Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

Le sujet des rythmes scolaires est un vieux serpent de mer. Les communes sont sommées par le gouvernement de mettre en place la énième réforme avant la fin décembre. Une réforme qui cache ses réels objectifs derrière de beaux discours.

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 REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES : L’ARBRE QUI CACHE LA FORET

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 14 novembre 2013.

Le sujet des rythmes scolaires est un vieux serpent de mer. Les communes sont sommées par le gouvernement de mettre en place la énième réforme avant la fin décembre. Une réforme qui cache ses réels objectifs derrière de beaux discours.

 Un vieux débat, [1]

1922 : les vacances d’été sont allongées. Elles durent 8 semaines pour permettre la participation des enfants aux travaux agricoles.
1939 : les vacances d’été sont à nouveau allongées. Elles durent désormais 2,5 mois. Un calendrier scolaire est fixé avec les vacances intermédiaires de Noël et de Pâques.
1959 : l’année scolaire est aménagée en 3 trimestres (soit 37 semaines de scolarité).
1968 : deux zones géographiques sont créées pour les vacances scolaires.
1969 : en primaire, l’horaire hebdomadaire passe de 30 à 27 heures (fermeture des écoles le samedi après-midi).
1972 : trois zones géographiques sont créées pour les vacances scolaires, sauf les vacances d’été. La coupure hebdomadaire est avancée du jeudi au mercredi.
1980 : un calendrier en zones pour les vacances d’été est essayé.
1986 : le principe de l’alternance sept semaines de classe/deux semaines de vacances est appliqué durant un an.
1989 : la loi d’orientation sur l’éducation (Lionel Jospin) fixe pour objectif le rééquilibrage de la journée, de la semaine et de l’année.
1990 : en primaire, la durée hebdomadaire de la scolarité passe de 27 à 26 heures.
2008 : en primaire, l’école le samedi matin est supprimée et l’horaire hebdomadaire est abaissé de 26 à 24 heures (+ 2 heures d’aide personnalisée pour une partie des élèves).

Cette succession de réformes interroge. Sans compter qu’une réforme a chassé l’autre sans qu’un bilan réel soit fait de la réforme précédente. Celle qui se met en place actuellement ne déroge pas à la règle. Tout au plus quelques pédagogues l’ont-ils fait de leur côté, pour constater d’ailleurs que les conséquences sur les « résultats attendus » des élèves ont été marginales [2]

Qui s’en étonnera ? Agir uniquement sur la durée du temps de classe sans agir sur le rythme de vie des enfants - pris dans son ensemble – a t-il un sens ? Parler du rythme de vie des enfants sans parler du rythme de vie de leurs parents paraît pour le moins absurde. A l’évidence, si le rythme et la qualité de vie des parents leur permet d’être suffisamment disponibles pour leurs enfants, la disponibilité des enfants pour apprendre sera bien plus palpable que n’importe quels bricolages apportés au découpage de la semaine de classe.

 Une évidence : l’école n’est pas en dehors de la société.

Mais parler de la qualité de vie des parents, c’est immanquablement parler d’un certain nombre d’autres choses qui la conditionnent, notamment de leur condition sociale et de leurs conditions de travail. Car comment ne pas penser que le chômage massif et les régressions sociales qui découlent de l’organisation libérale de l’économie impactent dramatiquement la vie d’un nombre grandissant de personnes, notamment leur vie de famille ?

On comprend bien qu’un gouvernement qui voudrait réellement modifier la qualité de vie des enfants – dans et en dehors du périmètre scolaire - devrait remettre en cause les règles de l’économie en vigueur.

 Un débat qui vise à en cacher d’autres, bien plus importants.

Les objectifs de cette réforme ne sont donc pas ceux qui sont annoncés sous la vague caution scientifique des « rythmes biologiques de l’enfant ». Par conséquent ils sont à chercher ailleurs.

Pour le M’PEP, cette réforme a deux objectifs :

  • la poursuite de la mise en œuvre du libéralisme telle qu’elle se fait de manière ininterrompue depuis trente ans ;
  • produire un rideau de fumée sur les conséquences pour l’école de cette politique.

 Une réforme conforme au libéralisme en vigueur.

Au niveau de l’école primaire, les enseignants sont jusqu’à présent encore rémunérés par l’État, mais les locaux, les équipements pédagogiques et les installations sportives, sont à la charge des communes, et ce depuis l’origine. Par conséquent, il existe d’importantes inégalités entre les communes en terme de qualité d’accueil des enfants. Inégalités qui ne sont que très peu atténuées par l’État.

La réforme Peillon - qui diminue le temps de classe quotidien des enfants - va encore accentuer ces inégalités. Car à moins que les familles aient la possibilité de récupérer leurs enfants, ce sont bien les structures municipales périscolaires qui devront les prendre en charge sur le temps ainsi « libéré ». Des moyens budgétaires ont été dégagés au niveau national pour aider les collectivités, mais ils sont loin d’être compensatoires, et surtout, ils ne sont pas pérennes [3]. Les collectivités devront donc faire face à l’essentiel des dépenses.

Conclusion : cette réforme ne changera rien au temps effectif de présence des enfants en collectivité (à moins d’une diminution conséquente du temps de travail de leurs parents) et fera dépendre encore davantage leurs conditions d’accueil aux moyens très inégaux des communes.

Cette logique est donc conforme à la doctrine à laquelle monsieur Peillon adhère ainsi que son parti, le PS : la doctrine libérale de « la saine concurrence ». En accentuant la nécessité pour les territoires de trouver des moyens pour financer les compétences toujours plus nombreuses que l’État leur délègue, cette politique accentue leur mise en concurrence pour attirer des entreprises et/ou une population ayant les moyens de payer des impôts élevés et/ou de payer un accès à des services de qualité.

Après trente ans de libéralisme, nous pouvons aisément prévoir les conséquences de cette logique puisque nous la vivons déjà dans une moindre mesure : les territoires les plus riches sont ceux qui ont déjà les moyens de financer des infrastructures pour se rendre encore plus attractifs. Il résultera donc de la mesure Peillon une ségrégation sociale accrue sur le territoire. En ce sens, on peut dire que cette réforme s’inscrit dans la logique de l’acte III de la décentralisation, ardemment défendue par le gouvernement PS-EELV.

 Vers une modification du rôle de l’école...

Les enfants qui fréquentent les structures périscolaires se voient proposer un certain nombre d’activités, essentiellement sportives et artistiques. Avec l’allongement du temps de fréquentation qu’induit pour les enfants la réforme Peillon, l’importance de ces activités se trouvera grandie, tant en terme de volume horaire que par le nombre d’enfants qui les pratiqueront.

