique, le pouvoir, les luttes et les classes sociales… En aucun cas la « neutralisation » des contenus n’est susceptible de concourir à l’ « émancipation individuelle » et à la « transformation sociale ». Sauf si cette « émancipation individuelle », dont il faudrait dessiner les contours, est conçue comme l’acquisition d’une geste professionnelle, et si la « transformation sociale » est celle de l’avènement d’une société de marché. C’est ainsi que des thèmes « consensuels » qui, au demeurant, ne sont pas dénués d’intérêt, sont mis en avant, comme le « développement durable », la « solidarité », notamment la « solidarité internationale »… Non seulement ces thèmes permettent aux dispensateurs et aux récepteurs de se donner bonne conscience à peu de frais, mais ils portent suffisamment de romantisme et d’utopie pour donner l’impression d’un engagement utile. Ce dernier ne sera plus alors tourné vers la recherche de l’ « émancipation individuelle » et de la « transformation sociale », conçues comme un processus révolutionnaire progressiste et pacifique, mais vers la « bonne action » dans une perspective compassionnelle.

Ainsi, le regard porté sur l’univers par ces conceptions de l’éducation populaire est vide. On ne mord pas, en effet, la main qui nourrit, et certains organismes financés par des subventions publiques, de l’échelon européen à l’échelon municipal, préfèrent rester dans les idées convenues et la « pensée unique » plutôt que de concevoir l’éducation populaire comme la politisation des citoyens en vue de leur mobilisation pour la justice sociale et l’égalité. Dès lors, parler d’ « éducation populaire » n’a plus aucun sens, tant que l’on n’a pas dit de quelle éducation populaire il s’agissait. L’expérience de près de deux siècles d’éducation populaire donne pourtant des enseignements robustes :

  • L’ « éducation populaire » qui consiste à faire tomber des savoirs détenus par des intellectuels ou des représentants de la petite bourgeoisie sur un peuple vierge de toute connaissance ne marche pas. Cette formule, qui peut être satisfaisante pour l’égo personnel des intervenants, vide les salles et fait fuir les rares représentants des classes populaires.
  • Le contraire ne fonctionne pas non plus : celle qui repose sur une sorte de maïeutique par laquelle la vérité jaillirait spontanément du peuple, pour peu que des opérateurs habiles sachent activer les bons leviers.
  • L’éducation populaire, en revanche, a toutes les chances de donner de bons résultats lorsqu’elle est conçue comme un échange entre des « apporteurs » de connaissance, ceux d’ « en haut » disposant d’un savoir formalisé, et ceux d’ « en bas » disposant d’un savoir pratique et social unique pour l’émancipation individuelle et la transformation sociale dans la perspective de l’égalité.

L’opinion que le M’PEP porte sur l’activité des partis politiques et des organismes d’éducation populaire le conduit à se définir comme un « mouvement politique d’éducation populaire ». Ce faisant, il ne s’agit pas d’élaborer un principe général, et de considérer que désormais les partis politiques et les organismes d’éducation populaire devaient fusionner. Quand le M’PEP estime qu’il faut mettre de la politique dans l’éducation populaire et de l’éducation populaire dans la politique, il ne parle que pour lui. C’est pourquoi le M’PEP se différencie et se rapproche des partis politiques et des organismes d’éducation populaire, selon les sujets.

