Suppression des départements : La République démembrée.
lundi 2 juin 2014
Auteur : par webmaster
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SUPPRESSION DES DEPARTEMENTS : LA REPUBLIQUE DEMEMBREE

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 2 juin 2014.

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé son intention de supprimer les Départements [1]. Il montre ainsi pleinement sur ce sujet, comme sur de nombreux autres, sa proximité avec l’UMP [2]. Sous couvert de rationaliser le « millefeuille » administratif français, créé à dessein par les gouvernements socio-libéraux, il s’agit en fait de procéder à une véritable révolution de notre paysage institutionnel avec des intentions moins avouables, par déconstruction des structures administratives et politiques issues de la Révolution française. En 2013, La réforme territoriale, testée en Alsace et soumise à référendum a été rejetée par un NON massif des Alsaciens. Le gouvernement va donc tenter de se passer de l’avis des citoyens et voudra imposera aux forceps cette réforme.

S’inscrivant dans la continuité des lois successives de décentralisation depuis 1982 (loi Defferre), de la loi de réforme des Collectivités territoriales de 2010 imposée par Nicolas Sarkozy, et celle toute récente du gouvernement Ayrault créant les Métropoles, ce texte vise en fait à préparer la disparition de la France en tant qu’Etat-nation et en tant que République. Cette intention n’est pas cachée. Ainsi Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France a clairement exprimé la pensée profonde du PS [3] : « Si une collectivité devait disparaître, à long terme ce serait évidemment le département. Non parce qu’il gère la proximité (au contraire) mais parce qu’il est devenu, en fait, le refuge du jacobinisme. C’est là que s’installent les services de l’Etat pour se développer. » Avant d’ajouter : « Il m’est très facile d’imaginer une cosmogonie institutionnelle dans laquelle il y aurait l’Europe, directement branchée sur les régions, et les régions sur des communes regroupées par l’intercommunalité. » La suite de la logique est révélée par Emmanuelle Cosse (EELV) : le but de l’Europe est de faire disparaître les Etats-nations [4].

La reconfiguration du territoire français sur la base des Régions et des Métropoles vise ainsi directement à préparer la disparition de la France et à ouvrir la voie à une Europe des Régions. Dans cette perspective, la disparition des Départements est nécessaire car ils constituent une organisation politique qui ne cadre pas avec le projet de l’Union européenne, celui d’un « empire euro-atlantique » sous tutelle des firmes multinationales Nord-Américaines [5].

Le but ultime de la construction européenne est ainsi mis au grand jour : la fin des Etats-nations. Avec ceux-ci disparaîtront la souveraineté populaire et la démocratie, qui ne sont pas concevables hors de leur cadre, mais aussi le droit du travail, de l’environnement, la Sécurité sociale, les services publics... Bref, tous les acquis du programme du Conseil national de la Résistance sont menacés. Sommés d’être aujourd’hui toujours plus compétitifs que les voisins, les travailleurs français seront demain encore davantage mis en concurrence renforcée entre eux, par le jeu de la compétition entre Euro-Régions.

Cette nouvelle réforme d’organisation administrative et politique, commandée par Bruxelles avec le consentement et la bienveillance des gouvernants et de la majorité des parlementaires français, répond en tous points aux exigences réaffirmées de rendement du capital et du grand patronat. Elle organise les conditions administratives et politiques de l’installation et du développement des nouvelles normes marchandes imposées par les traités commerciaux, tout particulièrement les traités commerciaux bilatéraux déjà passés avec le Canada, et celui en cours de négociation avec les Etats-Unis d’Amérique.

Face à cette menace d’une immense gravité, le M’PEP réaffirme son attachement au triptyque républicain Commune/Département/Etat et se prononce en faveur de la suppression des régions. Il appelle tous nos concitoyens à s’opposer à cet assassinat silencieux de la démocratie et à refuser tout pouvoir réglementaire accordé aux régions envisagé par le gouvernement [6]. Une telle éventualité mettrait fin à l’égalité des citoyens devant la loi ainsi qu’à l’unité et à l’indivisibilité de la République. La sortie de l’Union européenne et de l’euro est aujourd’hui plus que jamais une nécessité impérieuse pour tous ceux qui sont attachés à notre modèle démocratique. Cette sortie doit nécessairement s’accompagner d’une refondation en profondeur de la République, réaffirmant l’autorité et la légitimité du pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.


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Forum de l'article  -8 Messages

  • Les intentions des réformateurs du "mille feuilles" actuel sont bien suspectes et probablement en phase avec le traité transatlantique. Mais il est aussi difficile de considérer la situation administrative actuelle comme satisfaisante ...Le système actuel est pléthorique et redondant, donc inutilement coûteux.