Mais l’institution scolaire ayant particulièrement maltraité ces disciplines dans les derniers programmes et dans la formation des enseignants du premier degré, est-il totalement improbable qu’il s’opère peu-à-peu un glissement de ces disciplines, considérées comme « non-fondamentales », vers le temps périscolaire ? Non, car en réalité il restera peu à faire, surtout si des personnels hors-Éducation Nationale pratiquent des activités qui sont, dans l’esprit de monsieur et madame tout-le-monde, les mêmes qu’à l’école.

Quelle mission resterait t-il à l’école s’il s’opérait un tel glissement ? Probablement les disciplines « utiles » - ou plutôt réduites à un rôle utilitaire – pour répondre aux besoins des entreprises, comme c’est déjà le cas dans l’enseignement supérieur sur le modèle anglo-saxon. Monsieur Peillon ne se cache d’ailleurs pas de vouloir atteindre cet objectif puisqu’il déclare : « L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes (…) pour répondre rapidement aux besoins de l’économie de ses entreprises ? » [4]. Si l’école élémentaire doit s’en tenir aux « fondamentaux » désignés par cette logique mercantile, deux questions se posent alors immédiatement : quels citoyens se condamne t-elle à former ? Quelle couche de la population se verra (encore plus) défavorisée dans l’accès à la culture ?

 ...et une mise en concurrence des statuts des personnels.

Dans ce contexte de crise économique et de dérégulation, les personnels diplômés d’État et les fonctionnaires territoriaux ont du souci à se faire. Car la plupart des communes n’ont pas les moyens de recruter en nombre suffisant des éducateurs diplômés pour prendre en charge la nouvelle masse d’enfants susceptibles de fréquenter les structures périscolaires qu’induit la réforme. Elles recruteront donc des personnels moins qualifiés, sur la base de contrats plus précaires qui se formeront « sur le tas » et auxquels seront confiées des missions équivalentes à celles des personnels qualifiés.

On sait où mène ce type de dérive. Dans le milieu hospitalier par exemple, l’endettement des hôpitaux conduit ces derniers à recruter des personnels sous-qualifiés pour effectuer des tâches qui devraient normalement incomber à d’autres. Ainsi, le personnel d’entretien est amené à effectué des tâches qui relève des aides-soignantes, les aides-soignantes celles des infirmières et les infirmières, certaines tâches des médecins. Diplômes, qualifications, statuts : tout passe à la moulinette...

 Danger pour les services publics territoriaux.

Si les communes ne trouvent pas les ressources financières nécessaires pour proposer aux enfants des activités de qualité, il s’ouvrira alors un boulevard pour les activités périscolaires privées. Or, le droit européen, qui supplante le droit national en terme de commerce des services, impose aux collectivités territoriales une « égalité de traitement » entre les services publics locaux et les entreprises privées qui officient sur la même activité. Par conséquent, les collectivités pourraient avoir à indemniser financièrement ou matériellement des prestataires privés (écoles de sport, de musique, de cours particuliers en tout genre) au motif que les services publics sont subventionnés.

Non seulement cette disposition coûtera cher aux collectivité, mais elle sera fatale à leurs services publics. Chacun sait en effet que les services publics n’ont pas les mêmes obligations que les entreprises privées (continuité de service, accueil de tous les publics etc .)

 Ne plus laisser les libéraux réformer l’école.

Les réformes qu’on impose à l’école se font au gré des mutations de la société. Que l’école soit réformée pour s’adapter à ces mutations est compréhensible. Mais la question qui devrait faire débat est de savoir à quelle société elle doit s’adapter !

Les réformes importantes ne devraient pas tant s’intéresser aux rythmes scolaires qu’à faire apprendre la coopération et l’autonomie de l’individu et de sa pensée. Mais de telles réformes se feront-elles dans une société qui véhicule prioritairement l’individualisme, la compétition, la rentabilité, l’employabilité... ? Peut-on espérer de Monsieur Peillon, social-libéral, candidat à l’assemblée de l’ultra libérale Union européenne qu’il les fera ?

Utilisant le prétexte des « rythmes scolaires », le gouvernement PS-EELV poursuit la « dénationalisation » de l’éducation nationale engagée de longue date [5]. Une fois de plus, le pouvoir « socialiste » marche dans les pas des gouvernements précédents. A moyen terme, cette réforme s’avérera coûteuse pour les communes tout en creusant encore un peu plus les inégalités. Le M’PEP appelle les maires à faire acte de résistance en refusant de mettre en place le nouveau dispositif et en portant les vrais termes du débat auprès de la population.


Notes

[1Extrait du site « Sciences Humaines » : http://www.scienceshumaines.com/les-rythmes-scolaires_fr_26965.html

[2Aucune différence notable n’a été relevée entre la semaine de 4 jours et celle de 5 jours entre le CE2 et la sixième. Nicole Devolvé et Benoît Jeunier, « Effets de la durée du week-end sur l’état cognitif de l’élève en classe au cours du lundi », Revue française de pédagogie, n° 126, janvier 1999, Nicole Devolvé et W. Davila, « Effets de la semaine de classe de quatre jours sur l’élève. Les rythmes scolaires en Europe », Enfance, n° 5, 1994.

[3http://www.education.gouv.fr : « Le fonds mis en place par le gouvernement présente un caractère exceptionnel puisqu’il est destiné à amorcer la mise en oeuvre de la réforme des rythmes scolaires en aidant les communes à redéployer et enrichir les activités existantes et à en proposer des nouvelles. »

[4« Comme si l’école était une entreprise », C. Laval, L. Weber, Manière de Voir n°131, septembre-octobre 2013.

[5Voir à ce sujet le très intéressant travail de la Fédération nationale de la libre-pensée : http://www.fnlp.fr/IMG/pdf/Rythmes_scolaires_et_refondation_de_l_Ecole-2.pdf

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Forum de l'article  -26 Messages

  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    14 novembre 2013 21:39, par BONNET Françoise - Snuep Fsu

    Bonsoir
    Les gentils petits soldats que sont nos gouvernants appliquent les décisions de l’ERT et de l’UE à la lettre !
    Extrait de COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPEEN, AU
    CONSEIL, AU COMITE ECONOMIQUE ET SOCIAL EUROPEEN ET AU COMITE
    DES REGIONS
    Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois :
    une contribution européenne au plein emploi

    "Il faut ensuite accroître les qualifications de la main-d’oeuvre, qui doit être capable de contribuer aux mutations technologiques et de s’y adapter grâce à de nouveaux modèles d’organisation du travail. Il s’agit d’un formidable défi au regard des compétences nécessaires, en constante évolution, et du déséquilibre persistant de l’offre et de la demande de qualifications sur le marché du travail de l’Union. Investir dans les systèmes d’éducation et de formation, anticiper les besoins de qualifications, disposer de services de mise en adéquation de l’offre et de la demande et d’orientation : voilà les piliers de la progression de la productivité, de la compétitivité, de la croissance économique et, au bout du compte, de l’emploi."