 II.- LE M’PEP SE DIFFERENCIE D’UN PARTI POLITIQUE EN TROIS DOMAINES

  • Le M’PEP n’est pas adossé à un courant d’idées. Former un parti politique est finalement assez simple : il suffit, à une poignée de citoyens, de déposer des statuts dans une préfecture. Mais le but d’un parti politique – la conquête et l’exercice du pouvoir pour, on l’espère, appliquer un programme et ne pas se contenter du pouvoir pour le pouvoir -, est de gagner une certaine influence auprès des électeurs. C’est pourquoi les partis politiques sont toujours l’expression d’un courant d’idées. On peut définir un courant d’idées comme la somme de convictions, analyses, conceptions, visions, pratiques sociales, culturelles et politiques, présentant une certaine cohérence et faisant même système, que partage, de manière relativement stable dans le temps, une masse donnée de citoyens. Il suffit d’observer, pour ne prendre que cet exemple, la vie politique française pour s’en convaincre. Les partis politiques reposent tous sur des courants d’idées, remontant parfois au début du XIXe siècle : orléanistes, bonapartistes, libéraux et néolibéraux, gaullistes, fascistes, trotskystes, communistes, socio-démocrates, chrétiens-sociaux, écologistes… Le M’PEP ne repose sur aucun de ces courants d’idées, ni sur un nouveau courant d’idées. Il vise, dans une démarche inverse, à construire un courant d’idées s’inspirant de la tradition de gauche, et reposant sur les quelques principes suivants : une critique radicale et argumentée du capitalisme et de son idéologie actuelle, le néolibéralisme ; un renouvellement de la perspective de la République sociale et du socialisme ; une prise en compte de la nécessité d’une révolution des comportements face à la question de l’environnement ; le rassemblement des forces œuvrant dans cette direction ; le rejet de tout sectarisme, gauchisme, avant-gardisme.
  • Le M’PEP accepte dans ses rangs des personnes membres de partis politiques. Il s’agit d’une différence essentielle avec les partis politiques, car ces derniers n’acceptent pas chez eux des adhérents membres d’autres partis politiques. Cette attitude est parfaitement compréhensible, car en étant membre d’un parti politique on se reconnaît dans le courant d’idées qu’il représente. Comment serait-il possible, en étant membre de deux ou plusieurs partis politiques, d’épouser des corpus théoriques, idéologiques et politiques dissemblables, voire opposés ? La question ne se pose pas en ces termes pour le Mouvement xxx qui ambitionne de participer à la création d’un nouveau courant d’idées. Celui-ci ne viendra que d’un dépassement de certains courants actuels, principalement les courants communistes, social-démocrate, écologiste, trotskyste, républicain de gauche… C’est pourquoi la présence d’adhérents au M’PEP de membres de partis politiques est particulièrement utile et nécessaire pour construire ce dépassement.
  • Le M’PEP envisage, le moment venu, de se fondre ou de fusionner avec d’autres groupes afin de contribuer à la création de la grande force politique de gauche à laquelle il aspire. Les partis politiques, de leur côté, en tant qu’ils sont la forme organisée de courants d’idées, ne visent pas à disparaître, bien au contraire. Ils visent à se renforcer et à gagner en influence. Le M’PEP espère lui aussi se renforcer et gagner en influence, mais se prépare, alors qu’il vient à peine d’être créé, à se regrouper avec d’autres ! Pourquoi ? Parce que la tâche consistant à refonder un courant d’idées de gauche, dépassant les courants issus pour la plupart du XIXe siècle, est immense et inaccessible à un groupe politique agissant seul, même avec la plus grande détermination. C’est pourquoi le M’PEP se rapprochera d’autres organisations politiques poursuivant des buts similaires, allant jusqu’à la fusion. C’est le processus inverse que l’on observe dans tous les partis politiques : un éclatement en tendances qui frappe le Parti socialiste, le PCF, la LCR, LO, les Verts…

Au total, au travers de ces trois exemples significatifs, le M’PEP se différencie nettement d’un parti politique et ne revendique pas cette appellation.

 III.- LE M’PEP SE DISTINGUE EGALEMENT DES ORGANISMES D’EDUCATION POPULAIRE

  • Il ne sépare pas l’éducation de l’action. Beaucoup d’organismes d’éducation populaire conçoivent leur rôle comme une forme de laïcité séparant différentes sphères d’activités : à l’éducation populaire les mains propres du savoir et de la connaissance ; aux partis politiques les mains sales de l’action. Cette conception est parfaitement respectable, et le rôle des organismes d’éducation populaire qui s’en réclament est loin d’être négligeable. Cependant, sans en faire une règle générale qui devrait s’appliquer à tous les organismes d’éducation populaire, le M’PEP considère que cette séparation entre l’éducation et l’action est nuisible à l’éducation populaire elle-même. En effet, même dans son ambigüité, la définition du CNAJEP ne parle-t-elle pas de « transformation sociale », c’est-à-dire de l’action, comme l’un des principes de l’éducation populaire ?
  • Le M’PEP n’a aucun tabou. Ce n’est pas le cas de beaucoup d’organismes d’éducation populaire qui évitent les sujets trop « politiques » car ils sont, par nature, conflictuels (mais existe-t-il des débats non conflictuels ?), et qu’ils pourraient, en outre, mécontenter leurs financeurs. Soyons honnêtes : si certains partis politiques vont à la « pêche aux voix » en faisant assaut de démagogie, certains organismes d’éducation populaire vont à la pêche aux subventions, quitte à « raboter » tous les points qui pourraient apparaître anguleux dans leurs programmes. Mais ceci n’a rien de nouveau, car c’est bien sur les mêmes questions que le mouvement des universités populaires s’est brisé au début du XXe siècle. Certaines universités populaires, en effet, avaient pour but de « favoriser la concorde sociale pour empêcher à la fois la révolution et la réaction ». Le M’PEP considère au contraire que ce sont les sujets tabous, comme la politique, l’Europe, le libre-échange, etc., qui doivent être traités en priorité pour « éduquer » les citoyens.
  • C’est pourquoi la conception que le M’PEP se fait de l’éducation populaire est celle de la repolitisation des citoyens. Or, le terme même – politiser ou repolitiser – ne figure pas dans les objectifs de la plupart des organismes d’éducation populaire. Il fait peur. Il est rejeté au motif que le risque de l’instrumentalisation est fort. Pourtant, comment envisager une « émancipation individuelle » qui n’intègrerait pas la dimension de la politisation personnelle des citoyens, et une « transformation sociale » conduite par des citoyens non ou peu politisés ?
  • Le M’PEP considère que l’éducation populaire, du moins celle qui œuvre dans la perspective de la lutte pour l’égalité, doit se préoccuper de ses « débouchés politiques ». Autrement dit, est-il possible de se satisfaire de cette séparation avec la politique que cultivent nombre d’organismes d’éducation populaire ?