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  • Cet article a une intention évidente à mon goût est d’agiter un épouvantail qui nous alerterait d’un danger.
    Expliquez moi pourquoi le fédéralisme fonctionne ailleurs et ne le pourrait pas en France ?
    Les départements sont certes des refuges ultimes pour des populations qui n’attendent plus rien de l’état OK mais en quoi le fédéralisme pourrait faire plus de dégâts que notre belle démocratie qui ne nous procure pas le travail dont on a besoin pour vivre.......

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    • Suppression des départements : La République démembrée.
      3 juin 2014 09:27, par dominique pastor

      Le fédéralisme fonctionne ailleurs parce qu’il est issu de fondements historiques et/ou géographiques. Ainsi en Allemagne, le fédéralisme est historique en ce sens où l’empereur du Saint Empire romain germanique était élu par sept princes, chacun à la tête d’un land. Géographique comme les USA où l’étendue du pays suggère la nécessité d’avoir une fédération d’Etats avec leurs législations propres tout en étant "chapeautés" par l’Etat fédéral.
      Le fédéralisme doit venir "du bas", c’est à dire des peuples et de leur histoire et non décidé par une technocratie supra nationale, illégitime puisqu’il s’agit de Bruxelles

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    • Pour répondre à votre question, il faudrait que vous définissiez ce que vous entendez par "fédéralisme"...

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    • le problème c’est que depuis trop longtemps nous ne sommes plus en Démocratie !
      Elle a été confisquée, avec la complicité des médias, essentiellement par deux partis politiques qui sont parvenus à imposer l’alternance entre eux et à voter les lois qui figent cette situation.
      Ils sont parvenus CONTRE LA VOLONTÉ POPULAIRE à imposer notre soumission à l’Union Européenne et à un modèle économique qui sanctifie le néolibéralisme ; et c’est lui qui est à l’origine du chômage !

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    • Suppression des départements : La République démembrée.
      9 juin 2014 19:40, par BEAUDOIN Guillaume

      Le fédéralisme permet de faire différer la loi d’un lieu à un autre. Or quelles modifications croyez-vous que l’on va permettre ? Celles concernant la propriété ou le système bancaire ? Pensez-vous que l’on laissera les régions interdire la mise en concurrence du rail ou de l’éducation ? Bien sûr que non.
      Le fédéralisme va permettre de revoir à la baisse la législation sur le travail, l’environnement ou la fiscalité des entreprises, en mettant en concurrence les territoires et en provoquant sciemment un nivellement par le bas.
      En Allemagne comme aux USA, il n’y a pas de salaire minimum. C’est la conséquence du fédéralisme qui est par essence réactionnaire. En France comme ailleurs.

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  • Je suis d’accord avec tout ce qui est dit.
    Il est cité dans cet article : ... La reconfiguration du territoire français sur la base des Régions et des Métropoles vise ainsi directement à préparer la disparition de la France et à ouvrir la voie à une Europe des Régions. Dans cette perspective, la disparition des Départements est nécessaire ... organisation politique qui ne cadre pas avec le projet de l’Union européenne,...

    Je trouve qu’on passe trop souvent sous silence et qu’on oublie (même le M’Pep) de dire que l’organisation de l’Europe, au travers des traités et autres règlements successifs, renforce tout doucement (mais pas trop quand même !) les pouvoirs du parlement Européen, juste assez pour "donner le change", et masquer dans dans le même temps le fait qu’elle réduit petit à petit le pouvoir du Conseil (des chefs d’états). Ce Conseil est vu maintenant comme le seul "résidu ou reliquat" de ce qui peut permettre aux "nations" d’exister au sein de l’Union et de fair entendre leur voix. D’ailleurs, à ce sujet, les états nations viennent de perdre leur pouvoir de veto, si je ne me trompe pas. Le "projet de l’Union Européenne" est de faire disparaître à terme ce Conseil. La réduction au minimum de son pouvoir jusqu’à sa disparition complète entérinera de fait la phase finale de la disparition des états nations en tant que tels au profit des Régions. Ce processus évolutif étant très très lent, il en devient invisible aux citoyens que nous sommes, c’est malheureusement l’objectif final de ce Projet Européen.

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  • Il serait une erreur de croire que le fédéralisme américain va si bien que ça... Bien que j’aie cessé de suivre attentivement l’évolution de la fédération américaine, je dois dire qu’il y a plus de dix ans j’avais remarqué des tensions croissantes entre état fédéral et les états individuels dans leur lutte pour le pouvoir. Je ne vois pas pourquoi les choses auraient changé.
    Il y a dix ans déjà je disais qu’il fallait appeler les U.S. les états.. désunis.
    Comme un autre commentateur a fait remarquer, les gouvernements et structures politiques ont une histoire au sein d’un pays, et ne peuvent pas être.. généralisés pour se clipser sur un autre pays, par exemple, comme le couvercle d’un Tupperware...
    Si l’Etat nation est menacé par la construction européenne, n’est ce pas surtout... les METROPOLES qui tendent à devenir les nouvelles structures politiques dotées de pouvoir ? Ainsi que les communautés de communes ?

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