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    • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt
      15 novembre 2013 06:02, par Bertrand du Tové

      le rythme scolaire, une vaste plaisanterie
      toutes les vacances repondent au besoin du lobby du tourisme.sur 37 semaines de cours, si vous faites 27 leçons sues par les eleves vous etes un super prof
      le gros des parents se reposent sur les enseignants ; faites le necessaire vous dit-on (demerde toi et pas de vagues)
      ma scolarite, le ministere s’appelait "de l’ENSEIGNEMENT" remplace par "l’ EDUCATION NATIONALE" sans commentaire !

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      • Heureusement que les parents se reposent sur les enseignants pour ce qui est de l’enseignement je crois savoir qu’il sont payés pour cela et que nous les mettons à l’école pour les même raisons ... certains parents n’ont pas le niveau, d’autre le temps, pour leur apprendre sinon nous (parents) serions beaucoup plus nombreux a opter pour l’école à la maison. Je suis heureuse de voir que mes 3 enfants ont eu des enseignants qui ont fait leur travail.

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  • Je trouve que cet article est une ânerie. A croire que vous approuvez la diminution du temps scolaire faite antérieurement par l’ump !

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    • Vous avez raison ! Non pas sur la première partie de votre bref sermon ("...ânerie...), mais sur la seconde partie ("...antérieure par l’U.M.P !").
      Et votre perspicacité nous permet de rappeler que "P.S" et "U.M.P" sont les deux face d’une même logique libérale.
      Il convient de prendre conscience que : "le pédagogisme imposé de façon unilatérale à l’école et aux enseignants par une caste moderniste" a pour mission de "décerveler les élèves", terme remplacé par "enfant", alors qu’il renvoie essentiellement (par essence) à "l’élévation" de l’esprit (élève = élever).

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    • Cet article n’approuve ni la réforme en cours ni celles qui se sont faites au cours des dernières décennies au sujet des "rythmes scolaires". "L’ânerie" est du côté de ceux qui, pétris de bons sentiments, approuvent une mesure profondément anti-républicaine. Anti-républicaine puisque inégalitaire pour les territoires. Anti-républicaine puisque portant atteinte au principe-même du service public tel que l’avait défini le conseil national de la Résistance (CNR) : un service public se doit d’offrir un accès égal à tous les citoyens, quelque-soit leur situation sur le territoire national.

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  • J’ai du mal à croire que le M’PEP a oublié la catastrophe de la "réforme" Darcos de 2008 !

    rappel sur les mensonges de la réforme de l’école primaire de darcos :

    Les enseignants de l’école primaire rejettent dans leur immense majorité la réforme Darcos.
    Mais pourquoi cette nouvelle réforme de l’école fait-elle l’unanimité contre elle ?
    L’argument premier de cette réforme est de lutter contre l’échec scolaire. Voici une cause qui devrait pourtant entrainer l’adhésion du monde enseignant. Mais derrière de belles paroles se cache une réalité bien plus sombre :

    La réforme a entrainé un alourdissement des programmes, le recentrage sur les matières fondamentales a consisté essentiellement à supprimer du contenu en histoire, géographie, en sciences et dans les matières artistiques, et à en ajouter en mathématiques, français et langues étrangères.

    Ce programme plus lourd doit être effectué en moins de temps, la durée d’enseignement hebdomadaire ayant été réduite par la suppression du samedi matin.

    La mise en place de 2 heures de soutien hebdomadaire pour aider les élèves en difficulté est le prétexte pour supprimer les RASED, dont la vocation n’a jamais été de faire du soutien.

    Les suppressions de postes vont rendre l’enseignement plus pénible (plus d’élèves par classe, non remplacement en cas de maladie, absence de formation professionnelle)

    les attaques répétées contre la maternelle augurent mal quant à son avenir. La scolarisation des 2 ans sera déjà fortement réduite à la rentrée 2009 et est promise à disparition. L’avenir de la petite section, très incertain, est dans la ligne de mire de la prochaine réforme.

    Il apparait alors que la lutte contre l’échec scolaire est un nuage de fumée destiné à masquer les objectifs réels de la réforme : faire des économies.
    Pour faire des économies dans un ministère dont le budget consiste essentiellement à payer ses employés, il faut réduire la masse salariale. On voit alors apparaître derrière chaque ligne de la réforme, un moyen de réduire les coûts :
    La réduction de la durée hebdomadaire conduit par effet secondaire à la suppression des RASED.

    La suppression de la scolarisation des 2 ans va réduire les effectifs des maternelles et conduire à des fermetures de classes. Les menaces sur la petite section vont dans le même sens, mais à une échelle bien plus grande.

    La suppression des IUFM va permettre de ne plus rémunérer pendant 1 an la formation des futurs enseignants reçus au concours de professeur des écoles.

    Le recrutement au niveau master permet de reculer d’un an l’entrée dans la vie active des enseignants et donc de reculer d’un an l’âge de la retraite à taux plein.

    Et pendant ce temps là, que deviennent les élèves en difficulté ?
    Il faut faire la différence entre deux types de cas :

    les élèves qui rencontrent des difficultés ponctuelles dans leur études (par exemple pour maitriser le passé composé si cher à M.Darcos). Ceux-ci continueront à être aidés par leur enseignant, sur temps scolaire où hors temps scolaire (en soutien). Contrairement à ce que dit M. Darcos, ce type de difficulté n’a jamais été pris en charge par le RASED. On peut penser que M. Darcos connait son sujet et qu’il ment donc en toute connaissance de cause. (voir la vidéo de M. Darcos à l’assemblée)

    les élèves en difficultés lourdes, comportementales ou psychologiques (incapacité à trouver sa place en tant qu’élève dans l’école, absence de motivation pour apprendre, incapacité à appréhender une notion par des moyens classiques, comportement dangereux...). Ceux-là vont être abandonnés à leur sort, c’est à dire abandonnés dans leur classe sans aide spécialisée. L’enseignant se retrouvera alors devant la double difficulté de gérer cet élève en souffrance tout en faisant cours au reste de la classe. Une équation sans solution.

    Alors certes, l’éducation coûte cher et il n’est pas interdit de penser qu’il est possible de faire mieux. Mais la remise en cause du système éducatif français mériterait un grand débat national et non ce sabordage en catimini.

