Qu’est-ce que les secteurs "marchand" et "non-marchand"
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QU’EST-CE QUE LES SECTEURS « MARCHAND » ET « NON-MARCHAND » ?

La comptabilité nationale distingue le secteur marchand et le secteur non-marchand.

Est marchand ce qui est vendu à un prix « économiquement significatif », c’est-à-dire couvrant plus de 50 % des coûts, le prix pouvant être un péage, une redevance ou un droit.

Est non-marchand ce qui est financé par des « prélèvements obligatoires » et des contributions volontaires (dons, cotisations), et distribué gratuitement ou vendu à un prix « économiquement non significatif », c’est-à-dire qui couvre moins de la moitié des coûts de production.

Comme il n’y a pas de prix de marché dans le secteur non-marchand, on mesure ces services, dans la comptabilité nationale et donc dans le PIB, par la somme de leurs coûts de production : essentiellement la rémunération des salariés (les fonctionnaires notamment).

En 2003, le PIB s’élevait en France à 1 557 milliards d’euros dont les administrations publiques ont représenté 378 milliards d’euros, et les administrations privées 11 milliards, soit un total de 389 milliards d’euros pour les activités non-marchandes (25 %).

Réfléchir à la sphère non-marchande revient à mener une interrogation de type philosophique et politique sur ce que sont la production, la croissance, l’économie, la richesse et sur ce qu’est le travail, ou plutôt sur ce que tout cela devrait être. Il s’agit de rehausser la sphère non-marchande vis-à-vis de la sphère marchande, puisque la lutte du M’PEP se porte contre la « marchandisation » du monde à un nombre toujours plus étendu d’activités humaines. Lutter contre la « marchandisation » du monde revient ainsi à lutter contre l’extension de la sphère marchande et, par contrecoup, pour le développement de la sphère non-marchande.

Selon les néolibéraux, seule l’entreprise privée, et donc la sphère marchande, produirait des richesses. Et c’est seulement à partir de la sphère marchande que l’on pourrait répartir ces richesses et financer la sphère non-marchande. Le secteur non-marchand, l’Etat en particulier, ne serait pour les néolibéraux qu’un parasite, une sangsue, un boulet attaché aux pieds de l’économie marchande qui en ralentirait la marche.

Pourtant le développement de la sphère non-marchande est la composante la plus essentielle du monde d’aujourd’hui et plus encore d’un autre monde possible. On peut tenter de la définir autour des trois idées suivantes :

  • c’est le développement de la production de valeurs d’usage pour répondre aux besoins humains
  • c’est un moyen essentiel pour contribuer à supprimer le chômage et libérer le travail
  • c’est une perspective inouïe de démocratie, participative et représentative, pour permettre la délibération publique sur les besoins individuels et collectifs