Martine Verlhac, Pour une philosophie du travail, Alter books, 2012.
dimanche 29 juillet 2012
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Pour une philosophie du travail

Auteur : Martine Verlhac

Editions : Alter books, 2012



La question du travail est aujourd’hui d’une très grande violence, au point qu’elle indique sans doute d’un côté la volonté délibérée de
l’anéantir sous couvert de le « valoriser », et d’un autre la volonté de ne pas savoir ce qu’il en est. Certes l’ idéologie de la fin du travail, dont il faudra reparler, semble avoir fait long feu. Ses tenants n’ont pu convaincre que le chômage était autre chose qu’une odieuse condition, une vraie déréliction.
Ils avaient cru régler son compte au travail et ce que montre la détresse actuelle de ceux dont on détruit le travail, c’est qu’il le vivent plus ou moins consciemment comme une source essentielle de leur subjectivité sans qu’on puisse pour autant sérieusement leur opposer que, ce faisant, ils sont simplement des aliénés, même si les conditions qui leur sont faites les contraignent souvent à une sorte de servitude volontaire. Il est vrai que l’après seconde guerre mondiale, marqué qu’elle fut par une série de Déclarations inaugurales d’une nouvelle ère à laquelle , de tous les points de vue si différents dont on partait, on voulait bien croire, n’excepta pas le domaine du travail.
La Déclaration de Philadelphie de 1947 institue bien le travail, à côté des droits et libertés politiques, comme ce à quoi tout homme avait droit dans le procès redéfini de son émancipation. Non seulement elle ne déparait pas à côté de ce qui en France était avancé dans le programme du Conseil National de la Résistance, mais elle était destinée à en remplir une partie du programme. Or, aujourd’hui en lisant cette Déclaration, on croit rêver : était-ce la proclamation de l’avenir d’une illusion ?