Ces différents éléments, qui distinguent profondément le M’PEP des organismes d’éducation populaire, ne signifient pas que le M’PEP désapprouverait en bloc l’activité des organismes d’éducation populaire. Il observe simplement qu’une crise profonde traverse l’éducation populaire, et que ses fondements, tels qu’ils sont définis par le CNAJEP, eux-mêmes ambigus, ne sont plus qu’un lointain souvenir. C’est pourquoi le M’PEP considère qu’il est possible de faire de l’éducation populaire autrement, et qu’il se rapproche ainsi d’un mouvement d’éducation populaire.

 IV.- LE M’PEP SE RAPPROCHE D’UN MOUVEMENT D’EDUCATION POPULAIRE

  • Le M’PEP fait sienne la définition de l’éducation populaire du CNAJEP, en lui ajoutant la perspective de l’égalité. Cette définition correspond à ce que le M’PEP entend par « mettre de la politique dans l’éducation populaire ».
  • Le M’PEP utilise des outils identiques à ceux des organismes d’éducation populaire. Ces outils sont la conférence suivie d’un débat ; la publication d’ouvrages et de brochures de vulgarisation ; la diffusion de tracts et autres supports dans les lieux publics ; les animations de rues ; le cinéma ; les séances de formation…
  • Le M’PEP veut vraiment s’adresser aux classes populaires. Il faut se demander comment y parvenir, sachant que le « professeur » possède le savoir, alors que l’ouvrier possède l’expérience de la vie. C’est en ne parvenant pas à articuler ces deux réalités que le mouvement des universités populaires a connu l’échec.

Ces éléments rapprochent le M’PEP d’un organisme d’éducation populaire. D’autres, cependant, par de nombreux aspects, le rattachent à un parti politique.

 V.- LE M’PEP SE RAPPROCHE D’UN PARTI POLITIQUE

  • Le M’PEP peut soutenir des listes et des candidats aux élections, tout comme il peut présenter lui-même des listes et des candidats. Rien n’est figé à cet égard, tout dépend du type d’élections et du contexte politique du moment, le M’PEP est ouvert à l’hypothèse de participer à des élections.
  • Le M’PEP lutte pour la conquête du pouvoir à tous les niveaux. Le pouvoir est ici considéré comme le moyen de faire : on veut le pouvoir pour agir conformément à ses ambitions.
  • Le M’PEP veut contribuer à créer une grande force politique de gauche. Quelle que soit la forme que prendra cette « force » (parti, fédération d’organisations…), contribuer à un tel objectif rapproche du parti.
  • Le M’PEP élaborera un programme de gouvernement en cohérence avec ses analyses et propositions politiques.
  • Son organisation est proche de celle d’un parti politique. Il cherche à recruter des adhérents, ne parle pas de « bénévoles » mais de « militants », dispose d’un maillage territorial…

Finalement, la notion de « mouvement politique d’éducation populaire » a toute sa pertinence dans le cas du M’PEP. Ce dernier ne se considère pas comme un parti politique ni comme un organisme d’éducation populaire, même s’il revêt des traits propres à ces deux catégories d’organisations. Cette catégorie particulière qu’est un « mouvement politique d’éducation populaire », qui fait tomber les barrières et les tabous, devra se confronter à la réalité. L’avenir dira si le pari a été gagné…