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    15 novembre 2013 01:04, par Eric Favey, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’Enseignement

    vous avez décidément tout compris...la loi de refondation de l’Ecole de la république, dont les nouveaux rythmes scolaires sont une de dimensions parmi bien d’autres, a été fabriquée dans les laboratoires secrets du capitalisme mondialisé pour faire prévaloir les intérêts de la fianciarisation généralisée des vies humaines. la social démocratie et ses alliés bobos verdâtres sont les complices de cette vaste opération de dénationalisation de l’Ecole avec la complicité des syndicats réformistes vendus au grand capital...
    Maintenant je peux même vous le dire, nous avons démasqué la source de ce complot : la Ligue de l’Enseignement qui dès 2002 publiait un texte intitulé "refonder l’Ecole pour qu’elle soit celle de tous"...compléter par un livre programme en 2005 "Ecole et université : pour que république tienne ses promesses"
    Camarades..un peu de sérieux , il n’est pas trop tard pour vous ressaisir ! ça ne vous gène pas de vous même vos voix à celles de ceux qui ont tellement abimé l’Ecole entre 2002 et 2012, qui ont dans un silence assourdissant amputé la scolarité de presque 3/4 d’une année scolaire en 2008 ! Ca ne vous gène pas de ne rien dire de cette Ecole qui depuis bien longtemps déjà raffine les enfants et fait payer aux enfants des milieux populaires le prix de son maintien en fabrique des meilleurs !
    Que la refondation puisse aller plus loin , sans doute. Qu’il faille ajuster ce qui est à peine amorcé...assurément. Mais que vous travestissiez ainsi la réalité par refus d’entrer dans la connaissance même de la loi...laissez ces basses oeuvres à la droite qui n’accepte toujours pas qu’une partie de la gauche gouverne.
    Mettons notre énergie dans le service après vote pour mettre en oeuvre réellement ce que prévoit la loi. Arrêtons d’être revenu de tout avant d’y être allés ! Eric Favey, militant de la Ligue de l’Enseignement

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    • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt
      15 novembre 2013 13:43, par Elisabeth Lambert

      Et moi je vous dis en commençant par l’UMP qui a démoli, les socialistes font la même politique que l’UMP. Il serait nécessaire de supprimer l’imposition et l’obligation à l’anglais dans les écoles primaires, maternelles, à la crèche.
      Ils ne savent ni lire ni écrire dans leur propre langue, il est honteux et lamentable d’imposer cela à tout un pays et à des enfants qui ne sont pas anglais, sans leur demander leur avis. Ceci met en danger la langue française et les autres.
      On le voit nettement en France, les Français ne savent plus parler français.
      Et que ceux qui veulent apprendre la langue internationale Esperanto à l’école aient le droit de l’apprendre et puissent l’apprendre, l’Esperanto étant parlé sur les 5 continents, cela va se faire au Brésil dans les écoles, cela se fait en Chine, en Hongrie, dans d’autres pays, est une langue des plus utilisée sur internet. Il serait utile de l’introduire dans les écoles plutôt que "l’anglais" et vous obtiendrez des résultats supérieurs qu’avec l’anglais. Imposer l’anglais, cela s’appelle la dictature linguistique et la discrimination linguistique.

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    • « laissez ces basses œuvres à la droite qui n’accepte toujours pas qu’une partie de la gauche gouverne. »

      La gauche ? Quelle gauche ????

      Ce gouvernement et la droite appliquent depuis 30 ans sans mot dire les directives européennes qui visent à libéraliser pour casser le modèle social français et la République. Ce n’est pas du complot, ce sont des faits que nos citoyens et notamment la jeunesse que vous prétendez défendre subissent quotidiennement.

      Mais vous pensez sans doute que l’Union Européenne est là pour le bien des peuples... eux qui ont toujours été écarté des décisions. Haro donc sur tous ceux qui ont l’audace de décrire son action et ses conséquences !

      J’attends avec impatience de savoir ce que fera la Ligue de l’enseignement lorsque, devant appliquer la directive services, les collectivités devront passer par des appels d’offre pour mettre en concurrence les prestataires, et que vous vous retrouverez donc face à des prestataires du secteur marchand...

      Je suis curieux de savoir ce qu’il ressortira de tout cela en terme social, c’est à dire pour tous les intervenants salariés mis en concurrence eux aussi !

      Curieux de savoir ce que deviendra ce que vous défendez aujourd’hui par de belles phrases qui se brisent sur les réalités politiques que vous semblez vouloir ignorer regardant d’abords vos intérêts de boutiques !

      Ah quelle est belle votre éducation populaire !

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    • Bonjour,

      Et bien vous … vous êtes bien gentil de tout nous expliquer … depuis que l’on vous attendait …
      En tant que militant d’un feu ex-mouvement d’éducation populaire, vous pourriez vous souvenir que l’éducation populaire est née d’une volonté de formation politique des populations et pas seulement d’un besoin de consommation de services, fussent –ils éducativo-ludiques !
      Cela fait des décennies que les centrales de commercialisation du temps libre et du loisir social ne se posent plus aucune question sérieuse sur l’état de l’enfance et de l’école dans ce pays, au-delà de ce que cela peut leur rapporter en termes de prestations … donc de royalties.
      Alors pour commencer ... Pédale douce sur les commentaires offusqués, svp ! …
      Ensuite … pour ce qui est des lumières de la ligue de l’enseignement en matière de choix de société, quand vous en aurez fini de dérouler le tapis rouge à Tariq Ramadan avec cette laïcité ouverte que vous appelez de vos vœux (pieux ?) et quand vous serez en mesure de concevoir un acteur éducatif autrement que comme un agent de production de services, on fera appelle à vous pour la philosophie politique, en attendant … peut mieux faire !

      L’école, l’enseignement, les élèves, les enseignants … n’ont pas besoin de refondations ni de réformes bidons, ils ont besoin que tous les rapaces leur lâche la grappe : des publicitaires, aux supergestionnaires, en passant par les gagne-petits de la prestation facile, les sponsors des projets inutiles et les directives européistes qui s’évertues à ne concevoir l’enfance que comme un grand marché de l’enseignement, du soutien scolaire, et de la garderie …
      L’école de La République a besoin de se souvenir que sa mission s’adresse à une population, à un peuple : celui de demain et pas seulement aux lobbies de l’informatique et des gouters chocolatés.

      Que font les mouvements d’éducation populaire dans tout ça ? Ils ont même oublié qu’ils ont été responsables un jour de la formation politique de leurs acteurs. Aujourd’hui ils font … des semaines de la gourmandise, des mois de l’éclipse, des années Yann Arthus Bertrand … et de la formation au management social et à la gouvernance associative, super fun !

      Les centrales actuelles d’éducation populaire sont tombées, dans les années 80, dans la marmite du divertissement et du consumérisme en tous genres, depuis, elles promotionnent le type de positions que vous nous assénez plus haut, histoire de masquer que l’exercice du service après vote, n’a pas grand-chose à envier au service politique minimum !

      Bonne lecture.
      Sabine Jauffret

      Que la Révolution soit aujourd’hui
      nécessaire est une évidence, d’autant
      plus que son projet n’a jamais été
      aussi décrié. Cependant, il ne s’agit
      pas de faire LA révolution, mais UNE
      révolution, donc de la projeter à
      partir d’une situation particulière
      dans laquelle, si les circonstances la
      réclament, les conditions générales
      l’excluent. Il faut d’abord envisager
      cette contradiction.

      Nul doute que l’arrogance du pouvoir est
      à son comble tout comme les faveurs accordées
      aux privilégiés. Il est même étonnant de voir
      à quel point l’absence de partage des richesses
      réduit sans cesse la marge d’illusion qui pouvait
      rendre supportable cette appropriation
      exclusive. Le mépris de la misère crée un
      désespoir sans doute propice à la révolution,
      mais c’est un piège pour la raison que le
      désespoir est explosif et non pas révolutionnaire :
      il prépare une jacquerie facile à réprimer
      et qui, finalement, servira l’oppression.
      On dira qu’il suffit que le désespoir
      prenne le temps de s’organiser, mais les
      conditions générales travaillent justement à
      l’en empêcher. Le jeu des causes et des
      conséquences est depuis longtemps faussé
      par l’influence des media. La majorité s’est
      habituée peu à peu à supporter la destruction
      des biens collectifs : l’éducation, la santé,
      les services publics, l’information. Il n’y a
      plus de peuple, il n’y a qu’un public qui,
      privé du liant citoyen, a fini par croire que
      la rentabilité primait sur le service même si
      la chose est contraire à ses intérêts.
      Un peuple est conscient d’une appartenance
      et d’un partage qui créent une solidarité ;
      un public n’a en commun que des images
      éphémères qui l’excitent à des identifications
      3 factices ou à la consommation.
      1Conséquence, le périssable, devenu principale
      attraction, est l’unique bien public, et qui
      pousse à vivre dans un présent sans
      mémoire et sans réflexion. Le défilé des
      images occupe la tête sans y produire autre
      chose que le mouvement répétitif d’une
      fausse variété perpétuellement actuelle.
      Ainsi, pas de perspective, rien qu’un appétit
      renouvelé sans cesse par la publicité.
      La vitesse de rotation des images est
      plus importante que leur contenu, et elle en
      constitue le sens. Le pouvoir a compris
      récemment combien cette vitesse pouvait
      tenir lieu d’action grâce à la fascination
      qu’elle produit, d’où l’agitation fébrile d’un
      chef qui mêle tous les genres afin de multiplier
      sa présence dans tous les domaines. Le
      danger, pour lui, est qu’un raté risque de se
      répercuter aussi multiplement, mais cela
      n’affecte que lui et pas le système désormais
      efficace assez pour avoir miné toute la
      représentation.
      On oublie, parce qu’elle fait partie de
      nous, que la représentation conditionne
      toutes les relations à l’intérieur du corps
      social et que dépend d’elle aussi bien notre
      faculté d’expression que notre capacité de
      réflexion. Or, grâce toujours aux media et à
      leur pouvoir d’occupation mentale, la
      représentation a de plus en plus tendance
      à n’être que l’enregistrement passif du
      spectacle en permanence proposé sur l’écran
      de la télévision. Ce spectacle, contrairement
      à ce qu’on dit, n’instruit pas : il occupe simplement
      la tête et détourne l’attention en la
      distrayant. Il ne reste, pour s’opposer à lui,
      que les difficultés de la vie quotidienne, qui
      éventuellement désespèrent.
      Il a été fait allusion plus haut à ce désespoir
      et à la révolte qu’il pourrait engendrer
      mais ce désespoir oriente bien plus souvent la
      colère vers des réactions racistes et nationalistes
      dont le pouvoir s’empare pour légitimer
      une politique d’exclusion ou de sélection et
      justifier l’arbitraire. La fabrication de la
      passivité sociale est en cours depuis des
      4 années : elle procède insensiblement par un
      2décervelage planifié selon les aveux de l’ancien
      directeur de TF1, qui s’est dit investi du soin
      de produire du “ cerveau disponible”…
      Cet état des lieux, bien que trop sommaire,
      dit pourquoi la Révolution, bien que de
      plus en plus nécessaire, ne peut aller qu’à
      contre temps de ce temps qui l’appelle et la
      rejette. Le rejet doit sa force à une transformation
      des mentalités que le pouvoir a les
      moyens, non seulement de manipuler, mais
      de priver de l’énergie indispensable pour
      organiser la révolte. Et même la concevoir.
      À quoi s’ajoute le fait que l’opposition n’est
      plus que d’apparence, le parti socialiste ayant
      plus fait pour lancer les privatisations et les
      réformes antisociales que la droite qu’il
      prétend combattre, mais à laquelle il se
      contente de disputer le pouvoir.
      Bref, tout concourt à rendre la Révolution
      impensable dans le contexte actuel renforcé
      encore par la mondialisation. Cependant le
      sentiment de sa nécessité conduit à se dire que
      la situation présente ne la rend impensable
      que dans la mesure où, toujours renvoyée à
      des modèles anciens, elle demeure en fait
      impensée.
      Cet impensé est du côté de ceux qui en
      ressentent la nécessité, et cela pour la raison
      que la Révolution suppose la prise du pouvoir
      puis un changement radical de l’ordre social.
      Or, toutes les révolutions qui sont passées
      par ce processus, si elles ont bien pris le
      pouvoir, n’ont réussi qu’à installer un régime
      qui, rapidement dégradé par l’exercice de
      l’autorité et le réemploi des anciens cadres,
      de la police et de l’armée, n’a pu qu’ajouter
      la déception à la contrainte. Toutes sauf la
      Commune de Paris, mais celle-ci n’a peutêtre
      été préservée de son propre désastre
      que par la violence de la répression qui l’a
      détruite.
      Ne pas vouloir prendre le pouvoir sous
      prétexte qu’il dégrade ses preneurs paraît
      insensé puisque le changement passe par là.
      5
      Comment se garantir contre la dégradation ?
      Par le contrôle qui servait de base à la
      Commune et qui prévoyait que les délégués
      demeurent sous le regard de leurs électeurs…
      Ce système implique que toute délégation
      du pouvoir soit à la merci
      d’un contre pouvoir représenté
      par l’ensemble des
      électeurs. Tel est théoriquement
      le cas dans nos
      démocraties, mais cela ne
      fonctionne pas à cause de
      l’éloignement des élus, de
      la longueur de leur mandat
      et, désormais, à cause des
      media qui ont fait de la
      politique un spectacle et
      remplacé l’opinion par
      l’audimat.
      On pensait autrefois que la Révolution
      passait d’abord par l’appropriation des
      moyens de production ; elle passe évidemment
      aujourd’hui par l’appropriation des
      moyens de communication en vue de rendre
      à chacun une tête pensante et une conscience
      citoyenne. N’est-ce pas une utopie ? Les
      révolutionnaires du dix-neuvième siècle, en
      particulier Blanqui, étaient persuadés que
      la Révolution ne pouvait venir que des
      “ déclassés ”, c’est-à-dire des fils de la classe
      dirigeante qui renonçaient à leurs privilèges
      pour mettre leur liberté au service des intérêts
      du peuple. Peut-on aujourd’hui “ déclasser ”
      les media pour leur faire jouer un rôle
      comparable ?
      Le goût du pouvoir est si
      contagieux qu’il a réussi
      à contaminer toutes les
      tentatives de renversement,
      de changement, de
      transformation. Il faudrait
      déconsidérer le pouvoir,
      mais il l’est déjà par sa
      corruption, ses abus, ses
      injustices. Dans la société
      du spectacle, tout a une
      envergure spectaculaire qui
      frappe de vanité chaque
      événement et abolit sa
      gravité. L’information n’est plus qu’un
      entraînement à l’indifférence.
      La nécessité de la Révolution a tout cela
      contre elle qui veut nous persuader de son
      impossibilité. Pourquoi cette impossibilité
      ne serait-elle pas également utopique ? Une
      utopie du pouvoir qui, plutôt que de l’écarter
      par la répression, a eu l’intelligence perverse
      de rendre les têtes inaptes à la réclamer. Le
      problème est toujours, depuis Marx et
      6 Rimbaud, de transformer le monde et de
      changer la vie. Ceux qui n’y renoncent pas
      sont plus que jamais isolés : ils ont en commun
      de ne pas se résigner car la nécessité les
      arme d’une attente infatigable hors de laquelle
      la vie n’aurait aucun sens. Ils ne se font pour
      autant aucune illusion sachant fort bien que
      la nécessité doit s’éclairer d’une brusque
      révélation qui, soudain, la généralise. Alors,
      dans cet éclairage-là, les têtes s’éduquent très
      vite, et provisoirement ou définitivement,
      elles mettent fin à l’impossible…

      Bernard Noël

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      • Vous faites erreur, le M’PEP n’est pas un mouvement d’éducation populaire, c’est un parti politique. Rien à voir avec les mouvements dont vous parlez et pour lesquels le M’PEP fait la même analyse : ils se sont dramatiquement dépolitisés pour devenir des agents du système spectaculaire marchand.

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      • Salut Sabine,

        Content de te relire. Je n’aurai pas mieux dit au sujet de la Ligue de l’Enseignement dont on connaît les pratiques de terrain... mais ils ne sont pas les seuls.

        C’est assez pitoyable de voir aujourd’hui combien les mouvements dont tu parles se jettent dans cette réforme qui leur ouvre les portes de l’école...du marché de l’éducation devrait-on dire !

        C’est fou de voir comment ces mouvement "d’éducation populaire" (mettons ça entre guillemets) perdent tout sens critique et toute force de revendication une fois le PS au pouvoir ! Ce ne sont même plus des compagnons de route, mais des courroies de transmission !

        Mais bon il y a encore des militants qui prônent et font de l’action politique dans ces mouvements. Des résistants qui ici et là prennent le maquis.

        Rien est perdu ! Bon tu reviens quand au M’PEP ;o)

        Aurélien

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        • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt
          18 novembre 2013 19:04, par Eric Favey

          de qui ëtes vous les courroies de transmission... que représentez vous pour donner des leçons d’engagement au monde entier ? Où êtes vous dans la vraie vie...celle de milliers d’associations, de communes où des habitants travaillent à améliore la vie quotidienne , ne renonce pas à poser les questions des responsabilités politiques mais ne sortent pas leurs bréviaires pour allumer les grands soirs...
          Quer nous ayons perdu une capacité d’intervention politique plus simple il y a une quarantaine d’années au nom des modèles qui se sont effondrés, personne ne dit le contraire. Mais nous n’attendons pas des jours meilleurs, nous nous employons chaque jours à,les faire venir.
          je vous invite à venir tenir vos discours prémachés aux dizaines de milliers de militants bénévoles et aux animateurs (pourquoi ne dites vous rien des centaines de milliers d’emploi créés quand même depuis 30 ans...pour faire croire que nous ne sommes que des vilains patrons exploiteurs de précaires !) qui tous les jours sont avce des enfants, des jeunes, des familles sur les quartiers et dans les villages. Venez leur dire que’ils sont les valets du grand capital et les dociles assistants du de l’aliénation organisée ou de la servitude volontaire !...je vous donne leurs coordonnées quand vous voulez

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    15 novembre 2013 07:42, par Frédéric Maurin

    Juste pour dire merci.
    N’ayant plus d’enfants en primaire (tant mieux, ou hélas...car cela ne me rajeunit pas !), je ne m’étais pas penché sur la question. Ou sur le mode de beaucoup de personnes qui ne connaissent rien au sujet :"halala, dès qu’on veut faire quelque chose à l’éduc nat, cela pinaille !".
    Mais passé le temps des annonces et des concertations, je vois maintenant les mobilisations de parents, de communes, des enseignants sur cette question.
    Puissent-t’ils s’approprier cette analyse.
    Bon courage !
    Sur un autre sujet, un petit point sur les effets de la saine concurrence libre et non faussée vue de chez moi :
    http://rupturetranquille.over-blog.com/2013/11/bougez-avec-la-poste.html
    (allez-y, il y a une pétition en ligne)

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  • Bonjour, je ne sais pourquoi mais je reçois votre lettre informatique. Entre parenthèse il serait intéressant de savoir comment des engagements ou adhésions à certaine cause se transforment en... mailing. Les méthodes agressives du monde du commerce ne sont certainement pas inconnues à ceux qui le combattent, de là à les utiliser. Mais bon, je la lis avec plaisir, sinon je l’aurai, comme on me le propose gentiment désactiver.
    J’étais enseignant en primaire fin des années 70 début des années 80, à une époque où tous les groupements pédagogiques progressistes travaillaient l’idée des rythmes d’apprentissage, soutenus par quelques chercheurs en chronobiologie. Et évidemment l’objectif était notamment d’aller vers une semaine de 5 jours avec des journées régulières, sachant que le rythme à l’intérieur des journées devaient lui aussi s’adapter avec des temps de forte mobilisation de l’activité cérébrale et des temps de mobilisation moindre avec les complémentarités apportées par l’activité physique.
    J’ai de beaux souvenirs de cette époque, et nous avons failli gagner.
    Mais la gestion économique des espaces, le lobby religieux, la pauvreté des moyens pour le développement des activités artistiques par exemple a eu raison de ce combat.
    Il se trouve qu’au moment ou je lis votre texte, j’écoute un chercheur en neuro-sciences,Stanislane Dehaene dans une conférence enregistrée par France culture plus qui à partir de sa spécialité et des découvertes montrent que le processus d’apprentissage notamment de la lecture est absolument adapté à la régularité des apports. Et donc à la modification de cette semaine derrière laquelle vous voyez avancer le néo-libéralisme en parlant d’arguments pseudo-scientifiques et de confort des parents et des enfants. Votre position est pour moi un contre-sens et je la ressens comme une trahison. Il ne s’agit pas là de défendre une réforme qui manque certainement de moyens et de concertations à tous les niveaux, mais au moins de reconnaître que l’objectif est bon.Je pense qu’il serait intéressant que vous écoutiez cette conférence et que la prochaine lettre nous en livre votre analyse au-delà des anathèmes. Je l’attends et je dois dire que ce serait pour moi une grande déception si vous vous y refusiez. au plaisir de vous lire

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  • Pour réintégrer les disciplines artistiques et sportives et avoir un nombre d’enseignant suffisant, appliquer les 35 heures hebdomadaires, soit 1607 heures annuelles à tout le personnel de l’éducation nationale.

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    15 novembre 2013 18:01, par Denis Lemercier

    Le temps scolaire est passé de 30 heures à 24 heures sans qu’il y ait de gros remue-ménage quand on est passé de 30 à 27. Et un peu plus pour les divers raccourcissements suivants. Pourtant le discours dominant a été que le niveau ne baisse pas. Sans école du tout le niveau n’aurait sans doute pas baissé...Il faut bien voir que ce sont les enfants de la classe ouvrière surtout qui pâtissent des réductions d’horaires. Quand on est passé de 30 à 24 la classe ouvrière a pris cela dans les étiquettes. Tout a été prétexte aux réductions d’horaires depuis les cartables trop lourds jusqu’aux rythmes biologiques comme si l’être humain était biologique et non pas essentiellement social.
    La réforme actuelle prend prétexte d’une certaine partie de ces réductions d’horaires pour casser les acquis découlant de la Commune et entérinés par Ferry sous l’effet aussi du développement technique. La réforme actuelle, comme il est dit dans le texte s’attaque au caractère national du système éducatif mais aussi s’attaque au caractère gratuit, laïque et obligatoire de l’école. En effet les acivités péri-scolaires ne sont pas obligatoires, elles peuvent être payantes et peuvent être déléguées à des organismes privés notamment patronaux et donc loin d’être laïques. Belle réforme réactionnaire. Il en faudrauit une qui s’inspire au contraire du plan Langevin-Wallon dont les princiopes sont toujours actuels.

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    • Absolument d’accord, cette réforme s’attaque aussi au caractère gratuit - non pas simplement de l’école - mais du système éducatif, qui comporte d’une part l’école et d’autre part les temps d’activité périscolaires. Nombre de communes vont rendre payant l’accès à ces activités pour pouvoir les financer. C’est même déjà le cas d’un certain nombre de celles qui sont déjà passées aux nouveaux rythmes à la rentrée de septembre. Cela montre le caractère anti-républicain de cette mesure.

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    15 novembre 2013 18:55, par Castagnez Jean

    ENFIN, UNE ANALYSE CLAIRE ET COMPREHENSIBLE DES CONFLITS ET DES GREVES EN COURS !

    Le résultat concret de cette stratégie de délitement continu de l’école : la fuite vers les écoles, collèges et lycées privés.

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  • Enfin une analyse sérieuse de cette réforme qui fait l’unanimité contre elle mais pas toujours pour de bonnes raisons : l’opposition des maires (de tous bords) tient à des critères financiers auxquels ils ne peuvent faire face, celle des parents à une mauvaise organisation de la garde de leurs enfants et celle des enseignants à une surcharge de travail sans effet réel sur la qualité de l’Ecole. Il est donc essentiel - et merci au M’pep pour la pertinence de son analyse - que les enjeux soient posés de façon claire.
    Enseignant en maternelle depuis plus de 30 ans, j’ai entendu avec plaisir les annonces initiales de Peillon (priorité primaire, etc...) et je reste favorable aux 9 1/2 journées de classe (comme beaucoup d’enseignants "anciens" je me suis opposé à Darcos et réclame les cours le samedi matin). Mais la réforme proposée -parce qu’elle ne s’attaque pas aux vrais problèmes (travail des parents, garde des enfants, moyens pour l’école) - ne peut être qu’une façade à des projets plus troubles qui sont bien ceux que l’article met en évidence.
    Reste à lui ajouter quelques propositions constructives :
    - baisse significative des effectifs de chaque classe (20 élèves)
    - modification des programmes (contenus adaptés aux enfants et on pas à l’idéologie du moment).
    - suppression de l’évaluation systématisée
    - dispositifs d’aide intégrés à chaque école (enfants en difficulté).

    ps : le soutien de la Ligue de l’enseignement comme de la FCPE relève de la posture idéologique, pas d’une analyse sérieuse de la réalité ... et c’est bien dommage.

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    17 novembre 2013 14:38, par passemoilesal

    En Allemagne et d’autres pays les après midi sont consacrés à des temps, sportif, musicaux, artistiques, ...
    Plus de temps et ces nouvelles pratiques, peuvent être constructif et un gain d’autonomie pour l’enfant. (Eh oui le moule entonnoir linguistico logico mathématique ne répond et ne convient pas à tous). Si un socle commun est nécessaire à ces connaissances est nécessaire. Il en est autant d’apporter à tous d’autres champs de découverte. C’est l’école qui devrait le faire ? bah oui mais bon
    Alors j’entends le risque de disparité entre les régions, mais si un bon service de périscolaire a un personnel bien formé, écouté et non négligé par sa fonction ( et il y en a !) cela pourrait favoriser l’autonomie de l’enfant.
    Eviter également cette garderie du pauvre qui pourrait être une dérive de cette réforme réalisé trop rapidement.
    Je suis d’accord avec vous. Mais ce temps j’y vois une brèche un moyen d’agir !

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    18 novembre 2013 03:09, par TABARY Lydia

    Je suis d’accord avec presque tout ce qui est dit. La question demeure : comment faire passer ces interrogations et ces constats auprès de la population en général ?

    Chaque gouvernement veut imprimer SA marque à l’école et nous allons de plus en plus loin sans penser la société dont fait partie l’école. Je me dis que l’intention est louable, sur l’idée d’une plus grande socialisation de l’enfant, d’une plus grande prise en charge journalière...voire hebdomadaire. Sauf que... précisément les prises en charge sont très discriminantes et que, pour avoir eu des enfants, je sais qu’une journée sans école du tout en milieu de semaine, c’est tout de même le rêve...
    Les parents sont balancés dans des mondes qu’ils ne peuvent suivre. Je sais que c’est mieux dans les milieux difficiles, de ne pas avoir de journée complète à la maison... Alors, on réfléchit comment ??? Qui gère la cantine (essentielle pour beaucoup de gamins qui ne bouffent pas chez eux), qui gère les activités et de quel ordre sont-elles ???? Le dialogue serait ici essentiel et aussi la question du financement de la prise en charge des enfants et de leurs activités.
    On peut s’interroger sur qui intervient et comment et pourquoi...
    Mais puisqu’il s’agit d’école primaire, je pense qu’au-delà des enseignements qui incombent à des maîtres d’école formés, il peut y avoir de multiples autres interventions, y compris de retraités qui s’emmerdent et ont bien envie de se rendre utiles. Ma grand-mère adorait les animaux et m’a communiqué de multiples choses sur leurs modes de vie. Elle était aussi capable de désosser certains (lapins, oiseaux, etc.) pour en faire des squelettes fonctionnels... Des affections et des techniques basiques que les enfants d’aujourd’hui ne connaissent plus. Apprendre l’écoute, le voir et l’entendre est essentiel. Tout ne repose pas sur la formation du maître... Les enfants ont aussi besoin de découvrir et surtout d’être entourés et pris en considération. Amitiés, Lydia

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    24 novembre 2013 09:14, par piccolo stromboli

    Je fais partie, en tant que parent, d’un groupe de travail sur la réforme des rythmes scolaires (et il était temps que dans ce forum apparaissent les questions des parents - à quand celle des enfants ?). Je suis entrée dans le débat de manière dépassionnée parce que je fais l’effort tous les jours d’avoir moins d’argent en travaillant moins pour m’occuper de mon enfant. En quelque sorte, j’ai aménagé mon temps de façon à l’adapter à l’enfant. Cet enfant qui est en CE1 et qui jusqu’à présent a fait ses apprentissages de la façon la plus harmonieuse et joyeuse (un enfant heureux d’aller à l’école et d’apprendre) n’a pas vraiment souffert de la semaine des 4 jours. Elle a même apprécié la pause du mercredi pour se lever plus tard, vaquer à des occupations auxquelles je n’ai pas le droit d’assister. En un mot, j’ai mis le principe de l’acquisition de l’autonomie en pratique (ça prend du temps, ça demande de considérer l’enfant comme un être avec des désirs, ça exige du respect, de la bienveillance, de la fermeté).

    Je suis profondément de gauche, viscéralement devrais-je dire, et convaincue que la gauche n’est plus représentée par des partis (il faut voir à ce sujet le beau film mélancolique de Chris Marker, Le fond de l’air est rouge).

    Cette réforme rentre, pour moi, dans la logique de marchandisation de la société avec l’appui et la complicité des gouvernements. Pourquoi l’école échapperait à cette logique ? N’est-ce pas l’OCDE (l’OCDE !) qui a organisé les évaluations des écoles en Europe ? Si l’école n’est pas le lieu de la formation de citoyens (qui lisent, qui pensent, qui sont autonomes et donc critiques - lire à ce sujet le livre d’Alberto Manguel - Pinocchio et Robinson) mais de futurs travailleurs (esclaves, assujettis aux lois du marché), c’est encore une logique de société. Nous ne pourrons pas avoir l’école dont nous rêvons, si nous ne rêvons pas une autre société. En avons-nous les moyens, le temps, le désir ?

    Mais je ne suis pas ici pour livrer toutes mes pensées sur le conséquences d’un système ultra libéral que, j’imagine assez bien, les lecteurs de ce forum connaissent par cœur.

    J’ai une question précise.
    En tant que contributrice à ce groupe de travail qui destine ses recherches et propositions à une future liste pour les municipales (liste de gauche sans étiquette), je me demande et vous demande :

    si une commune refuse d’appliquer la réforme, que se passe-t-il ?

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  • Réforme des rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt

    24 novembre 2013 09:46, par piccolo stromboli

    Petites précisions concernant mon enfant, notre niveau social et mon rôle de parent.

    Elle se couche régulièrement tôt. Nous n’avons pas la télévision. Elle regarde des films uniquement les jours où il n’y a pas école le lendemain. Les films sont adaptés (cela ne m’empêche pas de lui montrer des John Ford, des Chaplin, des Howard Hawks, etc. et je regarde avec elle la première fois où elle le voit. Ensuite, elle le regarde, à sa demande, au moins une dizaine de fois).

    Elle lit beaucoup (puisqu’elle a du temps), dessine, joue avec ses amis, pratique de la musique, du sport sur ses temps hors scolaires.

    Elle mange une nourriture bio, équilibrée et un petit-déjeuner mêlant salé et sucré (jambon, fromage, œuf, pain complet, fruit, fruits secs).

    Je viens d’une famille très pauvre, peu cultivée, pas du tout engagée politiquement (voire raciste et hostile au monde et aux enfants).

    J’ai eu la chance d’aller dans des écoles où les enseignants aimaient leur travail et donc, en tant qu’élève, j’ai bénéficié d’une bienveillance propre à accompagner l’enseignement dans les conditions les meilleures, bien qu’à l’époque la durée du temps scolaire était supérieure à celle d’aujourd’hui (entre 1970 et 1983).

    Il y a une responsabilité des parents qui est également en jeu et sur laquelle le gouvernement a du mal à intervenir. Les parents ne peuvent pas s’exonérer de leurs responsabilité vis à vis des enfants qu’ils ont mis au monde. S’ils choisissent d’acheter une voiture (qui ferait plus que transporter-je pensais à cette espèce de valorisation éphémère des produits de consommation) ou des biens matériels pour lesquels ils doivent travailler davantage que nécessaire, avec pour conséquence de laisser les enfants en garderie le matin et le soir, je me demande comment peuvent-ils ensuite reprocher à un gouvernement de ne pas tenir compte des désordres pratiques qu’entraine une réforme ?

    C’est à peu près les arguments qui ont été opposés à notre mairie actuelle lors de la réunion sur cette réforme : les parents sont inquiets parce que ça remet en jeu tout un équilibre des modes de garde. Si bien que la réforme a été reportée. Ça tombe bien, il y a des élections municipales en 2014...

    L’acceptation d’un système ultra libéral n’est pas uniquement le fait des partis politiques dominants. Elle est également au cœur des familles.
    Loin de moi l’idée de les condamner. Parce qu’elles ont, la plupart du temps, le nez tellement dans le guidon qu’elles n’ont pas les moyens ni le temps de penser tout l’ensemble des forces qui leur pèsent dessus. La résignation domine, ainsi que le sentiment d’impuissance.

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